Test de Pikmin 1+2 réalisé sur Switch à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Stratégie | Gestion
- Développé et édité par Nintendo
- Switch – 21 juin 2023
- Entièrement localisé en français – PEGI 7
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À un mois jour pour jour de la sortie de Pikmin 4, fixée au 21 juillet 2023, Nintendo déterre les deux épisodes qui sont à l’origine de la série pour la Switch. Cette duologie, symbolique des années GameCube, est disponible au téléchargement via l’eShop et bénéficiera d’une édition physique à partir du 22 septembre 2023.
Pikmin et Pikmin 2 sont initialement sortis en 2001 et 2004. Commercialisés ensemble à l’occasion de cette compilation, ils paraissent inséparables comme Shenmue et Shenmue II ou Baten Kaitos : Les Ailes éternelles et l’Océan perdu et Baten Kaitos Origins. Mais en réalité, les deux titres sont extrêmement différents. Les presque trois ans qui séparent leurs sorties ont permis à Nintendo de corriger quasiment tous les défauts de l’épisode fondateur. S’il fallait rapprocher Pikmin 2 d’un autre jeu, ce serait finalement du troisième avec lequel il partage d’innombrables points communs.
Test de Pikmin 1+2 sur Switch
Dans Pikmin, on incarne le Capitaine Olimar, astronaute venu d’Hocotate qui s’échoue sur PNF-404, une planète inexplorée. Pour réparer sa fusée, il recherche d’abord les pièces éparpillées de l’appareil et les transporte grâce aux Pikmin, créatures indigènes mi-faune mi-flore. Dans Pikmin 2, le Capitaine, accompagné de Louis, retourne sur PNF-404 pour essuyer les obligations de l’entreprise qui l’emploie. Cette dernière s’est endettée à hauteur de dix-mille Pokos et seuls les trésors de la mystérieuse planète bleue, dénichés par les deux explorateurs, pourraient remettre les compteurs à zéro.

Pikmin pose les bases de la série
Aujourd’hui, le premier Pikmin parait forcément désuet. Pourtant, le temps qui passe n’a que très peu altéré le plaisir qu’il procure. Ce sont surtout ses suites qui lui donnent désormais l’apparence d’un premier jet. Quand il est sorti pourtant, il s’avérait révolutionnaire avec son gameplay imitant les jeux de stratégie tout en se passant d’un pointeur souris. Pour regrouper les Pikmin, le Capitaine Olimar donne un coup de sifflet. Pour les mettre en mouvement, il les projette ou les dirige. Les unités sont produites via un Oignon, qui sert d’incubateur, alimenté par des palets colorés que l’on ramasse dans les fleurs ou sur les dépouilles des ennemis. Les contrôles sont intuitifs et l’on passe des Pikmin rouges aux jaunes et bleus le plus simplement du monde.
Le titre est effectivement construit autour des différentes espèces, possédant chacune ses propres compétences. Les jaunes sont plus légers et atteignent des zones plus élevées. Les bleus sont amphibies et explorent les fonds d’une flaque d’eau. En jonglant ainsi entre ses différents bataillons, le Capitaine Olimar explore PNF-404 de plus en plus profondément. Toutefois, sa recherche des trente pièces de sa fusée est limitée à trente jours intra-jeu, n’invitant que rarement à la flânerie dans des environnements pourtant bucoliques.
Cette contrainte est le principal reproche formulé à Pikmin, mais il n’est pas le seul. Le titre présente également quelques problèmes d’ergonomie et de path-finding, qui sautent aux yeux de nos jours. Il manque aussi de profondeur par certains aspects. Pour sa suite, Nintendo prendra son temps puisqu’elle ne sortira que trois ans après, en s’appuyant sur le moteur et les bases de game design de ce premier volet.

Avec Pikmin 2, tous les aspects progressent
Au contraire, Pikmin 2 ne semble absolument pas dépassé et il tient toujours la dragée haute à l’excellent Pikmin 3 Deluxe. Son gameplay est nettement enrichi par diverses mécaniques. Tout d’abord, deux espèces font leur apparition : les Pikmin violets et les blancs. Les premiers sont particulièrement costauds et soulèvent dix fois la charge qu’un Pikmin peut transporter. Les seconds résistent au poison et détectent les trésors enfouis. De plus, le joueur contrôle désormais deux « capitaines » et peut passer à loisir de l’un à l’autre.
Cet épisode se révèle brillant grâce à ses donjons souterrains. Ici et là, des sortes de fourmilières ouvrent la voie à tout un nouveau monde, regorgeant de mille-et-un trésors. Ces niveaux sont généralement ardus mais variés. Mais comme le cycle jour/nuit n’a pas d’influence en ces lieux, on peut prendre son temps pour les terminer à 100%. Les trouvailles sont évocatrices et rappellent sans cesse l’univers de Nintendo. On déniche, par exemple une disquette de Nazo no Murasame Jō sur Famicom Disk System. On obtient plus tard un Love Tester qui sert ici de sonar.
Pikmin 2 débride surtout la limite des trente jours qui planait sur le premier. En l’occurrence, le joueur peut explorer PNF-404 tant qu’il le souhaite pour récupérer tous les collectables et finir l’aventure à 100%. Les combats sont également moins difficiles pour certains. Aujourd’hui, ce véritable chef-d’œuvre est donc largement plus abordable que l’épisode fondateur.

Des versions définitives sur Switch
Quand des classiques sont portés sur différents systèmes, on perd parfois des contenus ou des fonctionnalités au fil des sorties. Mais Pikmin 1+2 s’appuie sur les versions Wii de la collection « Nouvelle façon de jouer ! » et comporte toutes leurs améliorations. Les contrôles sont donc plus souples, notamment pour trier et lancer ses espèces. Dans le cadre du premier épisode, on apprécie remonter les jours pour corriger une sortie qui aurait pris trop de temps, par exemple. Les Joy-Con remplacent enfin la Wiimote pour quiconque préfère le motion gaming, mais les commandes plus classiques sont suffisamment intuitives.
Visuellement, la résolution monte pour correspondre aux standards de la Switch. Quelques textures paraissent grossières en 2023, notamment dans le premier épisode. Mais la vue est suffisamment éloignée pour ne pas trop dénoter avec Pikmin 2 et Pikmin 3 Deluxe. On émet néanmoins une réserve sur les performances. Au contraire de SwitchUp et comme dans Super Mario Sunshine, on a remarqué des chutes de framerate de temps en temps, particulièrement dans Pikmin 2. Celles-ci sont en réalité mineures et n’entachent jamais la lisibilité.
Concernant les éditions, Pikmin 1+2 sont disponibles au téléchargement via l’eShop, séparément ou en compilation. Ensemble, ils coûtent 49,99 €. À l’unité, 29,99 € chacun. Pour notre part, on se réjouit de retrouver ces deux piliers de l’histoire de Nintendo mais on comprendrait que certains préfèrent n’en acquérir qu’un seul, pour des raisons de temps ou de budget. À quiconque aimerait découvrir la série aujourd’hui par l’intermédiaire de ces deux-là, on conseille donc plutôt le deuxième épisode qui améliore l’expérience en tout point. Le 8 de la note finale s’applique surtout à ce dernier. Pour le premier, on attribuerait plutôt un 7.

Notre avis | 8
Pikmin 1+2 donnent l’occasion de se replonger dans les épisodes fondateurs de cette série de stratégie. Le premier paraît un peu désuet et souffre surtout de la comparaison avec le deuxième épisode. Celui-ci améliore en tout point l’expérience et on le considère comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre de l’éditeur. Particulièrement riche, véritable ode à l’histoire de Nintendo et infiniment moins contraignant, il est toujours à la hauteur des standards de 2023. L’un et l’autre profitent de toute façon des améliorations de la collection « Nouvelle façon de jouer ! » de la Wii. Dans tous les cas, cette compilation représente une opportunité de découvrir les origines de la série… ou de patienter jusqu’à la sortie de Pikmin 4, désormais imminente.
On aime
- Deux classiques de Nintendo
- Toutes les améliorations de la collection « Nouvelle façon de jouer ! »
- Des portages solides
- La richesse de Pikmin 2
On n’aime pas
- Les contraintes du premier Pikmin
- Quelques chutes de framerate
- Le prix à l’unité




