Test de Chaos;Head NoAH réalisé sur Switch à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Roman visuel
- Développé par MAGES. | édité par Spike Chunsoft
- Switch | PC – 7 octobre 2022
- Ne comporte pas de sous-titres en français – PEGI 18
- Toute l’actualité du jeu | de la série
Après quelques péripéties liées à sa sortie Steam, Chaos;Head NoAH est finalement disponible en Occident pour la première fois. Version définitive du visual novel de 2009, le jeu est surtout connu pour avoir lancé la série des Science Adventure (Steins;Gate, Robotics;Notes). Cette sortie a naturellement enthousiasmé les fans, qui peuvent se demander si cette première aventure est aussi captivante que ses suites. Même des années après sa sortie initiale, Chaos;Head NoAH ne peut pas laisser indifférent, à plus d’un titre.
Test de Chaos;Head NoAH sur Switch
Takumi Nishijo est un étudiant de Shibuya qui aurait aimé vivre dans son coin, à jouer aux MMO entouré des figurines de ses personnages préférés. Malheureusement pour lui, une série de meurtres mystérieux appelés « NewGen » secoue ce quartier de Tokyo. Témoin de l’un des crimes, Takumi se retrouve impliqué dans des événements qui le dépassent, tandis que plusieurs personnes aux motivations inconnues commencent à se rapprocher de lui.
À quel genre appartient l’histoire ?
Avec un point de départ aussi étrange, Chaos;Head NoAH embrasse pleinement son côté mystère. Le joueur se retrouve aussi perdu que le protagoniste, avançant à tâtons pour faire la lumière sur ces événements. L’histoire est très dynamique et bien rythmée, avec une nouvelle révélation, un incident, et des cliffhangers à la fin de chaque chapitre qui relancent sans cesse l’intérêt. Le joueur n’a ainsi jamais l’impression que des scènes ne servent qu’à meubler, entre deux grands moments. On est pleinement motivé à découvrir la vérité derrière les drames croisés.

Mais Chaos;Head NoAH ne se limite pas au mystère et lorgne du côté de l’horreur. La paranoïa est présente partout dans l’intrigue, entre le flou qui entoure les incidents et les hallucinations du protagoniste. La peur de ce dernier est d’ailleurs bien retranscrite, renforçant l’immersion. Il faut cependant savoir que le titre est parfois plus direct dans sa volonté de faire peur au joueur. S’il n’est pas un festival de gore en permanence et préfère décrire plutôt que montrer, il se révèle être le plus sanglant et dérangeant des Science Adventure. Le public plus sensible aura plus de mal face à certaines séquences cauchemardesques.
Les personnages sont-ils attachants ?
Toute l’histoire suit le point de vue du protagoniste Takumi Nishijo, dont l’appréciation va fortement dépendre des joueurs. Otaku invétéré et asocial, il peut être considéré comme insupportable lors de plusieurs passages, comme lorsque ses pensées perverses apparaissent. Ses côtés lâche et pleurnichard, qui peuvent se comprendre face aux événements qu’il subit, risquent également de rebuter une partie de l’audience. Néanmoins, sa progression en tant que personnage au cours du jeu est intéressante. Il s’offre quelques passages véritablement mémorables vers la fin de l’aventure.
Les six héroïnes occupent également une place de choix. Suivant toutes des archétypes différents (la petite sœur, le personnage fort et mystérieux…), leurs personnalités et leurs interactions avec Takumi sont plaisantes à découvrir et sont en mesure d’intéresser tous les joueurs, peu importe leurs préférences. Cette version NoAH de Chaos;Head leur permet également d’être mises en avant plus souvent, avec des fins dédiées à chacune d’entre elles pour étayer leurs rôles. La route principale ne mettant réellement en avant que deux héroïnes, ces histoires supplémentaires sont appréciables.
Comment le système d’hallucination s’inscrit-il dans le gameplay et la narration de Chaos;Head NoAH ?
Pour obtenir ces différentes fins, le joueur doit utiliser les hallucinations du protagoniste. Lors de plusieurs scènes, un signal visuel indique la possibilité de choisir entre une hallucination positive ou négative. Si les premières sont plus comiques, légères et sources de fan service, les secondes misent plutôt sur l’horreur et l’angoisse afin de semer le trouble. Takumi finit à chaque fois par se calmer, ce qui met fin à l’hallucination et laisse l’histoire reprendre son cours.

Malgré le fait que ces passages n’aient pas un impact immédiat sur le déroulé des événements, ces hallucinations sont parfaitement cohérentes par rapport à l’intrigue du jeu. Leur fonctionnement se rapproche du téléphone de Steins;Gate. Seules certaines interactions spécifiques permettent de voir une fin cachée. Des choix plus évidents débloquent les routes liées aux différents personnages. Le joueur est ainsi incité à choisir différentes approches face aux hallucinations, ne serait-ce que pour obtenir toutes les CG et l’ensemble des tips, des informations supplémentaires expliquant des termes plus spécifiques.
Chaos;Head NoAH bénéficie-t-il d’une localisation à la hateur de l’attente ?
Bien qu’il soit difficile de faire la fine bouche avec cette traduction tant attendue de Chaos;Head NoAH, cette version anglaise n’est pas exempte de tout reproche. Par exemple, des problèmes de ponctuation parsèment le jeu, avec des points de suspension mis en page de deux façons différentes, sans logique particulière. Quelques choix peuvent aussi poser problème, comme les CG contenant du texte. Ces dernières n’ont pas été adaptées, avec la traduction simplement placée sous le contenu important pour un résultat peu élégant.

La disparition des crochets indiquant qu’un personnage parle dans la version japonaise gêne également la compréhension de certaines scènes. La boîte de dialogue étant sobre, il peut être compliqué de suivre certaines scènes entre descriptions, pensées du héros et dialogues n’étant pas signalés. Le titre reste parfaitement jouable et compréhensible, mais ces différents points sont perfectibles.
Notre avis | 8
Chaos;Head NoAH est un titre toujours aussi fascinant treize ans après sa sortie. Malgré plusieurs aspects pouvant causer des problèmes, dont le protagoniste qui ne plaira pas à tout le monde ainsi que la traduction anglaise, l’histoire parvient à happer le joueur. L’horreur et le mystère rencontrés par les personnages fonctionnent à merveille, dans une intrigue qui monte en puissance au fur et à mesure des chapitres. Sa place comme premier épisode des Science Adventure permet également de le voir comme un prototype de ce qui s’est fait ensuite dans la série. Les thèmes discutés, les archétypes des personnages ainsi que les mécaniques de gameplay rappelleront des souvenirs aux vétérans, tout en fournissant une excellente porte d’entrée aux nouveaux venus.




