jeudi 7 juillet 2022
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Test du Razer Kishi : ergonomie, prise en main et possibilités d’utilisation

Avec l’émergence du jeu mobile, en natif ou en streaming, différentes solutions existent pour simuler une manette traditionnelle en lieu et place de l’écran tactile. Razer propose le Kishi, une manette à « conception universelle » que l’on installe autour de la majorité des téléphones cinq et six pouces munis d’un port USB-C. Le Kishi permet-il de pratiquer le jeu mobile dans des conditions aussi confortables qu’avec une manette classique ?

Ergonomie du Razer Kishi

Avec le Kishi, Razer fait le choix d’une manette qui « englobe » le téléphone avec joysticks et boutons se trouvant de chaque côté de l’écran, à la manière des Joy-Con de la Switch. Il ne s’agit pas du premier contrôleur à entourer un smartphone de la sorte mais le Kishi se connecte en USB-C uniquement, pour réduire le temps de latence et pour assurer un meilleur maintien aussi.

L’installation est un jeu d’enfant : le Kishi s’étire grâce à une bande de support étirable et permet l’installation de téléphones cinq ou six pouces. Quant à l’épaisseur du téléphone, deux caoutchoucs permettent de caler l’appareil. Il est possible de les ôter si l’on a protégé son smartphone à l’aide d’une coque, de sorte que l’on ne soit pas obligé de déshabiller son téléphone à chaque usage.

En plus d’être adapté à de nombreux appareils, cette conception s’avère de surcroît très pratique avec la possibilité de replier le Kishi et de le transporter dans une petite sacoche. Par ailleurs, le Kishi est alimenté grâce à la batterie du téléphone et ne nécessite pas d’être rechargé. Une entrée USB-C sur sa tranche permet de connecter le Kishi, donc le smartphone, au secteur et de jouer pendant la charge.

Prise en main du Razer Kishi

Le Kishi se révèle léger et donc agréable à prendre en main. Il faut toutefois ajouter aux 160 g du contrôleur le poids du téléphone, ainsi que ceux de sa coque et de la protection d’écran si applicable. Dans notre cas, le poids d’un Pixel 3, équipé d’une coque Rhinoshield et d’un écran en verre trempé, couplé au Kishi s’élève à 343 g. À titre de comparaison, une manette Xbox Series X pèse 303 g et une Switch connectée aux Joy-Con pèse 414 g.

Les bords arrondis et le placement des touches permettent une prise en main sans douleur mais le jeu du côté gauche, qui n’est pas connecté par USB-C, peut déstabiliser tout d’abord. On s’habitue très rapidement cependant et le contrôleur reste très agréable après plusieurs heures de pratique. Le mapping est en plus astucieux même si les utilisateurs de la Switch auraient possiblement préféré le bouton Home sur le côté droit, par habitude tout simplement. On aurait également apprécié une touche dédiée aux captures d’écran.

Question fonctionnalités, le Kishi possède deux joysticks cliquables, quatre boutons de tranche et une croix multidirectionnelle qui a tendance à légèrement grincer. Cela peut suffire pour la grande majorité des joueurs, mais deux carences sont néanmoins notables. La première est l’absence de vibrations, la seconde provient des gâchettes non-analogiques qui peuvent rendre l’usage du Kishi peu adapté aux simulations automobiles.

Le Razer Kishi pour les jeux Android

L’un des contextes les plus intéressants pour utiliser le Razer Kishi est bien entendu avec des applications natives sur iOS et Android. Pour le test, il a été téléchargé différents jeux issus du Play Store ou du Play Pass : Tomb Raider, Sonic the Hedgehog, Star Wars: Knights of the Old Republic, Fortnite… Dans tous les cas, le Kishi a été reconnu avec des mappings corrects à chaque fois.

Pour ces titres, il est en plus possible d’utiliser l’écran tactile en même temps que le contrôleur, comme la DS, la PlayStation Vita et la Switch le permettent par exemple. Rien n’empêche de jouer et de se déplacer grâce aux joysticks du Kishi et d’utiliser un raccourci tactile dans un coin de l’écran pour appeler un menu ou pour cliquer sur un élément du jeu. Le Kishi peut notamment se présenter comme un excellent investissement pour les abonnés d’Apple Arcade qui pourraient dès lors profiter de NUTS ou Hitchhiker, pour ne citer qu’eux, dans des conditions quasi-parfaites.

Le Razer Kishi pour le Cloud du Xbox Game Pass Ultimate

Le Kishi répond en partie à la problématique du jeu en streaming du Xbox Game Pass Ultimate et un modèle est d’ailleurs habillé aux couleurs de la manette Xbox. Que l’on choisisse un Kishi classique ou un Kishi Xbox ne fait cependant aucune différence et les mappings des touches X, Y, A et B sont strictement identiques à la manette Xbox Series X, ou à la Dreamcast diront les esthètes. La navigation dans le menu Xbox Game Pass est très agréable au contrôleur et la latence s’avère extrêmement faible sans outil de mesure pour la constater.

Comme on l’écrivait ci-avant, les jeux de course comme Forza Horizon 4 ne sont pas les mieux adaptés mais pour des jeux au tour par tour, comme Yakuza: Like a Dragon, le Kishi est une aubaine. Il permet de pratiquer sur mobile des titres difficilement envisageables sur téléphone, pour des raisons ergonomiques, ou sur d’autres consoles portables trop faibles pour les accueillir. Pour de nombreux jeux, Microsoft s’efforce de toute façon à adapter les contrôles à l’écran tactile mais le Kishi est toujours plus confortable.

Le Razer Kishi pour RetroArch

Le Kishi trouve un autre écho avec RetroArch, l’émulateur multi-systèmes également disponible sur Android. Bien sûr, la liste de ses cœurs est bien moindre que sur PC mais RetroArch sur mobile permet de jouer à la Mega Drive, à la Game Boy Advance ou encore à la PlayStation avec d’excellentes performances. Quand on lance RetroArch avec le Kishi connecté au téléphone, le contrôleur est instantanément détecté et il est alors très simple de naviguer dans les nombreux menus de l’application. Pour les différents cœurs essayés pour les besoins du test, les contrôles bénéficiaient d’un mapping parfaitement adapté en fonction du système émulé.

Le contrôleur se prête particulièrement bien à l’émulation parce que malgré les efforts des développeurs de RetroArch, qui ont ajouté une interface tactile sur l’écran, les contrôles sont en réalité peu conviviaux sur mobile. Avec le Kishi, l’émulation sur smartphone devient un véritable plaisir et aucun matériel aujourd’hui, comme le GPi Case par exemple, n’est aussi performant et polyvalent pour s’adonner aux joies du rétrogaming.

Rudra no Hihō

Steam Link

Avant de conclure ce tour d’horizon des nombreuses possibilités d’usage du Kishi de Razer, on aimerait bien sûr évoquer Steam Link, à l’heure où Steam a fait l’annonce de l’assemblage de son Deck pour décembre 2021. Steam Link est disponible sur iOS et Android et permet de jouer en streaming sur un réseau local. Pour cela, le joueur doit disposer d’un PC et d’une bonne connexion Wi-Fi. Dès lors que l’on connecte le Kishi sur son téléphone, on a l’impression de disposer d’un véritable PC de poche. Les retours des joueurs sont différents et variés concernant l’application de Valve, mais sur le réseau local de test (PC en LAN, mobile en Wi-Fi 5 Ghz), on n’a pas réussi à déceler de latence ou de compression de l’image.

L’interface n’est pas parfaite pour naviguer dans une bibliothèque Steam et le clavier virtuel se révèle parfois problématique à l’usage. Mais intra-jeu, les commandes à la manette sont irréprochables et le mapping est identique à une manette Xbox Series X. Balan Wonderworld, NieR Replicant ver.1.22474487139… ou encore Record of Lodoss War: Deedlit in Wonder Labyrinth sont tout à fait jouables dans ces conditions. Comble du bonheur : il est possible d’éteindre l’ordinateur à distance depuis l’interface Steam Link.

Steam Link dispose en outre d’une option extrêmement intéressante. Les joueurs Steam le savent : il est possible d’ajouter n’importe quelle application à sa bibliothèque pour la lancer depuis le launcher. Ainsi, rien n’empêche d’ajouter ses jeux Xbox Game Pass, Epic, GOG, Uplay ou Origin et d’en profiter grâce au Steam Link. Mieux encore : pourquoi ne pas ajouter la version PC de RetroArch ou des émulateurs aussi performants que RPCS3 ou Dolphin, pour ne citer que ceux-ci ? Grâce au Kishi et à Steam Link, tout un pan de possibilités s’ouvre au jeu mobile sans jamais que l’on soit bridé par l’interface tactile du téléphone. À condition de vouloir rester sur le réseau local évidemment et de posséder un PC fixe déjà véloce, le Kishi de Razer remet même en question le besoin d’acquérir un ordinateur mobile comme le Steam Deck de Valve.

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