mercredi 28 octobre 2020
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Test de Cloudpunk : la tête dans les nuages

Test réalisé à partir d’une version fournie par Future Friends sur PC (Core i5-3470, 16 Go de RAM, GeForce GTX 1060 6 Go)

Développé et édité par ION LANDS (PC) et Merge Games (PlayStation 4, Xbox One, Switch)
Sorti le 23 avril 2020 et disponible sur PlayStation 4, Xbox One, Switch et PC

InterfaceFrançais / Anglais / Italien / Allemand / Espagnol / Japonais / Coréen / Portugais / Russe / Chinois / Hongrois / Turc
AudioAnglais
Sous-titresFrançais / Anglais / Italien / Allemand / Espagnol / Japonais / Coréen / Portugais / Russe / Chinois / Hongrois / Turc

Test de Cloudpunk

Un jeu cyberpunk peut en cacher un autre : ION LANDS propose Cloudpunk, un monde ouvert tout en voxels dans une immense mégalopole où la vie cybernétique prend le pas sur l’humanité. Passé l’émerveillement graphique des premières heures, Nivalis se montre-t-elle suffisamment immersive pour donner l’impression d’évoluer dans un monde organique ?

On incarne Rania, une jeune femme de la Péninsule Orientale dont c’est la première nuit à Nivalis. Pour gagner sa pitance, elle effectue une série de livraisons à bord de son HOVA pour le compte de la société de transport illégale Cloudpunk. Les colis qu’on embarque questionnent souvent la morale mais la règle est de ne jamais demander ce qu’ils contiennent.

Voilà tout ce que l’on effectue dans Cloudpunk : transporter des paquets. Dans la mesure où il n’y a ni combat, ni construction, c’est même davantage centré autour du transport que dans Death Stranding, par exemple. Il s’agit à chaque nouvelle livraison de récupérer la marchandise, grimper à bord de sa navette, se garer où c’est possible et la livrer, jusqu’au nouveau point de navigation.

Que l’on adhère ou pas, le pilotage est extrêmement plaisant. Le fait de devoir gérer un véhicule attitré (améliorations, réparations, carburant) qui ne nous appartient pas responsabilise beaucoup. Les allers-retours ne sont jamais ennuyeux car accompagnés de Camus, la fidèle IA qui voyage avec Rania, et Contrôle, le responsable logistique étonnamment bienveillant de Cloudpunk.

Les phases d’exploration à pied sont les moins intéressantes, quoi que de nombreux objets fourmillent dans les environnements. Un reproche légitime à formuler à Cloudpunk est qu’il faille attendre la fin d’un dialogue pour déclencher une quête auprès d’un PNJ, et certains durent plusieurs minutes ! On n’a pas d’autre choix que d’attendre que la discussion se termine en regardant voler les HOVA pour tuer le temps.

Entièrement modelée à l’aide de voxels, Nivalis est impressionnante d’immersion tant grâce à l’excellence du sound design qu’à la sensation de grandeur des lieux. Les couleurs néon, la pluie battante et l’organisation de la mégalopole donnent l’impression d’évoluer dans un monde vivant, bien que les interactions soient très limitées.

On retrouve de nombreux éléments de l’univers cyberpunk et autant de références aux œuvres les plus célèbres du genre, dont Blade Runner ou le Cinquième Élément. Nivalis possède cependant ses propres règles, comme l’impossibilité de se garer n’importe où ou les autoroutes qui accélèrent les HOVA. On regrette que la verticalité de Nivalis ne soit pas retranscrite dans le jeu, bien que l’on comprenne les enjeux techniques que c’eut pu engendrer. Impossible de passer d’une strate à l’autre de la ville : chaque secteur est plafonné. Il faut forcément passer par des points de contrôle pour monter ou descendre d’un étage.

Il faut déjà saluer la grandeur de ce monde ouvert qui possède quelques quêtes secondaires ainsi que de nombreux points d’intérêt, notamment les objets à ramasser qui sont consignés sur la carte. Cloudpunk est avant tout un jeu narratif, ce qui en fait une expérience linéaire de neuf heures environ. Il n’en est pas moins immersif car le joueur est impliqué par les choix moraux qui balisent l’histoire : faut-il livrer ou non cet étrange carton qui fait « tic, tac » ? Rania a beau être étrangère à Nivalis, on finit par se fondre dans la ville avec une familiarité troublante.

Quelques mots sur la version Xbox One

Test réalisé à partir d’une version fournie par Evolve-PR sur Xbox One S All-Digital
Mise à jour du test le 16 octobre 2020

Cinq mois après sa sortie sur PC, Rania est de retour aux affaires grâce aux portages sur consoles de Cloudpunk. Ceux-ci ne se font hélas pas sans sacrifice. Le nombre d’images par secondes tombe sous la barre des 30 avec des chutes de frames régulières, les objets éloignés ont une tendance au clipping et de longs chargements cassent le rythme à chaque changement de zone. Le trafic semble également trois ou quatre fois moins dense qu’à l’origine, ce qui impacte directement l’ambiance de Cloudpunk : le nombre de véhicules qui circule fait partie des éléments qui rendent Nivalis aussi vivante.

La bonne nouvelle est que les versions consoles de Cloudpunk bénéficient des dernières mises à jour du jeu, et notamment de la possibilité de jouer avec une caméra libre. Dans les faits, l’expérience ne s’en retrouve pas chamboulée et la démarche de notre livreuse semble même un peu raide de si près. Surtout, la vue éloignée se révèle souvent plus pratique que ce nouvel angle mais il ne suffit que d’une simple pression pour passer de l’une à l’autre.

La consolation est toutefois trop maigre et on regrette que les conversions ne soient pas mieux optimisées. On se rend compte aussi de la prouesse qu’est Cloudpunk sur PC. Pour un joueur ne l’ayant jamais pratiqué, peut-être que les dégradations ne seront pas trop prononcées. Pour les autres néanmoins, ces moutures risquent d’être vécues comme un véritable crève-cœur. Heureusement, ça n’enlève rien aux nombreuses qualités narratives de cette expérience singulière, qui mérite d’être découverte qu’importe la configuration.

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