Test de 428: Shibuya Scramble réalisé sur PC à partir d’une version commerciale.
- Roman visuel
- Développé et édité par Spike Chunsoft | Distribué par Koch Media
- Wii – 4 décembre 2008 (Japon)
PlayStation 3 – 3 septembre 2009 (Japon)
PlayStation Portable – 17 septembre 2009 (Japon)
Android | iOS – 3 novembre 2011 (Japon)
PlayStation 4 – 4 septembre 2018 (États-Unis) | 21 septembre 2018 (Europe)
PC – 4 septembre 2018 - Ne comporte pas de sous-titres en français – PEGI 16
- Toute l’actualité du jeu
Les 4 et 21 septembre 2018, 428: Shibuya Scramble est sorti sur PC puis PlayStation 4 au prix de 49,99 €, pour la première fois sous-titré en anglais. Le roman visuel de Spike Chunsoft est notamment célèbre pour avoir reçu la note parfaite de 40/40 dans le magazine Weekly Famitsu.
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Test de 428: Shibuya Scramble sur PC
Dans la célèbre collection Sound Novel de Chunsoft, 428: Shibuya Scramble se distingue par sa note parfaite dans le magazine japonais Famitsu. Il devenait alors le neuvième jeu à y obtenir le score de 40/40. Cette aura mythique lui vaut une localisation en anglais au détour de portages PC puis PlayStation 4, presque dix ans après sa sortie initiale sur Wii. Sa sortie chez nous était loin de constituer une évidence tant le contenu à traduire dans ce genre d’expérience est titanesque. seul Banshee’s Last Cry, alias Kamaitachi no Yoru, y e eu droit sur iOS.
Attention, spoilers
L’auteur de ce texte s’engage à divulguer le moins d’information possible concernant l’intrigue, mais il peut tout de même contenir des spoilers gâchant le plaisir de la découverte. Si vous souhaitez jouer à 428: Shibuya Scramble dans les meilleures conditions possibles, on vous conseille de reporter votre lecture.
Un successeur de Machi
428: Shibuya Scramble est un successeur de Machi, initialement sorti sur Saturn en 1998. Également produit par Koichi Nakamura, il n’en est pas la suite parce qu’il n’a aucun lien scénaristique avec ce dernier, si ce ne sont quelques références à ses événements. Mais les deux romans visuels prennent place dans le même univers fictif, tout comme Time Travelers de Level-5 dont l’action se déroule en 2031.
Machi et 428: Shibuya Scramble se ressemble d’ailleurs esthétiquement car ils sont illustrés par de nombreuses photos. Cette représentation graphique les distingue grandement des romans visuels d’alors, souvent dans un style anime plus traditionnel. Le joueur a plutôt l’impression de suivre une série en prise de vues réelles, avec des acteurs en chair et en os pour donner vie aux personnages. 428: Shibuya Scramble est également entrecoupé de quelques séquences vidéo mais elles sont très rares par rapport au nombre affolant de clichés qui servent la mise en scène.
Cinq intrigues qui s’entremêlent
428: Shibuya Scramble raconte l’histoire de cinq personnages dont les destins ne cessent de s’entrecroiser et de s’influencer. En japonais, « 428 » peut être lu « shi-bu-ya » et fait référence au célèbre arrondissement de Tokyo où se déroule l’intégralité de l’histoire, comme l’explique le sous-titre « Fūsa Sareta Shibuya de » soit « bloqué à Shibuya ». Maria Osawa a été enlevée quelques heures avant le début de l’histoire et ses ravisseurs réclament une rançon de cinquante millions de yens devant la statue d’Hachiko. Ils exigent que sa sœur jumelle, Hitomi Osawa, leur remette l’attaché-case contenant l’argent liquide. Malgré les nombreux policiers qui encadrent l’échange, les kidnappeurs tentent également d’enlever cette dernière qui prend la fuite, pour une course-poursuite haletante de dix heures et impliquant la sécurité de Shibuya tout entier.
Personnages

Achi Endo
Achi est le fondateur du gang S.O.S qui a vocation à protéger Shibuya dont il est profondément amoureux. Il a depuis quitté le groupe mais il continue de défendre ses terres en ramassant les déchets. Il n’est pas le genre à ignorer quelqu’un dans le besoin et, par le plus grand des hasards, il se retrouve mêlé à l’histoire d’Hitomi Osawa qu’il aide à s’enfuir.

Shinya Kano
Shinya fait partie des détectives déployés sur les lieux de la demande de rançon. Encore débutant, il s’inspire de son mentor Tateno dont il a consigné les conseils dans son calepin. Courageux, il agit avant tout en faveur de la sécurité civile. En même temps que son enquête sur l’enlèvement de Maria Osawa, il gère les colères de son futur beau-père qui refuse de lui céder la main de sa fille Rumi.

Tama
Cette jeune femme amnésique décroche un emploi de mascotte pour vendre une boisson de régime miraculeuse : le Burning Hammer. À cause de la fermeture éclair défectueuse de son costume, elle reste coincée quelques heures dans la peau d’un énorme chat. Elle espère gagner suffisamment d’argent auprès de son employeur douteux pour mettre la main sur un collier qu’elle semble reconnaître dans la vitrine d’une ressourcerie.

Minoru Minorikawa
Ce journaliste, à l’estime de lui-même infinie, porte secours à un ami qui doit urgemment boucler un magazine en crise. Il fait sortir de leurs gonds la plupart des personnes avec qui il interagit mais il faut lui reconnaître beaucoup de talent pour flairer les scoops. Cela le mène tout naturellement vers l’histoire principale de 428: Shibuya Scramble. Son verbe est irritant et ses manières sont fâcheuses.

Kenji Osawa
Kenji est le père de Maria et Hitomi, les jumelles au cœur de l’intrigue de 428: Shibuya Scramble. Il fait partie des dirigeants de l’entreprise Okoshi Pharmaceuticals où il étudie le virus Ua. Pendant l’intrigue, il est obligé de demeurer à son domicile pour aider un groupe de détectives à la recherche de Maria. Pourtant austère et seulement intéressé par ses recherches, il est un grand fan de l’artiste J-pop Aya Kamiki.
Des choix qui s’entrechoquent
Ces différents personnages ont des histoires qui ne cessent de se croiser et les actions des uns se répercutent chez les autres. À l’aide d’un organigramme, le joueur sélectionne le scénario dans lequel il souhaite progresser. Mais il ne faut jamais oublier qu’une action peut encombrer la progression d’un autre. Les choix sont extrêmement nombreux et il est parfois difficile de jongler entre les différentes propositions. On n’imagine pas toujours les répercussions que provoque le battement d’aile d’un papillon. Pour schématiser le déroulement de 428: Shibuya Scramble, on peut l’imaginer ainsi : cinq lignes de chemin de fer parallèles transportent chacune un personnage. Mais les rails sont parsemés de déviations et les personnages s’entrechoquent. K’histoire ne peut alors plus progresser. Pour éviter cela, le joueur doit aiguiller chacun d’entre eux de sorte qu’il progresse sans accroc jusqu’à la fin de l’aventure.
L’organigramme au cœur du gameplay
D’un côté, 428: Shibuy Scramble est plutôt pauvre question gameplay, par rapport à d’autres romans visuels qui multiplient les interactions. On pense aux Ace Attorney et leurs enquêtes et procès, aux Zero Escape et leurs séquences d’évasion ou aux Professeur Layton et leurs innombrables énigmes. De l’autre, les titres à pousser aussi loin la gestion de l’organigramme du scénario sont rares. Avec 428: Shibuya Scramble (puis Virtue’s Last Reward et Zero Time Dilemma plus tard), Spike Chunsoft intègre le « flowchart comme l’élément central du gameplay. Cette partie généralement cachée des aventures narratives est ici pleinement exposée au joueur qui doit s’en saisir pour que la progression se déroule correctement.
Une progression heure par heure
Cela dit, un personnage ne peut guère progresser bien loin sans que les autres histoires n’avancent elles aussi. 428: Shibuya Scramble est conçu comme une saison de 24 heures chrono et les événements se déroulent d’heure en heure. Au départ, le joueur ne joue que de 10 à 11 h, avant d’avoir accès au segment suivant, d’11 à 12 h. Et ainsi de suite jusqu’à 20 h. Pour passer à l’étape suivant, chaque personnage doit avoir atteint la limite dans le segment en cours. Puis le joueur peut entamer le nouveau segment et guider ses personnages vers l’heure suivante.
Au sein même des segments, il n’est pas rare que la progression d’un personnage soit barrée par des bandes jaunes de police portant la mention « Keep out ». Pour les déverrouiller, il faut « sauter » d’un scénario à un autre lorsque le nom d’un personnage est évoqué, ce qui permet de garder toutes les histoires à peu près au même niveau. Parfois, il faut fouiller un peu et être sur les bons rails pour trouver l’option de saut adéquate… ce qui est plus facile à dire qu’à faire. Dans le segment final, notamment, le joueur tâtonne jusqu’à déverrouiller deux nouveaux pans complets et inattendus qui accélèrent l’histoire.
Quatre-vingt-quinze fins
Un autre point sur lequel se distingue 428: Shibuya Scramble est son nombre de fins : il en existe un total de quatre-vingt-quinze. Quatre-vingt-cinq d’entre elles sont mauvaises ; on les découvre en cas de mauvais aiguillage. Certaines sont particulièrement brutales, comme un personnage qui reçoit un coup de feu avant que mort s’en suivre. Mais d’autres sont à se tenir les côtes. Quelques-unes dépassent l’imagination comme cette fin où les personnages sont… aspirés dans la dimension parallèle des chats.
Toujours est-il qu’à chaque mauvaise fin, les développeurs proposent un indice pour l’éviter en expliquant pourquoi celle-ci apparaît. Par exemple, il peut être expliqué que votre personnage a raté son objectif à cause de sa rencontre avec untel à 15 h 15. Le joueur doit alors faire en sorte d’éviter cette rencontre en remontant le temps sur l’organigramme et en modifiant un choix avec le bon personnage.
Les dix fins restantes sont considérées comme les « bonnes ». En réalité, il n’y a qu’une seule et unique véritable conclusion, et quelques fins bonus pour les perfectionnistes. Pour suivre la meilleure d’entre elles, le joueur doit au préalable avoir débloqué cinquante mauvaises fins. Quant à ceux qui souhaitent obtenir les fins bonus, il n’y a pas d’autre solution que de déverrouiller toutes les mauvaises fins. Cela confère à 428: Shibuya Scramble un contenu d’une richesse exemplaire et rare pour un roman visuel.
Des contenus annexes
Deux scénarios complémentaires permettent de densifier l’histoire en s’intéressant particulièrement à deux personnages dont il est souvent question dans 428: Shibuya Scramble, mais que l’on ne croise jamais. Le deuxième scénario bonus est particulièrement intéressant puisqu’il n’est pas mis en scène par des photos mais par des illustrations de type anime, incluant aussi des doublages, contrairement au reste du jeu. Il permet notamment d’introduire Canaan, l’anime dont les 13 épisodes ont été diffusés au Japon en 2009, avant d’être adapté en manga puis en light novel.
En plus de l’histoire principale, le joueur peut découvrir vingt-deux épisodes spéciaux pour approfondir certains personnages, notamment les secondaires. La moitié d’entre eux se déverrouille au cours d’un quiz plutôt relevé. L’autre moitié requiert d’entrer un code à des moments-clés, ce qui est quasiment irréalisable sans une solution complète. Un autre scénario écologique et plus léger, difficile à débloquer sans suivre un guide également, déverrouille un mini-jeu bonus : un « remake » du tout premier titre de Koichi Nakamura, Door Door. En l’occurrence, il ne propose qu’une poignée de niveaux mais il s’agit toujours de faire disparaître des ennemis derrière des portes ouvertes que l’on referme avant qu’ils ne s’échappent.
Cent-vingt-mille photos
Le travail d’écriture est titanesque mais il faut aussi saluer le travail d’illustration hors du commun. Pour réaliser 428: Shibuya Scramble, plus de cent-vingt-mille photos ont été prises. Les shootings se sont étalés sur soixante jours et ont mobilisé des dizaines de comédiens. En débloquant une fin cachée, le joueur peut visualiser une courte vidéo dévoilant l’envers du décor.
Opter pour des photos plutôt que des illustrations est un choix radical pour un roman visuel. Cela demande un travail minutieux, pour que les coiffures, les vêtements ou tout simplement la météo ne diffèrent pas d’une photo à l’autre. On décèle pourtant jamais de faux raccord et le montage a été réalisé avec brio. Il faut bien se rendre compte que chaque scène, chaque souvenir, chaque discussion, chaque émotion contient ses propres clichés. Il n’y a pas de recyclage, ni de photo de remplissage et les réalisateurs n’ont jamais triché pour se faciliter la tâche. Du début à la fin, le travail abattu est époustouflant.
La sélection de photos est d’ailleurs excellente puisque chaque cliché montre quelque chose d’intéressant. Il y a des plans urbains saisissants, des gros plans, des plans larges, des photos en pleine lumière, d’autres dans la pénombre. Il y a aussi quelques clichés qui saisissent un instant cocasse du shooting et qui se retrouvent dans le jeu, comme la scène poilante où Minoru Minorikawa dévore ses spaghettis.
L’absence de fan service se remarque
À ce propos, les choix graphiques de 428: Shibuya Scramble sont très urbains et ne laissent que peu de place au fan service. On en trouve régulièrement dans ce genre de production, ne serait-ce que dans les Zero Escape. Une star de la vie réelle fait néanmoins son apparition intra-jeu : il s’agit de la chanteuse J-pop Aya Kamiki. En plus d’entendre sa chanson Sekai wa Sore Demo Kawari wa Shinai à plusieurs reprises (plusieurs téléphones portables l’ont en sonnerie et elle sert de générique), elle apparaît réellement au cours de l’aventure. Mais son rôle n’a aucune incidence sur le déroulement de 428: Shibuya Scramble. Ou presque…
Les vidéos sont rares, les doublages absents
Un point qui peut décevoir au premier abord est la rareté des vidéos. Les bandes-annonces laissent pourtant croire qu’elles sont plus nombreuses. Il n’y en a que très peu et elles n’existent que pour des événements-clés de 428: Shibuya Scramble. Elles ne durent d’ailleurs que quelques secondes chacune. Mais des vidéos auraient obligé un travail supplémentaire sur le jeu d’acteur qui, s’il n’avait pas été à la hauteur, aurait pu ruiner la mise en scène du jeu. Voilà sans doute la raison pour laquelle il n’y a pas de doublage non plus. De ce fait, les musiques composées par Naoki Satō et Hideki Sakamoto prennent une place cruciale, puisqu’elles accélèrent ou ralentissent le rythme. Des morceaux sont vraiment réussis pour poser une ambiance glaçante ou loufoque.
Différents registres narratifs
Malgré tout, la réussite de 428: Shibuya Scramble ne se résume pas à la qualité de sa réalisation. Son incroyable histoire, écrite par Yukinori Kitajima (Nine Hours · Nine Persons · Nine Doors, différents épisodes d’Ace Attorney…) n’est pas étrangère au succès du roman visuel. En plus d’être parfaitement bien construite, elle réserve quelques surprises. Ce qui démarre comme un enlèvement presque traditionnel se transforme en complot d’une tout autre échelle. La narration est d’ailleurs intéressante parce que chaque personnage s’inscrit dans un genre littéraire différent. L’histoire de Kenji Osawa relève de l’horreur psychologique, celle de Shinya Kano s’apparente à un thriller tandis que Tama, le seul scénario qui soit raconté à la première personne, évoque le slapstick au cinéma.
Une narration qui évolue
Le ton de 428: Shibuya Scramble évolue pendant les dizaines d’heure de jeu et les premières sont à mourir de rire. Avec son côté kitsch et ses gags, il fait mouche. Puis le ton se durcit en même temps que les événements s’aggravent et, sans que l’on ne s’en rende compte, on est complètement happé par la gravité de la situation. La tension devient palpable et les éclats de rire se transforment en larmes, parce que plusieurs passages sont à ce point émouvants. 428: Shibuya Scramble bénéficie du célèbre savoir-faire japonais qui mélange aussi habilement l’humour et la tragédie.
Le contexte du jeu est en plus régulièrement enrichi par des explications de nombreux termes, dans la veine de Steins;Gate. Leur occurrence est parfaitement maîtrisée et les développeurs se jouent parfois du lecteur. En plus de briser le quatrième mur, elles consolident également la gestion du rythme.
Une relation étroite avec les personnages
Les personnages, enfin, sont attachants. C’est-à-dire qu’après autant d’heures passées en leur compagnie, le joueur crée des liens très étroits avec chacun d’entre eux, notamment parce qu’ils évoluent au cours de l’intrigue. Kenji Osawa, par exemple, n’est pas gâté par le scénario mais, au lieu de sombrer dans le désespoir, il décide de reprendre en main sa vie de famille. De nombreux personnages secondaires sont tous plus fascinants les uns que les autres, notamment Yoshio Kajiwara, le détective qui possède littéralement plus d’une banane dans sa poche… ou le fameux Jun’ichi Yanagishita, qui vogue d’un échec commercial à un autre.
Une fin cathartique
À ce propos, la fin de 428: Shibuya Scramble laisse place à un sentiment de vide. L’envie de connaître « l’après » est étonnamment puissante. C’est peut-être l’un des rares griefs que l’on pourrait opposer au titre. Étant un one shot, il ne donne pas vie à ses personnages passionnants dans une autre aventure. Cela étant, s’il n’existe pas de suite en jeu vidéo à 428: Shibuya Scramble, un anime se déroulant deux ans plus tard a bel et bien été produit. Il se concentre sur Canaan, un personnage-clé du scénario, et on y retrouve plusieurs têtes bien connues.
Lire aussi | Qu’est-ce que « Canaan », l’anime qui fait suite au légendaire « 428: Shibuya Scramble » ?
Notre avis | 9
428: Shibuya Scramble est enfin disponible en anglais. Sans s’en rendre compte, le joueur finit happé par les cinq intrigues. Il doit littéralement les démêler pour faire progresser le scénario. Au-delà de l’écriture d’une finesse inouïe et aux registres narratifs variés, la réalisation par photographies, loin des carcans du roman visuel plus traditionnel, suscite l’émotion. Un chef-d’œuvre, tout simplement.
On aime
- Une légende du roman visuel enfin localisée en anglais
- La réalisation à l’aide de milliers de photographies
- La richesse des cinq intrigues
- L’organigramme que l’on manipule encore et encore
On n’aime pas
- L’absence de version française
- L’absence de doublages
Merci d’avoir lu notre test de 428: Shibuya Scramble sur PC.











Très bon article ! Grosse envie d’y jouer maintenant 🙂