Test d’Old Skies réalisé sur PC à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Point-and-click
- Développé et édité par Wadjet Eye Games
- PC – 23 avril 2025
Nintendo Switch – N/C - Ne comporte pas de sous-titres en français – PEGI 16
- Toute l’actualité du jeu
Peut-être connaissez Wadjet Eye Games pour ses éditions de point-and-click tels que The Excavation of Hob’s Barrow ou Gemini Rue. La société de New York développe aussi ses propres jeux, comme Unavowed sorti il y a bientôt sept ans, ou le très récent Old Skies. La nouvelle création de Dave Gilbert est disponible dès aujourd’hui, 23 avril 2025, au prix de 19,50 €sur PC. La version Nintendo Switch sortira plus tard quant à elle, en raison de problèmes techniques.
Test d’Old Skies sur PC
Le temps d’une histoire
Voyager dans le temps est désormais une réalité. Et pour éviter les abus, une société a été fondée : ChronoZen. Dans Old Skies, on incarne Fia Quinn, employée de la branche new-yorkaise. Sa mission ? Jouer les guides touristiques pour les plus riches souhaitant voir le concert d’un vieux groupe ou empêcher la mort d’un ami.
Dans ce contexte sont instaurés des impacts sur la temporalité par divers algorithmes : faites progresser la société grâce un remède et vous deviendrez important ; de facto, votre passé ne sera plus modifiable. Au contraire, les citoyens les moins importants pourront disparaître à la moindre rectification de la continuité. Ce qui n’est pas forcément un problème pour la plupart des humains. Mais Fia conserve tous ses souvenirs à chaque changement. Émergent donc des questions philosophiques tandis que Fia progresse, au cours des six chapitres plus ou moins connectés, pendant une dizaine d’heures. Le contexte du voyage dans le temps est traité avec originalité par rapport à d’autres œuvres. Le scénario, qui tient en haleine, est en tout cas une grande réussite.
Un gameplay classique
Le gameplay donne aussi l’impression de voyager dans le temps et nous renvoie à l’âge d’or des Sierra et LucasArt. Un pointeur à l’écran, et divers objets avec lesquels interagir. Pas besoin de cliquer partout : les descriptions apparaissent à même les objets, et chacun ne possède qu’une interaction possible. On peut évidemment en ramasser quelques-uns pour les combiner dans l’inventaire, ou discuter avec des PNJ tout simplement. Pour quiconque ne saurait pas où cliquer, maintenir une touche affiche les éléments interactifs les plus importants. Le jeu à la manette est d’ailleurs parfaitement possible : le stick analogique émule la souris tandis que le pavé fait directement circuler le curseur d’un point d’intérêt à un autre.
Les énigmes sont relativement simples à vrai dire. Mais si l’utilisateur tourne en rond, des indices sont disponibles en appelant Nozzo, le coéquipier. Le seul point qui pourrait en bloquer plus d’un : le jeu n’est malheureusement disponible qu’en anglais, sous-titré anglais. Enfin, le style graphique ne satisfera pas tout le monde non plus. Old Skies, en tant que premier jeu HD de Dave Gilbert, marque la fin des gros pixels à l’ancienne. Avec du cachet certes, mais le nouveau style pourra laisser quelques vétérans sur la touche.
Notre avis | 8
Tout comme Unavowed, Old Skies délaisse les énigmes complexes, voire absurdes, pour se concentrer sur les dialogues et l’exploration. Le pari est à nouveau réussi : le point-and-click tient en haleine jusqu’à la fin. À noter qu’il s’agit aussi de l’œuvre la plus nihiliste de Wadjet Eye Games : le voyage dans le temps est utilisé de manière cynique tout au long de l’aventure de Fia.
On aime
- Visiter New-York à travers les époques (et imaginer certains futurs)
- Le scénario qui tient en haleine
- Le doublage d’excellente qualité
- La présence d’un mode commentaire pour plus d’informations sur les choix de design et d’écriture
On n’aime pas
- Uniquement disponible en anglais, sous-titré anglais
- Des énigmes parfois trop simplistes
- Le côté nihiliste de l’histoire peut en laisser certains sur le côté
Merci d’avoir lu notre test d’Old Skies sur PC.






Ce qui m’interpelle le plus dans votre test, c’est cette transition vers la HD que vous mentionnez. Dave Gilbert abandonne enfin le pixel art old-school, et ça me fait penser au dilemme qu’ont vécu pas mal de développeurs indés ces dernières années. Quand on regarde l’évolution de studios comme Amanita Design ou même Double Fine, il y a toujours ce moment délicat où il faut choisir entre fidélité nostalgique et modernité.
Le concept de hiérarchie temporelle basée sur l’importance sociale est brillant. Ça évoque les dystopies de Philip K. Dick mais appliquées au voyage temporel. Cette idée que seuls les « importants » sont protégés des modifications temporelles est un angle vraiment original que je n’avais jamais vu exploité ailleurs. Par contre, je regrette cette limitation linguistique. Les point-and-click de Wadjet Eye ont toujours eu cette qualité narrative exceptionnelle, et ne pas proposer de traduction française prive le public francophone d’une expérience riche en dialogues.