Test de Gylt réalisé sur Xbox Series X à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Horreur | Action/aventure | Infiltration
Développé et édité par Tequila Works | Porté par Parallel Circles | Distribué par Just For Games - Stadia – 19 novembre 2019
PlayStation 5 | PlayStation 4 | Xbox Series | Xbox One | PC – 6 juillet 2023
Nintendo Switch – 14 mars 2024 - Entièrement localisé en français – PEGI 12
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Le 6 juillet 2023, Gylt, un temps exclusif à Stadia, fait son retour sur PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One, Xbox Series X et PC. Grâce aux portages de Parallel Circles, le jeu d’horreur de Tequila Works, inaccessible depuis la fermeture du service de jeu en streaming, est à nouveau disponible auprès du grand public. Il eût été regrettable que celui-ci disparaisse dans les limbes du numérique. Quoique très académique, Gylt se distingue notamment par le soin particulier apporté à ses environnements.
Test de Gylt sur Xbox Series X
Dans Gylt, la jeune Sally recherche désespérément sa cousine Emily, disparue depuis un mois. Victime de harcèlement scolaire, elle s’évapore du jour au lendemain sans laisser de traces derrière elle. Mais tandis que l’héroïne continue de coller des affichettes signalant son absence, elle est elle-même prise à partie par un groupe de jeunes crapules. En s’évadant, Sally emprunte un funiculaire pour rentrer dans son quartier et se retrouve, malgré elle, dans une version distordue de son monde. Et à travers une fenêtre de son collège, elle distingue curieusement Emily.
Un jeu d’horreur extrêmement classique
Gylt ne fera certainement pas date pour ses mécaniques de jeu, manquant cruellement d’originalité. Dans la plus grande tradition du genre, Sally résout de petits casse-têtes, s’infiltre dans le dos des différentes créatures et combat ponctuellement. La structure est cependant bien conçue. La collégienne récupère des objets au fil de sa progression, offrant de nouvelles capacités et ouvrant de nouvelles zones. Avec la lampe-torche par exemple, elle éblouit des plantes qui, quand elles disparaissent, déverrouillent de nouveaux passages. Plus tard, un extincteur neutralise les vapeurs qui s’échappent des tuyaux, empêchant d’avancer.
Pour se défendre et à l’image d’Alan Wake, la collégienne utilise la lumière. Elle inflige des dégâts en pointant le faisceau vers de multiples parties du corps des monstres. Rien n’empêche d’éviter la confrontation mais comme les munitions ne manquent pas, on n’est jamais pénalisé en recherchant l’affrontement. On peut aussi préférer les attaques furtives, extrêmement efficaces, en se glissant à l’arrière de certaines créatures. Pour celles qui sont invincibles, il suffit de les immobiliser quelques secondes.
Tequila Works a favorisé la fluidité de la progression au détriment du sentiment d’urgence. Comme Gylt est dans l’ensemble facile, on a rarement l’impression d’être pris au piège. Les consommables abondent, la sauvegarde automatique ne ramène pas loin en arrière et Sally dispense quelques indices quand une énigme entrave son avancée. On ne reste donc jamais bloqué au cours d’une aventure d’environ six heures. Les joueurs exhaustifs ont tout de même des annexes à découvrir, avec de multiples collectables à récolter en ouvrant l’œil. Ils sont obligatoires pour décrocher la meilleure fin.
Des environnements particulièrement soignés
Tequila Works a néanmoins réalisé un travail consciencieux sur les diverses localités de la diégèse : collège Bachman, salle d’arcade avoisinante, gymnase… Le level design manque parfois de verticalité mais il se révèle intelligent et parfaitement lisible. La narration environnementale tire profit des nombreux mannequins de bois qui peuplent l’école, pour décrire les scènes de harcèlement subies par Emily. Les murs sont couverts de « mots doux » à son attention, évoquant ses souffrances quotidiennes. À ce titre, l’ambiance est particulièrement sombre, malgré un chara design dans la veine des productions Pixar.
Les plages sonores sont notamment très lourdes, dans le cadre d’une bande-son brillante et pour cause. Elle est signée Cris Velasco, spécialiste de l’horreur qui a notamment contribué à ZombiU, Bloodborne ou encore Resident Evil 7: Biohazard. On regrette que les pistes soient un peu longues à démarrer ou s’arrêter pour signaler l’occurrence d’un affrontement. Mais elles sont soulignées par des doublages en français immersifs. La douceur de la voix de Sally est souvent compensée par les répliques de quelques ennemis doués de parole et un sound design suggérant le danger.
En fin de compte, on peut se questionner sur le public de Gylt. Est-il plus accessible que Silent Hill et autres Project Zero pour les joueurs les plus sensibles ? Sa difficulté particulièrement faible et l’absence de violence visuelle en font un jeu d’horreur abordable. Mais il ne s’adresse pourtant pas une audience « familiale » comme un Luigi’s Mansion. Ses thématiques créent le malaise, l’esthétique des monstres peut effrayer les plus jeunes et toutes les fins ne sont pas heureuses pour Sally et Emily. Les vétérans y verront sans doute un jeu d’horreur sans éclat, légèrement désuet mais suffisamment soigné pour s’immerger dans sa noirceur.
Notre avis | 7
Gylt, longtemps exclusif à Stadia, est enfin disponible sur de nouvelles plateformes. Les curieux découvriront un jeu d’horreur assez classique, démodé parfois, mais bien rythmé. En l’absence de véritable difficulté, la progression est particulièrement fluide au cours des six heures de jeu qui constituent l’aventure. On apprécie le soin apporté aux environnements et à l’ambiance. Malgré son esthétique cartoon, Gylt ne se destine toutefois pas à un usage familial. Ses thématiques et sa noirceur peuvent heurter les plus jeunes mais il reste aussi nettement plus abordable que d’autres jeux d’horreur. Il lui manque toutefois un soupçon d’originalité pour laisser une impression durable. Peut-être que l’idée derrière le titre était justement de fédérer avec une expérience familière mais soignée.
On aime
- La fluidité de la progression
- La narration environnementale
- La qualité de la bande-son
- Les doublages en français
On n’aime pas
- Trop académique
- Des mécaniques légèrement désuètes





