Test de Red Dead Redemption réalisé sur Xbox Series X à partir d’une version commerciale.
- Action/aventure | Monde ouvert
- Développé par Rockstar San Diego | Édité par Rockstar Games | Porté par Double Eleven
- PlayStation 3 | Xbox 360 – 18 mai 2010
PlayStation 4 | Switch – 18 août 2023 - Sous-titré en français – PEGI 18
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Red Dead Redemption ne brille pas seulement par son Metascore à 95, il a aussi obtenu de très multiples récompenses. Cet immense classique de Rockstar San Diego est souvent considéré comme l’un des mondes ouverts les plus influents de la « septième génération de consoles ». Douze ans après, à l’heure des SSD et des résolutions 4K, ce western est-il toujours aussi immersif ? Grâce au programme de rétrocompatibilité Xbox, il n’a jamais été aussi plaisant de se perdre dans l’Ouest américain.
Test de Red Dead Redemption sur Xbox Series X
Le joueur incarne John Marston, ancien hors-la-loi en quête de rédemption. Plutôt que de l’envoyer derrière les barreaux, le gouvernement américain lui ordonne d’acheter sa liberté en traquant d’anciens frères d’armes. Cette chasse à l’homme, qui se déroule entre les États-Unis et le Mexique en pleine Conquête de l’Ouest et à l’aube de la Révolution mexicaine, donne l’impression de faire partie de l’Histoire.
Red Dead Redemption est-il rebutant aujourd’hui ?
Red Dead Redemption est souvent trahi par son âge. De nombreux éléments de gameplay paraissent aujourd’hui légèrement désuets, dont ses contrôles en particulier. John Marston est effectivement « lourd » et le maniement du cheval n’est pas toujours commode. L’ergonomie pourrait aussi bénéficier d’une refonte, qu’il s’agisse de l’inventaire, de la mini-carte ou du journal de quêtes. Mais il ne faut pas pour autant s’imaginer un jeu d’une époque révolue parce que le titre est de toute façon très accessible. En plus de la sauvegarde automatique, on peut passer certains passages trop difficiles en choisissant de sauter un point de contrôle. On peut aussi activer une assistance à la visée très efficace qui permet de faire mouche à chaque tir.
Et si la structure reste relativement classique pour un monde ouvert, avec de nouvelles missions principales et annexes qui apparaissent au fil de la progression, Red Dead Redemption se révèle finalement unique en son genre. Si l’on excepte sa suite, rares sont les westerns à donner autant l’impression de vivre la vie des cowboys. Au ranch des McFarlane, John Marston escorte le bétail. Au détour d’un saloon, un alcoolique provoque le joueur en duel. On peut aussi passer du temps à jouer aux cartes, à capturer et dresser des chevaux ou dans des salles de cinéma d’époque. L’aventure principale est assez courte mais on peut choisir de se perdre dans l’Ouest grâce aux nombreux à-côtés.
Comment l’écriture prend-elle le pas sur les mécaniques de jeu ?
En réalité, les mécaniques de jeu n’ont pas une si grande importance dans Red Dead Redemption. Comme dans Shenmue par exemple, on oublie vite les limites du gameplay et ses quelques désagréments car on s’intéresse davantage à l’intrigue ainsi qu’au lore. La narration est exemplaire avec un dosage minutieux de révélations dans chaque mission principale. Ainsi, le joueur est tenu en haleine et toujours motivé à faire progresser sa sauvegarde.
Les différents arcs narratifs sont d’ailleurs finement écrits. Ceux-ci ne construisent pas seulement le scénario mais aussi le monde de Red Dead Redemption. Ils dépeignent l’Ouest américain de 1911, de l’escroc qui vend ses potions contre tous les maux à l’anthropologue-cocaïnomane qui ne voit dans les natifs qu’un sujet d’étude. Via le prisme de la rédemption de John Marston, de nombreux thèmes sont abordés, du droit des femmes à l’oppression des opposants politiques. Il n’est pas rare que l’on ait l’impression d’écrire l’Histoire puisque l’on participe même à des conflits d’envergure, comme dans Metal Gear Solid 4: Guns of the Patriots. Ces moments iconiques donnent de la substance à l’univers du jeu et favorisent par la même l’immersion.
Mais en marge des péripéties inoubliables qui ponctuent Red Dead Redemption, Rockstar San Diego parvient à changer de paradigme dès que la routine du monde ouvert s’installe. Le joueur est amené à traverser la frontière et perd tous ses repères, puis il revient en Amérique dans un environnement différent encore. Les surprises ne manquent pas jusqu’à l’épilogue, l’un des plus spectaculaires jamais écrits. On devrait l’étudier dans toutes les écoles de jeux vidéo.
Le volet technique n’agit-il pas comme un élément de distanciation ?
La question technique se pose malgré tout, puisque le titre date tout de même de 2010. Et on reconnaît que les modélisations sommaires de certains PNJ dénotent par rapport à celles des protagonistes. Mais les décors sont toujours aussi fabuleux tant d’années après. C’est-à-dire que Red Dead Redemption se déroule majoritairement dans des régions désertiques où les villages sont parsemés de bicoques. Les environnements sont donc souvent vides et sauvages avant tout.
On doit enfin reconnaître que la direction artistique n’a pas son pareil. Les panoramas et les jeux de lumière restent époustouflants et il n’y a pas plus grisant que chevaucher dans la pampa, tandis que le soleil se couche à l’horizon, comme un cowboy solitaire. L’émotion est d’ailleurs soulignée par une bande-son qui n’a rien à envier aux classiques du western spaghetti. Quelques chansons retentissent aux moments-clés pour transcender l’expérience, comme le fera tout aussi habilement Death Stranding bientôt une décennie après.
La version d’origine est néanmoins difficile d’accès aujourd’hui. Sur PlayStation 3 et Xbox 360, le titre paraît à l’étroit avec son verrouillage à 30FPS, ses 720p et ses temps de chargement un peu longuets. Mais grâce à la rétrocompatibilité Xbox, il est parfaitement possible d’en profiter en 4K et quasiment sans temps d’attente, toujours en 30FPS néanmoins. Dans ces conditions, Red Dead Redemption n’a pas à rougir face aux jeux qu’il a inspirés, dont son « prologue », Red Dead Redemption II. L’expérience est encore plus immersive qu’à l’époque, grâce à des éléments de distanciation amoindris. On regrette seulement que ce chef-d’œuvre de Rockstar San Diego soit cantonné aux consoles Xbox car un classique de ce calibre doit être disponible au plus grand nombre. Qui sait si Take-Two n’envisage pas cette possibilité d’ici 2025 ?
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Notre avis | 9
Malgré un deuxième épisode extraordinaire, Red Dead Redemption procure toujours un plaisir intact. Ce monde ouvert, qui a déjà douze ans au moment du test, passe merveilleusement l’épreuve du temps. Son gameplay peut sembler un peu lourd parfois, mais il favorise largement l’immersion. Sa grande variété de missions donne véritablement l’impression de vivre sa vie de cowboy. Mais il bénéficie aussi et surtout d’une écriture d’une finesse inouïe. Le développement de John Marston provoque un attachement au personnage que l’on ne pourra jamais oublier. Et grâce à la rétrocompatibilité Xbox, on peut toujours profiter de ce chef-d’œuvre aujourd’hui. Malgré son âge, la grande majorité de ses panoramas font toujours le même effet. Si l’on excepte le deuxième épisode sorti en 2018, Red Dead Redemption est l’expérience la plus aboutie parmi les westerns du jeu vidéo.




