Test de Super Mario Bros. Wonder réalisé sur Switch à partir d’une version commerciale.
- Plateforme
- Développé et édité par Nintendo
- Switch – 20 octobre 2023
- Entièrement localisé en français – PEGI 7
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Super Mario Bros. Wonder est disponible depuis le 20 octobre 2023 sur Switch, au prix de lancement de 59,99 €. Ce nouveau jeu de plateforme en 2,5D, développé et édité par Nintendo, s’inscrit dans la continuité des New Super Mario Bros. dont le dernier épisode remonte désormais à 2012. Cette « merveilleuse » suite ne revêt toutefois pas l’habit classique, presque scolaire, de ses prédécesseurs. Il est orné de mille-et-une idées lumineuses qui ne manquent jamais de surprendre.
Test de Super Mario Bros. Wonder sur Switch
Le Prince Florian du Royaume des Fleurs invite le gratin du Royaume Champignon : Mario, Luigi, les princesses Peach et Daisy, divers Toad dont Toadette, un nuancier de Yoshis et l’espiègle Carottin. Tout ce beau monde est jouable avec un bémol pour les Yoshis et Carottin. Ils ne subissent aucun dégât mais ne peuvent pas utiliser d’objets spéciaux. Le Prince souhaite leur présenter une puissante fleur qui maintient l’harmonie du royaume, mais Bowser s’en empare et fusionne avec son château. Mario et compagnie doivent donc récupérer des graines dans chacun des mondes pour confronter le roi des Koopa Troopas.
Dans la continuité de New Super Mario Bros.
Oui, Super Mario Bros. Wonder déborde d’idées nouvelles mais il reste un jeu de plateforme relativement classique en 2,5D. Cette fois en revanche, Nintendo n’a pas hésité à enfreindre ses propres règles, peut-être inspiré par l’inventivité des milliers de créateurs de Super Mario Maker 2. En jouant avec les codes du genre, le résultat ne cesse de surprendre tant dans la forme que dans les mécaniques de jeu.
L’un des points les plus vivifiants n’est autre que la progression. À l’image de Super Mario 3D World, le joueur se déplace sur une mappemonde et choisit les stages qu’il désire traverser. Nul besoin de tous les terminer pour progresser, à condition d’avoir récupéré suffisamment de Fleurs prodiges. Certains sont des niveaux « standard » avec leurs trois pièces à collectionner et un panneau d’arrivée. D’autres présentent des variations de rythme bienvenues avec des défis ponctuels, des arènes de combat ou des épreuves de recherche. On a particulièrement apprécié les séquences rythmiques dans la veine de Rayman Legends.
Des nouveautés d’usage
Nintendo a aussi introduit de nouveaux monstres et des plateformes aux mécaniques inédites. On ne crie pas au génie devant chaque élément de l’environnement, mais nombre d’entre eux se révèlent rafraîchissants dans un univers qui a trop souvent recours à l’autocitation. Toucher certaines fleurs permet en outre de faire apparaître des pans entiers de niveaux, ouvrant parfois des passages alternatifs.
Comme le veut la coutume, ce nouvel épisode introduit également de nouvelles transformations. À ce titre, Super Mario Bros. Wonder est loin d’être le plus riche malgré quelques pouvoirs intéressants. Une fleur crache des bulles, rappelant vaguement Bubble Bobble. Un chapeau coiffé d’un foret permet de creuser le sol et les plafonds pour s’y enfouir. Mais la nouvelle sensation n’est autre que la transformation « éléphant » dont l’apparence évoque Meena dans Tous en Scène. Largement mise en avant dans la campagne de promotion, elle n’a finalement rien d’exceptionnel. Sous cette forme, les personnages peuvent donner des coups de trompe et cracher de l’eau, après en avoir aspiré au préalable.
Les badges personnalisent les mouvements
Les badges ont davantage d’influence sur l’expérience. Au fil de son aventure, l’utilisateur les découvre ou les achète auprès des marchands Poplin qui parsèment la carte. Les équiper procure des compétences spécifiques, comme le « Parachapeau » grâce auquel les personnages planent souplement en appuyant sur R. Certains font d’ailleurs l’objet de défis à la difficulté croissante. D’autres ont un effet passif, à l’image du badge « Blocs ! bonus » qui ajoute des blocs aux stages. On ne sait jamais lequel équiper avant de commencer, sauf dans le cas du « Coup du dauphin » réservé aux niveaux aquatiques. Mais ils personnalisent très légèrement la façon de jouer et chacun trouvera le badge qui lui correspond.
Les Fleurs prodiges sont de véritables événements
La nouveauté la plus en vue est cependant l’apparition des Fleurs prodiges. Dans les niveaux, Mario et ses amis tombent régulièrement sur ces objets qui, cumulés, servent à déverrouiller de nouveaux chemins sur la mappemonde. Mais il ne suffit pas de les toucher pour les acquérir. À leur contact, les personnages semblent dériver dans une dimension alternative, l’occasion d’événements psychédéliques. Parfois, le rythme accélère subitement. D’autres fois, le joueur est lâché dans le vide et doit récolter des collectables. Dans un autre niveau, une immense boule à pointes nous poursuit façons Indiana Jones. La variété surprend toujours. Ces segments, extrêmement bienvenus, représentent en réalité des mini-défis à part entière. Les développeurs ont vraiment laissé leur imagination vagabonder pour certains.
Un mode en ligne parfaitement intégré
Comme dans les épisodes les plus récents de la série, Super Mario Bros. Wonder donne la possibilité d’évoluer jusqu’à quatre. En coop, l’expérience tourne vite au cirque, à l’image de Sonic Superstars, sorti trois jours avant et qui propose aussi de jouer ensemble. Ce mode reste convival mais ne favorise pas l’exploration de fond en comble des multiples stages.
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Le mode en ligne se révèle néanmoins astucieux. Le joueur est accompagné, dans chaque niveau, de trois ombres qui font leur vie en parallèle, comme on en croise dans Dark Souls. Il s’agit en réalité d’autres joueurs, à l’autre bout du globe parfois, qui parcourent le stage en même temps. Ainsi, les personnages ne se gênent pas les uns les autres et ils peuvent même interagir.
Quand un joueur perd, il peut regagner un point de vie au contact d’un autre utilisateur, ou de panneaux que l’on place sur diverses plateformes du parcours. Cette asynchronisation du multi rappelle forcément Death Stranding et donne l’impression de partager une expérience commune. On peut aussi échanger des objets, ou coopérer lors des épreuves de recherche en communiquant avec quelques icônes. Terminer le niveau en même temps octroie d’ailleurs des points d’amitié, poussant à l’entraide. La bienveillance est de mise et il n’est pas rare que des couples d’utilisateurs, qui ne se connaissent ni d’Ève ni d’Adam, s’attendent l’un l’autre pour affronter les dangers.

Une pièce d’orfèvrerie
Super Mario Bros. Wonder se caractérise enfin par sa réalisation quasi-maniaque. Nintendo a spécialement placé l’accent sur les animations, qu’il s’agisse des personnages ou des ennemis. Quand Mario pénètre dans un tuyau, il rattrape sa casquette qui s’est envolée. Au contact d’un Goomba, une frame d’animation dépeint le champignon bipède mordant le joueur. Ces petits détails se comptent par milliers et rompent franchement avec l’aspect graphique très générique de la série. Les graphistes se sont fait plaisir.
Le sound design est tout aussi remarquable avec une variété de bruitages, d’instrumentations et de doublages à laquelle ne nous ont pas habitués les jeux Super Mario Bros. par le passé. Par exemple, le son que produit un saut change en fonction de l’environnement et mêmes les vibrations des Joy-Con semblent mélodieuses. La voix de Charles Martinet manquera peut-être aux irréductibles, mais on n’imaginait pas qu’une telle fraîcheur puisse se dégager de la série, qui répond habituellement à un cahier des charges extrêmement strict.
Ce grain de folie apporté à la réalisation donne tout son cachet à cet épisode, sans bouleverser pourtant une formule bientôt quarantenaire. Ce qui nous a le plus surpris cependant est le volume de texte, inhabituel pour un jeu de plateforme. Au-delà des dialogues bien écrits, on s’étonne de toutes ces fleurs qui interviennent en français au sein des stages. La parole ajoute de la profondeur à l’univers, comme l’a récemment démontré Super Mario Bros, le film. On s’était fait la même réflexion cet été lors de notre test de Pikmin 4, plus volubile aussi mais finalement plus attachant qu’à l’accoutumée.
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Notre avis | 9
Super Mario Bros. Wonder est une cure de jouvence inattendue pour la série Super Mario Bros., habituellement calibrée au poil de moustache près. Bien sûr, il s’agit toujours d’un jeu de plateforme en 2,5D comme il en existe des dizaines. Mais en s’amusant de ses propres codes, l’expérience se rapproche de Rayman Legends ou de… Super Mario Maker 2. Les développeurs semblent avoir tout osé, sans s’imposer de limite créative. On gagne en rythme, en variété mais aussi en surprise, notamment grâce aux Fleurs prodiges qui créent l’événement dans chaque niveau.
Le logiciel se distingue aussi par son jeu en ligne parfaitement bien pensé. Les utilisateurs ne se gênent pas mais ont de nombreuses possibilités pour coopérer directement ou indirectement. On a donc l’impression de partager des moments de chaleureuse complicité avec, pourtant, de parfaits inconnus. Pour le reste, Super Mario Bros. Wonder jouit d’un cachet absolument unique, résultat d’un soin de tous les diables. Cela faisait longtemps qu’un épisode de Super Mario Bros. ne nous avait pas surpris à ce point.
On aime
- Un cachet unique
- La variété des badges
- Les événements liés aux Fleurs prodiges
- Le mode en ligne
- Le soin apporté à la réalisation
On n’aime pas
- La coop locale reste confuse
- Les nouvelles transformations manquent de folie
Merci d’avoir lu notre test de Super Mario Bros. Wonder sur Switch.
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