Test de Street Fighter 6 réalisé sur Xbox Series X à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Combat
- Développé et édité par Capcom
- PlayStation 4 | PlayStation 5 | Xbox Series X | PC – 2 juin 2023
- Sous-titré en français – PEGI 12
- Toute l’actualité du jeu | de la série
Dans les années 90, Street Fighter II constituait un choix naturel chez les joueurs occasionnels. On se retrouvait régulièrement devant la Super Nintendo ou la Mega Drive, comme pour lancer, de nos jours, FIFA 23 ou Mario Kart 8 Deluxe. La complexification des jeux de combat a toutefois laissé une grande proportion du public à quai. Street Fighter est ainsi devenu l’affaire de passionnés, malgré les efforts de Capcom pour réduire le fossé se creusant, au fil des épisodes, entre débutants et vétérans. Aujourd’hui, avec Street Fighter 6, et sans dénaturer trente ans de « VS fighting », l’éditeur semble avoir réalisé le compromis parfait pour que la rue reprenne le pouvoir.
Test de Street Fighter 6 sur Xbox Series X
On aime ou pas Street Fighter V. Mais cet épisode reste l’histoire d’un lancement précipité pour correspondre au calendrier du Capcom Pro Tour. On lui a reproché, à juste titre, son contenu famélique au lancement. L’éditeur a pourtant largement redressé la barre avec, au final, trente-huit personnages et des modes en pagaille. Mais Capcom s’est aussi trompé dans sa communication. En orientant son discours vers l’esport, une partie du public s’est désintéressée du jeu, considérant avec fatalité ne pas être sa « cible ». Pourtant, cet épisode a introduit des mécaniques finalement accessibles, mais le mal était fait.
Lire aussi | Test de Street Fighter V: Champion Edition du 20 février 2020
Avec Street Fighter 6, Capcom remet tout à plat en s’inspirant des mécaniques de Street Fighter IV et Street Fighter V. Mais cette fois-ci, l’éditeur ne lésine pas sur la richesse du contenu au lancement. L’accessibilité est également le maître-mot de cette cuvée 2023, à commencer par une disponibilité sur Xbox Series X, au contraire du cinquième épisode, exclusif à la PlayStation 4. Cette inclusivité se manifeste dans les différents modes disponibles, mais aussi dans le gameplay lui-même.
Des mécaniques accessibles et différentes façons de jouer
Street Fighter 6 tourne effectivement autour de jauges Drive. Ces segments placés sous la barre de vie sont remplis dès le début du combat. Mais en effectuant certaines actions, ils décroissent. On pense particulièrement au Drive Impact grâce auquel le personnage absorbe une attaque, tout en ouvrant la garde de l’adversaire dans un éclat de bombe de peinture. On dispose également de versions Drive des multiples coups spéciaux, dont un Hadōken plus efficace en pressant deux coups de poing au lieu d’un. Le Drive Parry, enfin, permet de se défaire de la plupart des coups en dehors des choppes, avec un timing moins exigeant que dans Street Fighter III.

L’excellente idée de Capcom est de faire cohabiter deux façons de contrôler le jeu. Les vétérans, rompus aux Shoryuken et autres Sonic Boom, préféreront certainement les contrôles classiques. Les nouveaux joueurs peuvent opter pour un mapping simplifié avec des coups respectivement léger, moyen, fort et spécial. Ce dernier change en fonction de la direction du stick, à la manière du bouton B de Super Smash Bros., tandis que tous les Super Arts s’exécutent à l’aide de deux boutons. En maintenant la gâchette, on enchaîne même des auto-combos. Le revers de la médaille est que l’on effectue alors 20% de dégâts en moins par rapport aux commandes traditionnelles. Il existe même une configuration pour les joueurs très occasionnels.
Dix-huit combattants accompagnent le lancement
Par ailleurs, les dix-huit personnages du lancement permettent de trouver un combattant au style adéquat. Nombreux mais surtout variés, ils présentent six nouveaux challengers aux approches très différentes. Par exemple, Jamie pratique la boxe de l’homme ivre tandis que Lily exploite le potentiel du vent. Aussi étonnant que cela puisse paraître, Luke, dernier personnage de Street Fighter V: Champion Edition, occupe l’affiche de ce sixième épisode en tant que Shoto. Souriant et énergique, il accueille même l’avatar du joueur dans le mode World Tour. Il symbolise finalement le passage de témoin d’une génération à une autre.
Les combattants sont les suivants.
Première apparition
- Jamie
- Manon
- Kimberly
- Marisa
- Lily
- JP
Street Fighter V
- Luke
Super Street Fighter IV
- Juri
Super Street Fighter II: The New Challengers
- Dee Jay
- Cammy
Street Fighter II: The World Warrior
- E. Honda
- Blanka
- Chun-Li
- Guile
- Zangief
- Dhalsim
Street Fighter
- Ryu
- Ken

Une première vague de combattants supplémentaires sera distribuée lors de la première saison. On sait d’ores et déjà que Rashid (Street Fighter V), A.K.I. (première apparition), Ed (Street Fighter V) et Akuma (Super Street Fighter II Turbo) étofferont le roster, respectivement cet été, cet automne, cet hiver puis au printemps 2024.
Le Fighting Hub propose de multiples modes de jeu
Ce beau monde peut se confronter dans de multiples modes rangés dans le Fighting Hub, où l’on peut d’ailleurs activer des commentaires, en anglais ou japonais, comme si l’ont jouait à un jeu de sport. Arcade pour dévoiler la galerie, entraînement, versus sur un même écran, équipes et modes en lignes tout à fait classiques sont disponibles dans cette rubrique un peu fourre-tout.
On apprécie tout particulièrement les différents modes d’apprentissage. Les tutoriels sont nombreux, richement expliqués et parfaitement didactiques. Les exemples permettent de visualiser et reproduire un grand panel de situations, pour mieux comprendre le jeu de combat. Des guides sont aussi de la partie, spécifiquement conçus pour tel ou tel personnage. Ceux-ci passent en revue les coups spéciaux, les Super Arts et les stratégies fondamentales et avancées de chacun. Ces documents motivent véritablement à tenter l’expérience avec d’autres combattants, dans un genre où l’on a tendance à rester fidèle à son main, à la vie, à la mort. De nombreux défis de combos, à la difficulté croissante, sont toujours présents.

Un mode extrême, enfin, prend la forme d’un party game où les combats sont ponctués de règles extravagantes. Par exemple, une vachette peut traverser l’arène pour gêner la combat, rappelant Intervilles à notre bon souvenir. Dans un autre, les concurrents doivent effectuer des actions très spécifiques (3 × Drive Impact, 2 × mettre l’adversaire au sol…) pour remporter la victoire. Le « très grand » public peut participer à la fête grâce aux contrôles dit « dynamiques » avec lesquels d’incroyables coups spéciaux sortent en quelques pressions.
Le Battle Hub prend la forme d’un espace communautaire
Néanmoins, le jeu en ligne prend surtout place du côté du Battle Hub. Cette rubrique prend la forme d’une immense salle d’arcade où les joueurs peuvent interagir, discuter et s’affronter, en matchs amicaux ou classés, voire en tournoi. Au cours de notre test, on n’a jamais rencontré de difficulté à trouver un adversaire. Quand au netcode Rollback, il s’est toujours montré exemplaire y compris contre les adversaires les plus éloignés du serveur (en Russie) ou contre des joueurs pratiquant sur d’autres plateformes que nous.
On peut activer le matchmaking automatique, ou préférer s’asseoir devant l’une des dizaines de borne en attendant un vis-à-vis. D’ailleurs, une zone du Battle Hub regroupe des classiques de Capcom, disponibles en temps limité. Au cours de ce mois de lancement, Street Fighter II: The World Warrior est à l’affiche aux côtés de Final Fight. Un troisième titre tourne quotidiennement. Le jour de la rédaction de cet article, 6 juin 2023, il s’agissait du shoot ’em up Savage Bees. La veille, c’était SonSon. On peut les pratiquer librement en free play, ou en partie classée avec un seul crédit. Quelle merveilleuse idée pour rendre hommage à l’un des patrimoines les plus riches de l’arcade.

D’autres zones ne sont pas encore disponibles, telle la boutique d’accessoires pour personnaliser son avatar. Mais on peut déjà utiliser ce dernier pour affronter celui des autres joueurs sur l’arène au milieu du Battle Hub. Il conserve alors la progression du joueur du mode World Tour.
Le World Tour est un monde semi-ouvert pour les solistes
Avant de se lancer dans le jeu en ligne, on peut effectivement préférer le World Tour, un mode solo à la profondeur inouïe. Les jeux de combat avec un tel soin apporté à leur campagne sont extrêmement rares, et leurs titres sont aussi légendaires que SoulCalibur ou Super Smash Bros. Ultimate. Excusez du peu. Celui de Street Fighter 6 prend la forme d’un monde semi-ouvert où l’avatar personnalisé du joueur recherche la véritable « force ». Au cours de son entraînement, il est confronté aux Mad Gear, une organisation criminelle de Metro City.
Cette mégapole issue de Final Fight regorge d’activités et donne souvent l’impression de traîner dans un Like a Dragon. Le périple de l’avatar est ponctué de combats au beau milieu de la rue, mais il est aussi possible de défier n’importe quel passant à la recherche de la « force ». De cette manière, le joueur peut engranger de l’expérience et déverrouiller de nouvelles compétences. On peut également participer à de nombreux mini-jeux, sous la forme de jobs. L’argent sert à acquérir de nouveaux équipements qui ont des répercussions statistiques mais aussi esthétiques. L’auto-dérision est de mise quand l’avatar et ses grandes oreilles de lapin défie en plein China Town Michaela qui, derrière son apparence d’expert-comptable, souhaite en réalité en découdre.

Au fil de sa progression, le joueur côtoie les maîtres de Street Fighter : Luke, Chun-Li etc. En réalisant diverses quêtes, on apprend leurs différents styles et coups spéciaux pour composer une palette d’attaques personnalisée. De cette manière, rien n’empêche de créer son combattant ultime avec le style de Luke, capable d’utiliser un Spinning Bird Kick ou le Shoryureppa en guise de Super Art. Les Actions Maîtres servent d’ailleurs à explorer de nouveaux horizons en traversant des obstacles. Seul, ce mode d’une vingtaine d’heures serait un « jeu vidéo vraiment sympathique ». Accompagné de tout le reste de Street Fighter 6, on est estomaqué devant la générosité de Capcom.
Plus loin | Lire aussi le test de Taikenban
Notre avis | 10
Street Fighter V, très bon jeu de combat au lancement catastrophique, a servi de leçon à Capcom. Aujourd’hui, Street Fighter 6 est exemplaire à tous les niveaux. Son système de Drive est aussi profond qu’accessible, les nouveaux personnages sont rafraîchissants, les modes sont riches et variés, le volet technique du jeu en ligne est irréprochable… Cerise sur le gâteau : le World Tour offre un monde semi-ouvert d’une vingtaine d’heures où personnaliser son combattant. Vétérans comme débutants ont à boire et à manger et de nombreux angles pour aborder ce colosse du jeu de combat.
À moins d’être allergique à l’ambiance hip-hop ou d’avoir une profonde aversion pour le genre, comment résister à cette ode au « VS fighting » ? En fonction du suivi de l’éditeur, que l’on imagine irréprochable en se fiant au volet précédent, et si la street répond présente, Street Fighter 6 pourrait devenir le nouveau champion de sa catégorie, détrônant jusqu’au mythique Street Fighter II: The World Warrior.
On aime
- Accessible pour les débutants
- Les tutoriels et les guides
- Profond pour les vétérans
- La gestion du Drive
- Les différentes façons de jouer
- La variété du roster
- La fraîcheur des nouveaux personnages
- L’aspect communautaire
- Les classiques du game center
- Le mode World Tour
- La personnalisation de l’avatar
- L’ambiance hip-hop
On n’aime pas
- Pas de version française pour les commentaires




