Test d’« Horizon Forbidden West » sur PlayStation 5. Quel monde attend les joueurs qui exploreront l’ouest interdit ?

Aloy se dirige vers la côte ouest pour retrouver un backup de Gaia. Celui-ci devrait empêcher le processus de terraformation défaillant de détruire le reste de la civilisation.

Test d’Horizon Forbidden West réalisé sur PlayStation 5 à partir d’une version fournie par l’éditeur.

Fort des vingt millions de ventes du premier épisode et orchestré par une campagne marketing gargantuesque, le lancement d’Horizon Forbidden West constitue l’un des plus gros évènements de 2022. Cette sortie en fanfare s’accompagne de grandes attentes, notamment à propos de la narration et du décloisonnement de l’aventure. Quel monde attend les joueurs qui exploreront l’ouest interdit ?

Test d’Horizon Forbidden West

Les deux jeux étant contigus, le synopsis d’Horizon Forbidden West dévoile nécessairement la résolution du premier épisode. On y découvrait Zero Dawn, un programme de terraformation conduit par une scientifique dont Aloy est le clone d’un lointain futur. L’héroïne y a notamment terrassé Hades, une intelligence artificielle dont la mission était de détruire toute vie sur une Terre dévastée en mobilisant des robots zoomorphes. La menace n’est restée que dormante et Aloy doit à présent se diriger vers la côte ouest pour retrouver un backup de Gaia. Celui-ci devrait empêcher le processus de terraformation défaillant de détruire le reste de la civilisation.

La narration est-elle plus soignée que dans Horizon Zero Dawn ?

Le premier volet pâtissait de dialogues démesurément statiques. Le gouffre qui sépare les deux jeux sur ce point est d’une grande profondeur. Ce travail titanesque s’incarne autant dans le détail accordé à l’animation des personnages, qu’au travail d’écriture et à la mise en scène. Loin d’être accessoire, cette amélioration augmente l’adhésion au scénario, d’ailleurs le véritable moteur de l’exploration.

On n’échappe pas aux innombrables champs-contrechamps des dialogues. Les échanges sont cependant et radicalement plus vivants. À ce titre, Naughty Dog s’est trouvé un sérieux concurrent en matière de personnage « réaliste ». L’extrême solitude d’Aloy et le désarroi de ses amis, tour à tour repoussés, est aussi palpable que dans un film. L’héroïne devient plus vraie que nature et s’impose déjà comme l’une des icones du jeu vidéo.

Comment Guerrilla Games a-t-il décloisonné l’exploration dans Horizon Forbidden West ?

Guerrilla Games s’est lancé dans un deuxième grand chantier : décloisonner l’exploration du monde. Il est notamment possible d’évoluer sous l’eau, milieu dans lequel la guerrière s’avère vulnérable en cas d’affrontement. Plus notable encore, Aloy peut maintenant grimper aux falaises et aux murs. Cela ne se fait pas sans heurt puisque seules certaines voies sont permises, sans que l’on ne comprenne toujours pourquoi. Les murs invisibles, généralement absents des mondes ouverts d’aujourd’hui, demeurent très fréquents.

La progression décloisonnée, imparfaite certes, reste un progrès indéniable. On peut d’ailleurs visiter de très nombreux intérieurs : constructions « médiévales », ruines anciennes, grottes… Les environnements sont multiples. Guerilla Games peut ainsi explorer différentes ambiances, raconter son univers plus en profondeur, et mettre en scène de petits puzzles souvent bien pensés.

Du reste, le monde ouvert fournit la même diversité d’activités que le premier opus, à même de remplir une carte de points d’interrogation. Contrats, quêtes de chasse, escalade en haut des longs cous… Le joueur nage en eaux connues. Quant aux quêtes annexes, elles sont souvent bien écrites et elles renforcent la cohérence du jeu.

Retrouve-t-on l’esprit d’Horizon Zero Dawn ?

En dehors de cette mobilité accrue, le gameplay n’a pas subi de mutation majeure. Le système d’artisanat est simplifié mais déborde d’éléments à récolter pour étoffer son équipement. L’arsenal est toujours aussi étendu, mais il est difficile d’envisager plusieurs approches tactiques dans les affrontements. Les ennemis sont souvent rapides et dangereux et l’improvisation mène à répéter des tactiques éprouvées. De nombreuses options d’accessibilité permettent de se faciliter la tâche, notamment la visée assistée au gyroscope qui est particulièrement bienvenue. Il en ressort un jeu bien rythmé et dynamique, où de longs combats laissent place à des phases de contemplation d’un univers qui nous émerveille sans cesse. Un monde postapocalyptique s’est rarement montré si beau et vivant. Les fonctionnalités de la DualSense ajoutent une touche d’immersion supplémentaire, bien que qu’elles n’ouvrent pas de nouveaux sentiers.

Le travail sur Horizon Forbidden West est un véritable tour d’équilibriste. Le jeu reste fidèle à sa formule, dans un univers fascinant aux panoramas à couper le souffle. Libéré en partie de ses carcans de mise en scène et de ses déplacements, le voyage est plus consensuel et passionnant encore. On imagine mal aujourd’hui que cette saga puisse s’arrêter en si bon chemin, tant elle est essentielle dans le catalogue PlayStation. Si cela signifie nos retrouvailles avec l’univers d’Horizon, alors on attend d’ores et déjà sans déplaisir les prochaines aventures d’Aloy.

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Horizon: Forbidden West

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