Test de Xenoblade Chronicles X: Definitive Edition réalisé sur Nintendo Switch à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Action-RPG
- Développé par Monolith Soft | Édité par Nintendo
- Nintendo Switch – 20 mars 2025
- Sous-titré en français – PEGI 12
- Toute l’actualité du jeu | de la série
Bien qu’éphémère dans l’histoire de Nintendo, la Wii U conserve une aura rayonnante grâce à une ludothèque singulière. Le succès de la Nintendo Switch fut notamment permis par le portage progressif des incontournables de la machine, comme Mario Kart 8 Deluxe ou Super Mario 3D World + Bowser’s Fury. Peu de logiciels restent aujourd’hui exclusifs à la regrettée console à la « mablette ». Alors que la trilogie Xenoblade Chronicles s’est rapidement positionnée comme la série de JRPG de référence sur Nintendo Switch, les fans n’avaient qu’une question à la bouche : « quid de l’OVNI Xenoblade Chronicles X » ? Cet opus singulier a retrouvé le chemin de nos salons le 20 mars 2025 au prix de 59,99 €. Monolith Soft en a-t-il profité pour rendre son magnum opus plus confortable à jouer ?
Test de Xenoblade Chronicles X: Definitive Edition sur Nintendo Switch
En 2054, une guerre dévastatrice éclate entre deux espèces extraterrestres en orbite autour de la Terre. Les dégâts au sol sont incommensurables, mais les gouvernements du monde entier ont anticipé cette crise. De gigantesques arches décollent des plus grandes villes du monde, à la recherche d’un salut pour l’humanité. Malheureusement, elles sont détruites pour la plupart. Celle des États-Unis d’Amérique survit miraculeusement aux tirs, avant d’être rattrapée, deux ans plus tard, par ses poursuivants. Endommagée, elle s’écrase sur Mira, planète exotique peuplée de grands monstres. Sur les restes du vaisseau, les habitants font de leur mieux pour survivre face à une faune dangereuse ainsi que leurs assaillants.
Un vaste appel à l’aventure
Dès le lancement de Xenoblade Chronicles X: Definitive Edition, le sentiment d’exaltation se fait ressentir. La musique épique, les falaises découpées et la faune sauvage gargantuesque sont autant d’appels à l’aventure. L’effet « Xenoblade », cette sensation de gigantisme excitante pour la première fois ressentie dans la plaine de Gaur de Xenoblade Chronicles, premier du nom, demeure. Le hors-série qui nous concerne aujourd’hui est de loin le plus vaste des épisodes, mais aussi le plus porté sur l’exploration. Très rapidement, l’utilisateur est amené à choisir une classe de combat, mais également l’une des huit factions du jeu, s’orientant vers des missions de colonisation spécifiques : tuer des monstres dangereux, maintenir l’ordre dans la cité, implanter des sondes sur la carte…
Les missions, les interactions et la micro-gestion sont finement articulées pour tirer parti des paysages explorés au cours de l’aventure. Pour reprendre l’exemple des sondes, il est possible d’en implanter pour créer des raccourcis, mais également pour améliorer la colonie selon le modèle choisi (stockage, gain de ressource, exploration…). Xenoblade Chronicles X: Definitive Edition est rempli de ces contenus annexes, qui s’alimentent les uns les autres. On peut par exemple citer la création et la personnalisation de Skell, les exosquelettes exclusifs à cet opus, qui nécessitent énormément de ressources. La ville de Neo Los Angeles, carrefour de toutes les décisions du joueur, est à ce titre traversée en long, en large et en travers. Tant mieux, ce hub est plutôt agréable à parcourir et bien conçu… malgré des choix musicaux douteux.
Généreux mais laborieux
Aussi vaste et varié soit ce monde, il conserve des côtés laborieux. Tous les systèmes abordés précédemment sont complexes à prendre en main, à commencer par le système de combat. Une pluie de tutoriels inonde pourtant le jeu. Mais comment tout saisir au vol ? Le néophyte peut se sentir débordé. Dépendre de vidéos YouTube pour comprendre l’envergure d’un titre, et avoir la capacité d’avancer confortablement, ne devrait plus être un modèle à suivre en 2025, par respect des joueurs et de leur temps libre.
Et cette effusion d’activités peut s’avérer indigeste pour un public dont le moteur est principalement la trame scénaristique. Xenoblade Chronicles X: Definitive Edition est nettement moins porté par son histoire que les autres épisodes, à tel point qu’on se demande parfois si l’on ne joue pas à un MMORPG de la vieille école, plutôt qu’à un JRPG d’aujourd’hui. La restauration du titre aurait dû mettre l’accent sur la correction de certains aspects. Pourquoi les Skell ne sont-ils accessibles qu’après tant d’heures de jeu ? N’aurait-il pas fallu ajouter des scènes cinématiques plus dynamiques par-ci par-là pour relancer l’intérêt du joueur ? Est-il toujours acceptable de se retrouver bloqué par une quête avant de pouvoir passer à une autre ? Le jeu alterne entre appels du pied à pousser encore plus le temps de jeu, et freins à l’aventure car de nombreux aspects restent mal conçus. Dommage qu’une « Definitive Edition » ne prenne pas ces difficultés à bras le corps.
Finalement, une forme de satisfaction émerge pourtant. Les nouvelles zones découvertes, les améliorations de magasin et les chaines de sonde procurent le sentiment de participer au renforcement d’une colonie faisant face à de nombreux défis. Rarement un jeu solo n’a réussi à incarner autant cet instinct pionnier primaire, et il faut le saluer, bientôt dix ans après la version Wii U.
Des évolutions au cœur du confort de jeu
Heureusement, Xenoblade Chronicles X: Definitive Edition n’est pas dépourvu d’améliorations substantielles. En premier lieu, l’affichage de l’interface a été largement repensé pour être plus digeste, tout en fournissant les informations nécessaires. Des modifications permettent également de simplifier les combats, comme la mise à disposition de Quick Cooldown en nombre limités, afin d’enchainer les attaques spéciales. Le jeu bénéficie aussi d’améliorations graphiques à la hauteur de la Nintendo Switch. Cela se remarque surtout sur certains modèles de personnages, auparavant plus disgracieux. Mais à l’image de nombreuses textures rencontrées en jeu, elles demeurent mi-figue mi-raisin.
Au-delà de ces changements structurels, la qualité de vie est grandement améliorée par de petites touches. Difficile de toutes les citer ici, mais on pense au changement d’heure à la volée depuis le menu, ou l’abaissement du prix de l’artisanat. Comme si le contenu de base n’était pas suffisant, cette édition comporte quelques ajouts scénaristiques, deux personnages et un Skell inédits. Dernier point pouvant avoir son importance : le doublage japonais s’additionne aux voix anglaises, qui était les seules disponibles, initialement, sous nos latitudes.
Notre avis | 7
Après une sortie confidentielle sur Wii U, le Xenoblade le plus singulier fait enfin son retour. Derrière une somme colossale de freins à une prise en main aisée, derrière un scénario toujours aussi vide, se cache, on doit bien l’avouer, un joyau d’exploration. Dès que les multiples microsystèmes commencent à faire sens, le joueur déborde d’activités pour aider sa colonie à grandir et pour protéger le groupe. La restauration aurait pu couvrir plus de défauts, mais elle a le mérite de sublimer cet OVNI pour les publics le découvrant pour la première fois.
On aime
- Une grande aventure
- L’évolution de New Los Angeles
- Des améliorations bienvenues
- Du contenu inédit
On n’aime pas
- Le système de combat confus
- Encore trop de soucis à corriger
- L’histoire peu passionnante
- Des tutoriels à en vomir
Merci d’avoir lu notre test de Xenoblade Chronicles X: Definitive Edition sur Nintendo Switch.







