Test d’« Armored Core VI: Fires of Rubicon » sur Xbox Series X. FromSoftware n’oublie pas sa série de mecha phare avec un seizième volet tonitruant

Il s'est écoulé presque dix ans depuis Armored Core V: Verdict Day, sorti à l'époque sur PlayStation 3 et Xbox 360.

Test d’Armored Core VI: Fires of Rubicon réalisé sur Xbox Series X à partir d’une version commerciale.

Depuis le 25 août 2023, la licence la plus prolifique de FromSoftware est de retour avec un seizième épisode, après bientôt dix ans d’absence. Et jamais cette série de mecha historique n’avait été plus accessible qu’Armored Core VI: Fires of Rubicon, disponible sur PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One, Xbox Series X et, pour la première fois, sur PC.

Test d’Armored Core VI: Fires of Rubicon sur Xbox Series X

Sur la planète Rubicon 3, l’humanité découvre le Corail. À la fois source d’énergie et canal de transmission de données, cette substance devient l’objet de toutes les convoitises. Mais la ressource provoque en fin de compte l’embrasement de la planète et du système stellaire alentour. Ce cataclysme, connu sous le nom des Feux d’Ibis, est à l’origine d’un contaminant particulièrement dangereux. Mais cinquante ans plus tard, des gisements de Corail émergent à nouveau, attirant les méga-corporations. Souhaitant l’exploiter, elles font appel à d’innombrables mercenaires sur la planète. C4-621, à la solde de l’énigmatique Walter, est l’un d’entre eux.

Des combats dynamiques qui manquent parfois de précision

Ce pilote d’Armored Core participe ainsi à quarante-et-une missions, davantage en New Game+, au cours des cinq chapitres qui jalonnent la progression. Chacune ne dure en réalité que quelques minutes et l’expérience est globalement plus brève qu’à l’occasion des action-RPG les plus récents du studio. Les objectifs sont d’une grande simplicité, comme détruire du matériel ennemi ou affronter d’autres pilotes indiqués par un marqueur de quête. Quelques niveaux se distinguent néanmoins par des contraintes spécifiques, mais leur variété se révèle insuffisante. On pense aux missions d’infiltration ou de désactivation des appareils de contrôle de brume, par exemple.

Malgré des enregistrements à découvrir favorisant l’exploration, les combats ultradynamiques restent le point d’orgue d’Armored Core VI: Fires of Rubicon. Et pour cause, les contrôles s’avèrent étonnamment souples. Les quatre armes sont disposées sur les tranches et l’esquive, le vol stationnaire ou les ruées deviennent un jeu d’enfant. La gestion des jauges d’énergie, de refroidissement des armes et d’équilibre requiert tout de même de la pratique. Mais sa maîtrise fait la différence tant en PvE qu’en PvP, dans le cadre du NEST.

Seule la visée pose véritablement problème. Généralement, le curseur est aspiré par l’ennemi le plus proche. Mais en fonction de la mobilité de l’Armored Core adverse, on n’a pas toujours le temps de le verrouiller. Naviguer d’un ennemi à l’autre agace, notamment quand une horde de drones se dresse sous nos yeux. Heureusement, les combats-clés mettent en scène des duels, à de rares exceptions près. Et comme la difficulté n’est pas non plus excessive, on tolère finalement ces quelques désagréments de mire.

La personnalisation est au cœur du jeu

On compense aussi ses faiblesses par la personnalisation de l’Armored Core poussée à l’extrême. Impossible d’y échapper pour progresser dans la liste des missions. On passe autant sinon plus de temps au hangar que sur le champ de bataille. De multiples builds sont envisageables, des plus légers aux chars d’assaut, en fonction de son style de jeu. Il n’est ainsi pas rare d’échouer lamentablement sur un boss puis de se muer en maître fromager après avoir découvert la combinaison adéquate. L’équilibrage manque de finesse parfois, tant les SONGBIRDS couplés aux mitrailleuses Gatling performent.

Les plus impatients peuvent d’ores et déjà consulter les builds de la communauté disponibles sur Internet, à l’image des guides qui aident à vaincre les boss de Dark Souls. Ceux qui préfèrent le bidouillage ont le champ libre pour expérimenter car on revend ses équipements au prix d’achat. Il ne suffit pas d’acquérir les meilleures pièces malgré tout, car le pilote doit tenir compte de la surcharge potentielle de son Armored Core.

L’évolution passe aussi par les nombreux duels qui ouvrent l’accès à des améliorations permanentes : efficacité accrue des kits de réparation, visée manuelle, augmentation des dégâts… Mais des soucis d’ergonomie découragent parfois aussi. Comme dans le premier Front Mission, que l’on excuse car il date de 1995, les allers-retours entre le magasin et l’assemblage à proprement parler fatiguent. Pourquoi ne pas avoir regroupé les deux menus sous une seule bannière ? Pour le reste, l’argent ne manque que rarement et rien n’empêche de rejouer les missions précédentes pour augmenter son capital. Chaque ennemi rapporte des bonus pécuniers. Au contraire, chaque munition que l’on consomme est déduite des recettes. On y réfléchit donc à deux fois avant d’envoyer une nuée de missiles autoguidés.

Un Armored Core « nouvelle génération »

Tout compte fait, Armored Core VI: Fires of Rubicon s’inscrit dans la continuité de la série, sans évolution majeure de la formule. D’ailleurs, l’aspect communautaire d’Armored Core V, qui obligeait à choisir une grande famille au lancement initial, a quasiment disparu. Ce nouvel épisode prend principalement la forme d’une expérience solo, malgré la présence de PvP et d’un système de partage de combinaisons d’Armored Core. On a presque l’impression de revenir à un épisode traditionnel mais avec un savoir-faire enrichi depuis et sans les contraintes de budget d’il y a dix ans ou plus.

Les panoramas coupent le souffle et les environnements urbains sont immenses. Les déserts, plats et ennuyeux, ainsi que les tunnels quelconques d’antan ont totalement disparu. Les cartes semblent petites car les Armored Core les traversent vitesse grand V. Mais elles regorgent de détails avec des barres d’immeubles et toutes sortes d’édifices destructibles. Les villes de Rubicon 3 étant abandonnées de longue date, on peut s’en donner à cœur joie. À ce titre, la direction artistique souligne les catastrophes du passé. La narration est aussi minimaliste, dans l’esprit de la série, et ne progresse que par l’intermédiaire de télécommunications. La présence humaine n’est donc représentée que par dialogues. À ce propos, trois fins dépendent des choix de 621.

La modernité du titre s’exprime aussi par son accessibilité. Disponible sur de nombreux supports et parfaitement traduit en français, Armored Core VI: Fires of Rubicon n’a pas relancé le débat sur la difficulté qui accompagne chaque FromSoftware. On neutralise la plupart des mobs en quelques tirs et les points de contrôle évitent la frustration. Oui, plusieurs boss haussent le ton. Mais ils le font dans une mesure qui n’est en rien comparable à Sekiro: Shadows Die Twice par exemple. L’investissement nécessaire reste cependant élevé, ne serait-ce que pour personnaliser à tâtons son mecha.

Notre avis | 8

Dix ans après, la série de mecha de FromSoftware fait un retour triomphal à l’occasion d’Armored Core VI: Fires of Rubicon. Ce seizième épisode ne trahit pas son ADN avec des combats dynamiques, qui manquent parfois de précision, et une personnalisation poussée de l’armure de combat. Disponible sur de nombreux supports et entièrement traduit en français, le titre est étonnamment accessible. Sa difficulté, en particulier, ne se révèle pas aussi assommante que dans les action-RPG les plus récents du studio. La direction artistique est enfin époustouflante et sans commune mesure avec les Armored Core précédents. Retrouver au premier plan tout un pan historique du studio nous réjouit, et on espère que d’autres sagas lui emboîteront le pas.

On aime

  • Les combats dynamiques
  • La simplicité des contrôles
  • La personnalisation sans limite
  • La direction artistique
  • L’accessibilité

On n’aime pas

  • Les problèmes de visée
  • Les combinaisons déséquilibrées
  • La régression de l’aspect communautaire

Merci d’avoir lu notre test d’Armored Core VI: Fires of Rubicon sur Xbox Series X.

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