Test de Infliction: Extended Cut : cache-cache dans les ténèbres

Test réalisé à partir d’une version fournie par Blowfish Studios sur PlayStation 4 Pro

Développé par Caustic Reality et édité par Blowfish Studios
Sorti le 25 février 2020 et disponible sur PlayStation 4 et Xbox One

Infliction: Extended Cut est un jeu d’horreur paranormale et psychologique qui n’est pas sans rappeler le fabuleux P.T., la célèbre démo de Silent Hills par Kojima, qui n’a hélas pas vu le jour. Rentré chez lui pour récupérer des billets d’avion, le protagoniste découvre une mystérieuse vidéo qui le plonge littéralement en enfer.

Les premiers pas dans l’aventure sont très impressionnants puisqu’ils posent une ambiance maîtrisée. À la première personne, le joueur arpente la demeure familiale et fait en sorte d’accomplir les divers objectifs qui lui sont demandés. Le jeu emprunte l’un des éléments de gameplay de Project Zero, à savoir son appareil photo en guise d’arme. Le joueur est équipé d’un Polaroid qui peut étourdir l’ennemi un bref instant, ce qui lui laisse le temps de se cacher jusqu’à ce que l’ennemi ne vaque à d’autres occupations.

Infliction a beau être un jeu d’horreur, la peur n’est pas mise en place par la présence de l’ennemi ou par des jump scares judicieusement placés, comme dans d’autres jeux du genre. L’angoisse est plutôt générée par l’obscurité dans lequel tout le jeu est plongé. La lampe torche que l’on possède éclaire très faiblement et, en l’absence de lumières artificielle comme naturelle, quasiment l’intégralité d’Infliction se joue dans le noir.

En dépit de l’ambiance très travaillée, le jeu ne fait malheureusement pas peur. Il ne suffit pas de plonger le joueur dans l’obscurité pour l’effrayer. Au contraire, beaucoup d’éléments de distanciation rendent difficile l’acceptation du contrat de lecture : comment expliquer que notre avatar soit incapable de courir ? Pourquoi n’essaie-t-il jamais de se défendre, alors qu’il est possible d’interagir avec tout type d’outils qui pourraient servir d’armes ?

La seule issue possible est la fuite et le boucle de gameplay ne se résume qu’à ces parties de cache-cache, ce qui est d’autant plus frustrant que le générique de fin apparaît de manière aussi inattendue que brutale, au moment où Infliction commence à sortir les crocs. Il ne faut que deux petites heures pour terminer le jeu, ce qui est plutôt court, surtout que l’histoire (intégralement sous-titrée en français) et son ambiance donnent envie d’y passer plus de temps.

Visuellement et techniquement, le constat n’est malheureusement pas glorieux non plus. Malgré l’obscurité, on constate que les modélisations sont sommaires et le crénelage omniprésent. Les nombreux ralentissements n’arrangent pas les choses. La direction artistique est tout de même très réussie, tout comme les éclairages et l’ambiance sonore.

Infliction: Extended Cut est souvent maladroit dans son déroulement, notamment à cause de sa répétitivité. Le constat technique est décevant et, pour ne rien arranger, la durée de vie ne laisse pas le temps à l’aventure et son histoire de vraiment décoller. Les amateurs d’horreur seront tout de même ravis de découvrir un titre qui fait beaucoup de clins d’œil au cinéma d’horreur : Evil Dead, Hellraiser et beaucoup d’autres.

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