samedi 29 janvier 2022
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Test de Clockwork Aquario : pourquoi Westone l’a-t-il annulé en 1994 ?

Clockwork Aquario est un jeu d’action de Westone censé paraître en 1994. Malheureusement, il n’est jamais sorti. Souvent considéré comme une chimère par les fans de Wonder Boy, puisqu’il est réalisé par la même équipe, il est désormais possible après presque trente ans de le découvrir enfin. N’était-il pas digne de connaître les salles obscures ? Est-il toujours intéressant à pratiquer aujourd’hui ? Dans tous les cas, un pan de l’œuvre de Ryuichi Nishizawa est désormais accessible, ce qui représente un événement en soi.

VersionsSortieDéveloppeurÉditeurDistributeurPrix
PlayStation 430/11/2021WestoneININ GamesStrictly Limited Games19,99 €
Switch30/11/2021WestoneININ GamesStrictly Limited Games19,99 €

Sommaire

Qu’est-ce que Clockwork Aquario ?

Clockwork Aquario est un jeu d’action typique des années 90, initialement prévu pour le System 18 de SEGA. Le titre n’est finalement jamais sorti sans tomber dans l’oubli toutefois. ININ Games ainsi que des membres de l’équipe originale de Westone, dont Ryuichi Nishizawa, ont collaboré pour restaurer le projet. Plus de vingt-sept ans après son annulation, il est désormais possible de le pratiquer dans les meilleures conditions possibles sur PlayStation 4 et sur Switch.

Le gameplay s’avère extrêmement simple. Chacun des trois personnages, dont les contrôles sont identiques, peut attaquer et assommer les ennemis. Dès lors, on peut les frapper à nouveau pour les faire disparaître ou les attraper et s’en servir comme projectiles. Clockwork Aquario comprend également quelques phases de plateformes avec de nombreux ennemis sur lesquels rebondir. En faisant l’usage des différentes capacités, on augmente son combo pour maximiser son score.

Par ailleurs, le jeu bénéficie d’une réalisation en pixel art avec de grands sprites et un fourmillement de détails. Le design de certains monstres aux grands yeux rappelle Mega Man ou Coryoon par exemple. Les graphismes colorés et la bande-son tonitruante signée Shinichi Sakamoto ne trompent pas : on est bien dans une salle d’arcade du début des années 90.

S’agit-il d’une expérience résolument arcade ?

L’expérience ne dure pas plus de cinq niveaux, soit une petite demi-heure. Au contraire de jeux de plateformes plus modernes comprenant de nombreuses épreuves, Clockwork Aquario est conçu pour des sessions en salle d’arcade. On y revient cependant très facilement puisqu’il offre le plaisir immédiat des jeux d’action de cette époque. Dès les quelques premières secondes, toutes les mécaniques sont dévoilées et les niveaux, quoi que bien construits, n’offrent pas de progression dans le move set. D’ailleurs, il est possible de jouer en coop avec un twist : on peut utiliser son coéquipier comme projectile plutôt qu’un ennemi.

Clockwork Aquario ne paraît néanmoins pas si court pour un jeu d’arcade. Il ne s’agit pas d’un titre que l’on termine et que l’on range définitivement. On y revient en effet pour obtenir le plus grand score possible ou pour le fun instantané qu’il procure. Il démarre très rapidement et on se retrouve en situation quasiment tout de suite après l’avoir lancé.

Au contraire d’autres jeux de Westone, comme Wonder Boy in Monster Land, le titre est relativement brut. Il n’est pas possible de farm pour visiter une boutique et s’équiper, par exemple. Les développeurs ne se sont pas non plus encombrés de dialogues, de scènes cinématiques ou de la moindre narration. L’histoire n’est ici qu’un prétexte à l’action non-stop.

Clockwork Aquario n’est-il pas trop difficile aujourd’hui ?

Contre toute attente, le titre n’est pas excessivement difficile. On s’en étonne car beaucoup de jeux d’arcade de cette époque n’avaient qu’une vocation : rompre le joueur ou plutôt son porte-monnaie. Les développeurs ont-ils volontairement diminué le niveau de difficulté à l’occasion de cette sortie ? Ce n’est pas impossible car les boss sont de véritables pics de difficulté. On évolue généralement plutôt bien dans les niveaux, mais ces combats font réellement fondre le nombre de crédits.

Intra-jeu, les ennemis ne posent pas de souci parce qu’on peut les tuer de différentes manières. On peut leur sauter dessus, dessous parfois ou leur envoyer un autre ennemi. Les masques de collision sont un peu larges en revanche, mais on obtient de toute façon de nombreux consommables. Les potions pour retrouver de la santé drop régulièrement et quand on a tous ses points de vie, on peut s’en servir de projectile. Enfin, après avoir récolté suffisamment de cristaux, le joueur peut enfin déclencher une sorte de furie et lancer des étoiles dans trois directions.

Par ailleurs, plusieurs niveaux de difficulté sont disponibles. En réalité, ils ne permettent que de modifier le nombre de crédits dont on dispose pour terminer Clockwork Aquario. Le mode facile en fournit neuf, le normal six et le plus difficile trois. On peut de toute façon opter pour le mode arcade et insérer des pièces à la volée.

L’émulation est-elle de qualité ?

L’émulation du System 18 sur Switch est techniquement irréprochable et on n’a pas remarqué d’input lag. L’interface est la même que celle de Monster World IV, « offert » aux acquéreurs d’une version physique de Wonder Boy: Asha in Monster World. Le jeu tourne à 60 FPS sans vaciller, les sprites ne clignotent pas et la musique ne crépite jamais.

On regrette malgré tout l’absence de fonctionnalités pourtant élémentaires de l’émulation d’aujourd’hui. On n’aurait pas été contre les sauvegardes d’état ou la possibilité de rembobiner sa partie de quelques secondes. Peut-être que les développeurs ont au maximum souhaité rendre l’expérience authentique, comme si on était en 1994. Peut-être ont-ils jugé que cela rendrait le jeu trop facile, mais les crédits illimités permettent de le finir sans effort.

Côté graphismes, les options sont assez fines. On peut opter pour un affichage 1:1 ou pixel perfect et pour un léger filtre ou des sprites aux bords durs. On peut surtout régler le shader qui reproduit un écran CRT le définissant précisément : ligne de balayage, netteté, courbure, gamma… Tous ces paramètres peuvent sembler gadget, mais on a au moins la possibilité de jouer avec l’affichage que l’on préfère. On regrette quand même qu’il ne soit pas possible d’habiller les bordures noires de l’écran.

Pourquoi Westone a-t-il annulé Clockwork Aquario en 1994 ?

Clockwork Aquario est loin d’être un mauvais jeu, on est même surpris par son degré de finition. Qu’il s’agisse de sa réalisation ou de l’immédiateté du plaisir de jeu, le titre n’a pas à rougir en comparaison au nombre d’indés d’aujourd’hui. S’il était sorti en 1994, il ne serait peut-être pas devenu un classique au même titre que Wonder Boy, mais il s’agit d’un jeu d’action qui a fière allure. Mais il se trouve qu’au cours des location tests de 1993, les joueurs se sont montrés plutôt discrets. Pourquoi ne pas l’avoir sorti quand même, puisque le développement était de toute façon terminé ?

Sortir un jeu en salle d’arcade est une logistique infiniment plus complexe que sur une plateforme de distribution en ligne. Et pour un jeu dont le feedback s’avère aussi timide, il est parfois préférable de l’abandonner. Outre le développement réalisé par Westone, il faut prendre en compte la fabrication des PCB, la livraison et l’installation des bornes etc. On comprend aisément que SEGA ait préféré annuler Clockwork Aquario.

Peut-être que le titre aurait pu être exploité autrement, avec un portage Saturn ou Dreamcast par exemple. Mais l’éditeur était passé à d’autres projets plus ambitieux et, après 1994, Westone n’était déjà plus aussi influent qu’il ne l’avait été. On se réjouit toutefois de la résurrection d’un tel projet. Comme avec Star Fox 2 en 2017 et d’autres projets sortis de leur torpeur, on peut attribuer cette victoire à la préservation du patrimoine.

Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur sur Switch

Clockwork Aquario

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Julien Capronhttps://actua.blog/
On n'a pas la même manette mais on a la même passion

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