Test de Pikmin 4 réalisé sur Switch à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Aventure | Stratégie | Gestion
- Développé et édité par Nintendo
- Switch – 21 juillet 2023
- Entièrement localisé en français – PEGI 7
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Pikmin 4, disponible depuis le 21 juillet 2023 sur Switch, donne suite, presque dix ans après, à l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la maison Nintendo. Mais ce quatrième épisode s’inspire davantage de Pikmin 2 avec le retour de souterrains, la recherche de trésors à convertir en énergie et l’absence d’une limite de temps. Ses ambitions sont toutefois nettement revues à la hausse avec de nombreuses activités et l’introduction d’un compagnon canin qui se trouve au cœur de l’expérience.
Test de Pikmin 4 sur Switch
Après les événements de Pikmin 3, Olimar retourne sur la fascinante PNF-404, qu’il a déjà explorée au cours de Pikmin et Pikmin 2. Et comme d’habitude sur cette planète bleue, l’expédition ne se déroule pas comme prévu. Victime d’un nouveau crash, il recherche les pièces éparpillées de son Dolphin. Et après avoir retrouvé la radio de son vaisseau, il envoie un SOS pour se signaler.
Cependant, l’équipe de secours s’écrase à son tour à l’approche de la planète et un renfort est alors envoyé en tant que dernier espoir. Il s’agit de la jeune recrue, personnalisable, qu’incarne le joueur. Sur place, ses objectifs sont multiples : récolter du Lumium pour redémarrer le vaisseau, ramener les naufragés à la base, suivre la trace du capitaine Olimar… et enquêter sur les mystérieux Feuillus.
On n’est donc plus seul (ou presque) sur PNF-404 puisque des dizaines de personnages se rassemblent finalement autour du Shepherd. On ne retrouve plus exactement le sentiment de parcourir un monde inconnu. L’expérience n’est donc pas toujours aussi poétique que celles que l’on a connues par le passé. L’auto-dérision reste de mise cependant, avec une galerie de personnages tous plus farfelus les uns que les autres. Étonnamment, Pikmin 4 se révèle extrêmement volubile et comporte de très nombreux dialogues.
Les mécaniques s’enrichissent, l’ergonomie s’affine
La façon de jouer à Pikmin 4 n’a pas fondamentalement changé. On dirige toujours des escouades de Pikmin aux propriétés différentes pour combattre et transporter des trésors. Mais de nombreux feutrages augmentent la qualité de vie, à commencer par le path-finding. Il n’y a qu’à relancer les épisodes fondateurs pour se rendre compte de la différence. Les dizaines de créatures ne tombent jamais d’un pont, elles trouvent facilement leur chemin quand on les rappelle, elles ne glissent pas dans l’eau quand elles bordent un lac. Un nectar !
Le Pikmin glace fait en outre son apparition pour la première fois. À plusieurs, ils gèlent la surface des étendues d’eau mais aussi leurs ennemis. Les envoyer en première salve pour immobiliser un adversaire offre un immense avantage stratégique. La principale nouveauté réside cependant dans Otchin, l’excellent pépère qui nous escorte tout au long de Pikmin 4. Ce compagnon canin, quoique bipède, attaque les ennemis, transporte de gros objets, détruit certains obstacles… Le joueur et ses dizaines de Pikmin le chevauchent en s’agrippant à son dos tandis qu’il traverse un lac à la nage ou qu’il franchit quelques plateformes. Il offre donc de nombreuses possibilités d’exploration inédites, verticalisant par la même le level design.
De toute façon, les Pikmin, qui ne rechignent jamais à la tâche, ouvrent toujours de nouvelles voies dans l’environnement. Ici un pont, là un mur d’escalade. La différence est qu’aujourd’hui, le joueur ne doit plus retrouver les pièces manquantes d’une installation dans les décors. Il exploite une ressource, le bien-nommé « matériau brut », que les créatures récoltent pour construire. Par ailleurs, le vaisseau peut s’installer dans différentes zones pour éviter les allers-retours, à condition d’avoir nettoyé la piste d’atterrissage au préalable.
Une progression mieux maîtrisée
Le matériau brut sert aussi à faire évoluer les équipements du joueur et d’Otchin. Tout au long du périple, on achète des améliorations pour augmenter les statistiques et le confort. On obtient notamment de précieux radars pour ordonner aux tire-au-flanc de nous rejoindre sur-le-champ, ou renvoyer toutes les unités auprès du vaisseau quand le soleil se couche. Au fil des sauvetages, Otchin apprend également de nouveaux tours pour s’auto-soigner, nager plus vite, mordre avec plus de puissance…
À ce titre, la structure est légèrement différente des épisodes habituels. À l’image d’Ys VIII: Lacrimosa of Dana, chaque sauvetage donne accès à de nouvelles options (encyclopédies, défis, personnalisation du héros) et à de nouvelles quêtes dans un « village » central. Un rescapé nous demande par exemple de produire × fleurs, un autre d’explorer à 100% × zones. En réalité, ce quartier général n’évolue que trop peu. On aurait aimé que les différents personnages occupent mieux l’espace en construisant des abris, par exemple. Certains d’entre eux sont par ailleurs couverts de feuilles. On les surnomme justement les Feuillus. Pour les soigner, le joueur récolte un nectar pendant la nuit dans une épreuve qui prend la forme d’un tower defense. À cette occasion, Nintendo introduit une autre espèce, le Pikmin luisant, que l’on ne peut invoquer que dans les endroits sombres. Ces séquences rappellent aussi l’action-RPG de Nihon Falcom cité plus haut.
La structure est surtout chamboulée par les oignons qui se révèlent légèrement différents. Ils servent toujours à créer de nouveaux Pikmin contre des jetons. Mais la limite évolue désormais au fil de Pikmin 4. Au début, on ne peut en utiliser que vingt, puis trente, puis quarante et ainsi de suite jusqu’à cent. Des Tétailles augmentent la taille de la petite armée et équilibrent également la difficulté. D’ailleurs, on ne peut utiliser que trois espèces de Pikmin à la fois.
Un contenu gigantesque
Pikmin 4 brille donc surtout par ses quêtes à foison, ses quelques deux-cent-trente-neuf trésors à collectionner, ses quarante-trois civils à secourir, ses six biomes à nettoyer… Parmi ces derniers, seulement quatre sont en réalité obligatoires pour terminer la mission. Le post-game ouvre cependant deux nouvelles régions complètes pour les joueurs exhaustifs. Les nouveaux environnements ne sont pas spécialement originaux, hormis celui qui s’inspire ostensiblement de Tinykin.
Chaque biome regorge en outre de galeries souterraines comme on en trouvait dans Pikmin 2. Il s’agit parfois de donjons mélangeant casse-têtes et combats où le temps ne s’écoule pas. D’autres fois, il s’agit de défis ou de duels Dandori. Au cours de ces épreuves, le joueur doit optimiser sa stratégie pour obtenir le maximum de trésors, donc de points, dans le temps imparti. On se régale des mille-et-une activités disponibles, qui approfondissent chacune le gameplay de Pikmin. Cela se fait néanmoins au détriment de la cohérence du monde qui semble moins organique, chaque épreuve étant cloisonnée.
Deux joueurs peuvent d’ailleurs s’affronter au Dandori, qui fait finalement office de mode bataille. Des objets apparaissent ponctuellement, façon power-up de Mario Kart. D’autres fois, des bonus sont accordés en récoltant un trésor en particulier. Le mode se révèle passionnant mais se réserve aux joueurs avertis pour éviter un trop grand déséquilibre. Notre plus grand regret est finalement l’absence de la coop. Pikmin 3 Deluxe, la version Switch du chef-d’œuvre de Nintendo, introduisait la possibilité de parcourir toute l’aventure ensemble. Aujourd’hui, le deuxième joueur peut seulement viser les ennemis pour leur lancer des cailloux. Cette asymétrie rappelle Super Mario Galaxy dans le même genre et on ne souhaite à personne d’être le « joueur 2 » quand on sait tout le plaisir que procure Pikmin 4.
Notre avis | 9
Pikmin 4 enrichit toutes les mécaniques de gameplay de Pikmin. En introduisant Otchin, l’exploration se révèle plus verticale. Le camp de base balise merveilleusement la progression. Le Dandori met le savoir-faire stratégique des joueurs à rude épreuve. Les mille-et-une activités (souterrains, explorations nocturnes, défis) relancent l’intérêt en permanence. Le monde semble peut-être moins organique, mais le plaisir de jeu ne fléchit jamais, notamment grâce à des améliorations de qualité de vie bienvenues et innombrables.
D’un autre côté, on ne retrouve pas toujours la poésie propre à la série tant les personnages sont volubiles. Mais, après tout, Hocotates comme joueurs commencent à être en terrain connu. L’expérience de Pikmin 4 est donc peut-être moins touchante que celle de Pikmin 3, que l’on considère, aujourd’hui plus que jamais, comme un chef-d’œuvre intemporel. Mais en puisant davantage du côté de Pikmin 2, avec ses nombreux trésors à déterrer, Nintendo place l’accent sur la collection. Partir à la recherche des naufragés et des centaines de reliques s’avère toujours aussi hypnotique.
On aime
- De multiples objectifs
- Otchin change l’approche
- L’ergonomie
- Les tonnes d’activités
- Les nombreuses inspirations
On n’aime pas
- La quantité de textes
- Le monde semble moins cohérent
- L’absence de coop
Merci d’avoir lu notre test de Pikmin 4 sur Switch.








