Test de Prinny Presents NIS Classics Volume 2: Makai Kingdom: Reclaimed and Rebound / ZHP: Unlosing Ranger vs. Darkdeath Evilman

Test de Prinny Presents NIS Classics Volume 2 réalisé le 6 mai 2022 à partir d’une version Switch fournie par le distributeur.

Nippon Ichi Software est bien décidé à faire briller un patrimoine dont il est fier. Deux compilations sont déjà disponibles sur Switch et PC (Prinny 1•2: Exploded and Reloaded et Prinny Presents NIS Classics Volume 1), tandis qu’un troisième volume se profile déjà. Prinny Presents NIS Classics Volume 2 qui nous intéresse aujourd’hui regroupe deux titres relativement proches sur les plans visuel et humoristique : Makai Kingdom: Reclaimed and Rebound et ZHP: Unlosing Ranger vs. Darkdeath Evilman. Manette en main toutefois, ces deux classiques sont en réalité très différents l’un de l’autre.

Plus loin | Test de Prinny Presents NIS Classics Volume 2 par Firelith sur For What It’s Worth

Test de Prinny Presents NIS Classics Volume 2

Attention, spoilers. L’auteur de ce texte s’engage à divulguer le moins d’information possible concernant les intrigues de Makai Kingdom: Reclaimed and Rebound et ZHP: Unlosing Ranger vs. Darkdeath Evilman, mais il peut tout de même contenir quelques spoilers gâchant le plaisir de la découverte. Si vous souhaitez jouer à Prinny Presents NIS Classics Volume 2 dans les meilleures conditions possibles, on vous conseille de reporter votre lecture de cet article.

Makai Kingdom est-il un classique de la maison Nippon Ichi Software ?

Makai Kingdom: Reclaimed and Rebound raconte l’histoire de Zetta, le tyran du fameux Netherworld. Sachant que son royaume est destiné à la destruction par une prophétie, il se rend à la bibliothèque interdite pour renverser la vapeur. Il apprend dans un tome sacré que sa stupidité serait la cause de la destruction du monde et détruit alors le livre dans un accès de rage. Trop tard. Ce faisant et comme le prédit l’oracle, il se rend compte que la réalité est sur le point d’être détruite. En dernier recours, il fusionne avec le tome pour tenter de reconstruire le monde, épaulé par d’autres seigneurs hauts en couleur.

Un anti-héros aussi énervant que sympathique, des enjeux apocalyptiques en permanence dédramatisés, des mécaniques de tactical-RPG entre dérision et démesure, jusqu’à la présence même du Netherworld : les habitués de Disgaea ne seront pas dépaysés… à quelques détails près. La gestion de la traditionnelle base d’opération s’avère notamment différente. Un peu à la manière de Phantom Brave, on invoque ses alliés en transformant des objets aux propriétés différentes. La pierre bénéficie d’un bonus de défense, les fleurs d’intelligence etc. Au fur et à mesure de l’avancée, différents bâtiments s’ajoutent afin de fournir des services variés, comme l’achat d’équipement et de soins.

Doit-on y voir un Phantom Brave avec un skin Disgaea ?

En combat, les déplacements sont plus « ouverts ». On peut déplacer les personnages dans un cercle défini par sa position initiale, comme dans Phantom Brave une fois de plus. Cette option apporte plus de confusion que d’avantages cependant. Les alliés peuvent se retrouver entassés en petits tas difficiles à gérer. Au demeurant, ces unités sont diversifiées, tant par leurs classes que par les équipements qui peuvent leur être transmis. Le score est important pour finir une mission et les points ne sont pas attribués qu’en combattant. Porter et jeter des objets, alliés et ennemis hors de la carte est au cœur du système. Utilisée habilement, cette technique permet aussi de gagner de nouveaux équipements, causer des dégâts supplémentaires et débloquer des portions de niveaux en plus surtout.

Ainsi, les arènes commencent souvent dans un mouchoir de poche pour devenir des coupe-gorges à rallonge. Cette approche est intéressante car elle nécessite beaucoup d’adaptation de la part du joueur. Malheureusement, la génération procédurale ne fait pas de miracle. Les cartes manquent souvent de sens et sont complètement décorrélées des phases de narration. Quelques options facilitent la tâche, comme l’invocation de bâtiments et la présence de véhicules. D’autres surprises sont au programme, mais la formule globale synthétise astucieusement les mécaniques de Phantom Brave et Disgaea.

Quel genre de jeu est ZHP: Unlosing Ranger vs. Darkdeath Evilman ?

L’histoire de ZHP: Unlosing Ranger vs. Darkdeath Evilman se résume à l’affrontement entre ces deux guerriers. Unlosing Ranger est le plus grand des héros, mais son trépas dans un accident stupide laisse la terre à la merci du terrible Darkdeath Evilman. Dans ses derniers instants, le héros passe le flambeau à monsieur Tout-le-monde, qui devient malgré lui le dernier espoir de l’humanité. Alors que le Super Bébé se charge de gagner du temps en contenant Darkdeath Evilman, le nouveau Ranger doit apprendre ses gammes afin de vaincre une fois pour toute la menace qui pèse sur le monde… quitte à passer de multiples fois à trépas pour être invoqué à nouveau.

L’univers de ZHP (pour Zettai Hero Project) est un étrange mélange entre My Hero Academia et le regretté Viewtiful Joe. Question gameplay, Nippon Ichi Software s’aventure du côté du dungeon-RPG et du rogue-lite. Certaines obsessions du studio, comme l’humour ravageur et la surenchère de contenus visant à « casser » les règles du jeu, restent présentes. Pour le reste, le joueur incarne uniquement le héros, en se déplaçant case par case. Les ennemis par défaut n’attaquent pas le joueur, sauf lorsqu’il rentre dans leurs champs de vision. Dès lors, ils le suivent mouvement après mouvement. Toute la stratégie consiste donc à éviter de se trouver encerclé et à prévoir les déplacements pour limiter les coups reçus… tout cela en dosant sa jauge de Hit Points qui diminue à chaque dégât, et d’énergie qui se réduit au fil des actions réalisées.

Apporte-t-il un vent de fraîcheur sur le catalogue Nippon Ichi Software ?

Pour progresser, le joueur peut récupérer de nouveaux équipements au sein des donjons. Les armes notamment fournissent des attaques et compétences supplémentaires, et peuvent servir d’arme de lancer dans leur dernier souffle. Des véhicules sont aussi à disposition pour éviter certains pièges. Le jeu est riche de ses possibilités, particulièrement grâce à sa base d’opération qui grandit peu à peu. On repart du niveau 1 après la mort, tout en perdant l’intégralité des équipements. Mais le héros conserve quelques statistiques, notamment via un système de processeur similaire au damier de Final Fantasy XII.

ZHP: Unlosing Ranger vs. Darkdeath Evilman est probablement le plus original des deux titres de la compilation. On le considère même comme le plus amusant dans sa proposition. Il est à noter néanmoins que, dans les conditions du test, de multiples crashs se sont produits en cours de donjon. Ces derniers ont régulièrement occasionné la perte de la progression non-sauvegardée. Si NIS America ne déploie pas de correctif à la sortie, les parties pourraient se révéler plus frustrantes qu’elles ne devraient l’être. Makai Kingdom: Reclaimed and Rebound n’est quant à lui pas concerné par ces plantages.

Quelles nouveautés apporte la compilation Prinny Presents NIS Classics Volume 2 ?

Il ne faut pas s’attendre à des bouleversements majeurs avec cette collection. Le principal avantage est de disposer de ces jeux sur un support récent, Switch ou PC. Les versions PlayStation 2 et PSP ne sont malheureusement plus faciles d’accès de nos jours. Une localisation française n’est malheureusement pas à l’ordre du jour.

ZHP: Unlosing Ranger vs. Darkdeath Evilman présente pour la première fois des doublages anglais et japonais, mais reste fidèle à la version d’origine. Makai Kingdom: Reclaimed and Rebound comprend quant à lui les nouveautés de la version PSP, notamment le mode Petta qui permet d’incarner la fille de l’anti-héros. Il reste dommage que le travail d’optimisation et de lissage demeure superficiel. Les situations de combats sont globalement lisibles, mais les illustrations et cinématiques ont pris un coup de vieux sur grand écran. Au-delà de ces considérations techniques, la diversité et la richesse des deux titres suffisent en réalité pour que du contenu supplémentaire ne soit pas nécessaire.

Makai Kingdom: Reclaimed and Rebound

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