Test de « Samurai Maiden » sur PC. SHADE Inc. sait-il produire des jeux où le fan service passe au second plan ?

Tsumugi Tamaori, une lycéenne ordinaire, est transportée à l'ère Sengoku. Elle rencontre Oda Nobunaga au cours de l'incident du Honnō-ji.

Test de Samurai Maiden réalisé sur PC à partir d’une version fournie par l’éditeur.

  • Hack and slash | Beat ’em all | Action-RPG
  • Développé par SHADE | Édité par D3 Publisher
  • Sortie prévue le 8 décembre 2022
  • PlayStation 4 | PlayStation 5 | Switch | PC
  • Ne comporte pas de sous-titres en français
  • PEGI 12
  • Toute l’actualité du jeu

Avec des productions telles que Bullet Girls Phantasia ou Kandagawa Jet Girls, SHADE Inc. s’est forgé une solide réputation… dans le fan service. Mais avec Samurai Maiden, cet aspect du studio passe finalement au second plan. Ses mécaniques de gameplay sont-elles suffisamment solides pour occuper les premiers rôles ? Malgré sa simplicité, Samurai Maiden procure du plaisir par le jeu, et non pas uniquement par l’attractivité de ses héroïnes.

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Test de Samurai Maiden

Tsumugi Tamaori est une lycéenne ordinaire subitement transportée à l’ère Sengoku. Elle voyage malgré elle jusqu’à l’incident du Honnō-ji et rencontre Oda Nobunaga avant son assassinat. Sur place, trois shinobi sont formelles. Elles se réunissent à cet endroit et à cet instant pour accueillir la Prêtresse de l’Harmonie. Son rôle est de vaincre le Seigneur des Démons qui menace d’engloutir le monde et d’altérer le futur. Tsumugi et ses puissantes alliées se mettent alors en route pour les Enfers.

Quoique simple, l’histoire occupe une grande place de Samurai Maiden car les dialogues sont très nombreux. On observe d’ailleurs un grand déséquilibre entre les scènes cinématiques et les niveaux eux-mêmes. Il n’est pas rare que le joueur traverse des tunnels de textes d’un quart d’heure en préambule d’un chapitre, alors que le temps de jeu effectif ne s’élève qu’à trois ou quatre minutes. Tous les niveaux ne sont pas aussi courts, heureusement.

Ces multiples discussions servent avant tout à exposer les personnages. Beaucoup prennent l’apparence de bavardages inutiles, mais l’accent est avant tout placé sur les héroïnes et leurs relations. On comprendrait parfaitement que certains joueurs préfèrent les passer, d’autant plus que Samurai Maiden ne bénéficie pas d’une localisation en français. On le regrette forcément étant donnée sa volubilité.

Son système de combat procure-t-il du plaisir ?

Le système de combat est cependant très simple à aborder. Au début du jeu, Tsumugi ne dispose que d’une paire de combos. Le titre peut faire penser à un Musō allégé car beaucoup d’ennemis ont la réactivité d’un santon. Mais au fil de la progression, leur agressivité se développe et les compétences de l’héroïne aussi. Elle doit d’ailleurs s’appuyer sur le ninjutsu de ses amies pour gérer au mieux les différents combats.

On est effectivement accompagné des trois shinobi évoquées auparavant. Quand Tsumugi attaque, leurs jauges respectives se remplissent, permettant d’intervenir ponctuellement. Il est possible de les invoquer de la même manière que les strikers de The King of Fighters, par exemple. Elles possèdent aussi chacune des compétences uniques. L’une d’entre elles peut se servir d’objets de soin, de bombes, de leurres… Une autre possède un grappin permettant de traverser certains précipices, ou d’attirer des coffres ou ennemis à soi. La dernière peut soulever et jeter des explosifs du décor.

Mais en réalité, on n’utilise pas toujours l’arsenal à disposition, car notre jeune épéiste apprend elle-même de nombreux mouvements. L’argent permet de faire évoluer son équipement. Les relations enseignent de nouveaux combos, une parade, des attaques mid-air et autres quick recover. Pour augmenter sa proximité avec l’une ou l’autre, le joueur doit simplement les utiliser au maximum au cours des combats. Quand on atteint certains paliers, des saynètes se déclenchent et les romances évoluent.

Quelle place occupe le fan service dans Samurai Maiden ?

Samurai Maiden prend donc la forme d’une œuvre yuri où l’héroïne développe des sentiments pour ses partenaires. Est-il adressé à un public lesbien ? On n’a pas toujours cette impression car certaines discussions relèvent effectivement du fan service. Le dossier oppai est par exemple ouvert et débattu. L’homosexualité n’est d’ailleurs jamais désignée franchement. Elle est plutôt suggérée avec des rires nerveux, des rougissements et des déclarations à demi-mot. On peut légitimement souffler du nez devant des comportements aussi hétéronormatifs, alors que l’amour entre femmes est censé se trouver au cœur du jeu.

Au moins, on se réjouit de l’exposition des héroïnes, représentées déterminées. Tsumugi a beau être une lycéenne ordinaire, accro au téléphone et au lèche-vitrine comme elle le prétend intra-jeu, elle n’en demeure pas moins forte. Elle sait effectivement manier le sabre avec habilité. Elle apprend notamment les arts martiaux auprès de son grand-père, dans son monde à elle. Les autres shinobi sont aussi des expertes de leurs domaines respectifs et ne servent aucunement de faire-valoir. À ce titre, la protagoniste n’hésite pas à fermer le caquet d’Oda Nobunaga, daimyo ou pas.

Pour le reste, Samurai Maiden n’est pas excessif dans son fan service, bien au contraire. Le jeu ne présente aucun caractère sexuel et le chara-design, quoique séduisant, ne s’appuie jamais sur la nudité partielle des héroïnes. Le PEGI 12 attribué au titre semble de circonstance. Les personnages font parfois des sous-entendus, et particulièrement Hagane. Mais ça ne va jamais plus loin.

La réalisation trahit-elle le petit budget du projet ?

D3 Publisher est notamment connu pour son label de petits prix, mais Samurai Maiden n’en fait pas partie. Pourtant, la réalisation trahit souvent le petit budget du projet. On pense aux environnements assez pauvres et répétitifs surtout. On retrouve souvent, d’un niveau à l’autre, les mêmes éléments de décor. SHADE Inc. a au moins soigné les graphismes. Même si les lieux sont génériques, ils sont aussi très propres et on ne s’en lasse pas.

Le studio a surtout mis l’accent sur les personnages, encore une fois. Dans un style anime, les modélisations sont très détaillées et les visages sont expressifs. On pense aussi aux nombreuses animations, au cours des dialogues, qui donnent beaucoup de caractère aux personnages. Même intra-jeu, on est admiratif sur le travail effectué sur plusieurs éléments. Les cheveux de l’héroïne, par exemple, sont étonnamment réalistes quand elle se déplace. On pense aussi au mouvement de sa jupe avec une physique des tissus inhabituellement crédible.

Reste un level design d’une grande faiblesse. Les niveaux sont majoritairement courts et de nombreux murs invisibles barrent la progression. Malgré quelques zones secrètes, Samurai Maiden est de toute façon très linéaire. Cela ne l’empêche pas d’être assez riche en contenu. Le jeu comporte vingt-sept chapitres et quinze niveaux bonus. Il faut compter une douzaine d’heures environ pour le terminer. On peut y revenir pour améliorer son score, mais aussi dénicher tous ses collectables, des concept arts ou des objets supplémentaires. Pour les plus courageux enfin, on débloque des degrés de difficulté supérieurs après un run puis deux.

Captures d’écran © D3 Publisher

Notre avis | 6

Note : 6 sur 10.

Contrairement aux autres jeux de SHADE Inc., Samurai Maiden n’est pas autant porté par le fan service. Cette œuvre yuri a toutefois des difficultés à s’assumer en tant que telle. On n’échappe de toute façon pas à certains sous-entendus mais qu’importe. Le titre met à l’affiche des jeunes femmes fortes, déterminées et habiles au sabre. Le gameplay, assez chiche de prime abord, s’étoffe petit à petit. Cependant, l’équilibrage entre combats et dialogues favorise surtout ces derniers. L’histoire n’étant pas follement passionnante, le joueur peut ronger son frein. Mais malgré la pauvreté du level design et des environnements génériques, le plaisir est bien présent. Il est d’ailleurs renforcé par des personnages richement détaillés, dans leurs modélisations et leurs animations. Samurai Maiden prouve en tout cas les capacités de SHADE Inc. à produire des jeux, tout en délaissant légèrement le fan service.

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