mardi 4 octobre 2022
Tests et aperçusTest de Cuphead: The Delicious Last Course. Cette gourmandise dégage-t-elle les mêmes saveurs qu'il y a cinq ans ?

Test de Cuphead: The Delicious Last Course. Cette gourmandise dégage-t-elle les mêmes saveurs qu’il y a cinq ans ?

Test de Cuphead: The Delicious Last Course réalisé le 7 juillet 2022 sur PC à partir d’une version fournie par l’éditeur.

  • Développé et édité par Studio MDHR
  • Initialement sorti le 30 juin 2022
  • PlayStation 4, Xbox One, Switch et PC
  • Sous-titré en français
  • Compatible Steam Deck

Studio MDHR a pris tout son temps pour concoter le DLC de Cuphead puisqu’il a fallu attendre cinq ans pour enfin y goûter. Celui-ci comporte de nouveaux combats et un personnage inédit, déjà aperçu dans la série Netflix. Après tout ce temps, les développeurs ont-ils respecté la recette de leur glorieux boss rush ? Cette extension n’est peut-être pas aussi copieuse qu’on l’aurait espéré, mais on avoue s’être délecté avec chacune de ses miettes.

Test de Cuphead: The Delicious Last Course

Dans The Delicious Last Course, Cuphead et Mugman voguent vers une nouvelle île Aquarelle. Les deux frères ont pour quête d’y rassembler des ingrédients magiques pour le chef Lasalière, qui leur promet de redonner vie à la pétillante Mme Calice. Elle peut d’ailleurs combattre à leurs côtés grâce au biscuit astral qui permet à son esprit de se matérialiser. Cela donne lieu à de nouveaux affrontements tous plus épiques les uns que les autres.

Quel est le contenu de Cuphead: The Delicious Last Course ?

Pour accéder au DLC, le joueur doit d’abord avoir visité un premier mausolée dans le jeu de base. Il peut dès lors se rendre sur la nouvelle île quand bon lui chante. Celle-ci comporte un total de sept nouveaux combats de boss, dont un n’est accessible qu’en réalisant une quête secondaire. Cette fois, Studio MDHR n’a pas inclus de niveau run and gun. Ceux-ci étaient certainement les plus difficiles à réaliser, sans être les plus marquants d’autre part. On a cependant droit à un combat façon shoot ‘em up. Sept combats de boss, seulement ? Cela peut effectivement sembler peu, mais dans la plus grande tradition de Cuphead, il faut avant tout passer par une phase d’apprentissage de leurs motifs d’attaque. En fonction du joueur, la durée de vie de The Delicious Last Course oscille donc entre trois et quatre heures bien remplies.

Quelques défis annexes sont également de la partie et leur particularité est d’empêcher le joueur de tirer. On ne doit alors faire confiance qu’à sa parade. Pour rappel, Cuphead, Mugman et Mme Calice sont capables, avec le bon timing, d’absorber les projectiles et les ennemis teintés de rose. Au cours de ces défis, les ennemis possèdent justement un point faible de cette couleur qu’il convient de toucher à répétition. À l’issue de chaque épreuve, on obtient des pièces à dépenser à la boutique pour obtenir les nouveaux équipements.

Car le DLC est accompagné de trois nouvelles armes pour Cuphead et sa bande et on a particulièrement apprécié le fragmenteur. Celui-ci prend la forme d’un tir droit et puissant qui, si toutefois il n’atteint aucune cible, se transforme en projectile autoguidé. On a également accès à de nouveaux charmes, dont le biscuit astral déjà évoqué plus haut. Celui-ci permet tout simplement d’incarner Mme Calice en lieu et place de Cuphead ou Mugman. Si on l’utilise, il est impossible d’équiper un bonus à sa place mais ce nouveau personnage facilite en réalité grandement le jeu.

Comment ce DLC change-t-il l’approche de Cuphead ?

On est presque tenté d’écrire que Mme Calice incarne une sorte de « mode facile » de Cuphead, même si la difficulté reste relevée quoi qu’il en soit. Son gameplay n’est pas fondamentalement différent de celui de ses compères, mais elle possède de nouveaux mouvements qui enrichissent les possibilités d’esquive. À commencer par un double-saut qui permet de s’extirper de mauvaises situations. L’héroïne possède aussi une roulade d’urgence, façon Dark Souls, qui lui offre quelques frames de répit. Mais son meilleur atout est son dash qui rend les parades de projectiles et ennemis de couleur rose beaucoup plus commodes.

Mais on aurait tort d’imaginer que The Delicious Last Course puisse être une promenade de santé. Même dans ces conditions, les combats sont extrêmement brutaux avec de multiples effets visuels pour troubler la lisibilité du joueur. Les nouveaux boss ont d’ailleurs été imaginés en tenant compte des mouvements de Mme Calice. Peut-être faut-il considérer que Cuphead et Mugman constituent le « mode difficile », plutôt que l’inverse ? Dans tous les cas, le joueur est obligé de terminer les niveaux dans le mode de difficulté normal pour obtenir les ingrédients qu’il convoite. On doit donc se frotter aux patterns les plus dangereux pour espérer voir la fin.

La principale différence avec le jeu de base, comme expliqué plus tôt, est l’absence de run and gun. Ici, on n’a droit qu’à des combats de boss qui semblent plus démesurés encore qu’auparavant. Lorsque l’on vient à bout d’une phase, il n’est pas rare que le niveau change complètement de décor. Par exemple, nos héros de céramique affrontent un géant du nom de Grandbougon. Après deux vagues successives d’attaques en tout genre, celui-ci avale littéralement Cuphead, Mugman ou Mme Calice. Le combat se poursuit alors dans sa glotte ! Ces changements de paradigme produisent un effet spectaculaire et on n’imagine qu’à peine le travail abattu par le studio pour arriver à ce résultat.

Retrouve-t-on l’esprit du Cuphead original ?

Le sens du détail qui caractérisait Cuphead parait ici encore plus maniaque qu’auparavant, sans compter que les développeurs ont en plus appris depuis. Cela explique partiellement les cinq ans de développement qui séparent le jeu de base de The Delicious Last Course. Les sprites sont absolument gargantuesques, les animations sont d’une finesse complètement délirante et chaque élément qui apparaît à l’écran fait l’objet d’un soin tout particulier. Studio MDHR a par exemple poussé le vice à distinguer les projectiles les uns des autres, avec des apparences subtilement différentes. Et si l’on peut décemment parler d’orfèvrerie quand on évoque l’aspect visuel, que dire des réglages du gameplay ? Les combats sont tout simplement réglés comme du papier à musique et on ne doit jamais sa défaite à la malchance.

On retrouve aussi l’impression de voyager dans le temps, avec un mélange d’univers que l’on croirait venus des années 30. Inspirée par Richard Fleischer, Walt Disney ou les frères Warner, l’esthétique de Cuphead fait toujours mouche. Cela nous a d’autant plus marqué que Netflix a depuis diffusé la première saison du Cuphead Show. Studio MDHR n’en a tenu compte que très partiellement, semble-t-il. Les personnages paraissent curieusement moins espiègles, notamment Mme Calice qui crève pourtant l’écran dans le dessin animé. Non, The Delicious Last Course reste Cuphead, tel qu’on l’a connu et adoré en 2017. Et si le jeu de base était un véritable festin, ce DLC prend davantage la forme d’une pâtisserie, moins copieuse mais infiniment plus raffinée aussi.

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