dimanche 13 juin 2021
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Test de Raging Loop : le loup est parmi nous

Test réalisé à partir d’une version fournie par PQube sur PC (Core i5-3470, 16 Go de RAM, GeForce GTX 1060 6 Go)

Développé par Kemco et édité par PQube
Sorti le 18 octobre 2019 et disponible sur PlayStation 4, Switch et PC

Perdu sur les routes de montagne, un motard tokyoïte se retrouve par hasard dans le minuscule village de Yasumizu, aussi singulier qu’inhospitalier. Dès qu’un épais brouillard s’y lève, les habitants ont un étrange rituel : ils doivent démasquer et pendre les loups parmi eux, à raison d’un par jour. Ces derniers tentent en revanche d’éliminer tous les villageois, un par nuit au maximum, sans être démasqués. Et comme par hasard, le brouillard se lève.

Les mécanismes sont les mêmes que dans le jeu de société Loups-garous (ou Mafia) avec différents humains qui ont des rôles de gardiens : le serpent peut connaître la nature de n’importe quel individu, une fois par nuit. L’araignée peut protéger n’importe quel humain pour une nuit également, le corbeau peut identifier la nature des défunts tandis que les deux singes se connaissent l’un l’autre, ce qui les lave de tout soupçon.

L’histoire s’appuie sur ces ressorts scénaristiques et les effets de surprise fonctionnent à merveille. À la manière de Zero Escape ou DanganRonpa qui mettent aussi en scène des jeux macabres, il faut évidemment survivre au massacre mais aussi découvrir les mystères qui se cachent derrière ce rituel surnaturel.

Les révélations se font petit à petit et le dosage est assez intelligent pour toujours donner envie de poursuivre sa partie. Les dialogues sont bien écrits et donnent beaucoup de personnalité aux différents personnages, pour lesquels on accorde autant de sympathie que de méfiance, surtout au cours des fameuses réunions où l’on décide de qui pendre. En fonction de ses choix, le joueur accède à de nombreuses mauvaises fins : on meurt souvent et il faut expérimenter beaucoup de souffrances pour découvrir le fin mot de l’histoire.

Le scénario est organisé par un organigramme, à la manière de Virtue’s Last Reward, auquel le joueur peut accéder à n’importe quel moment pour se rendre aux différents embranchements. Cela dit, tous les choix ne sont pas disponibles du premier coup parce que certains sont verrouillés. Pour pouvoir les sélectionner, le joueur doit atteindre certains segments de l’organigramme pour obtenir une mauvaise fin et une clé numérotée qui ouvre de nouvelles perspectives. Pour certains choix, il faut d’ailleurs posséder plusieurs d’entre elles !

Musicalement et visuellement, Raging Loop est souvent gênant, avec une ambiance qui crée le malaise, comme si le postulat de départ n’était pas suffisamment embarrassant. Le character design très particulier y participe bien sûr parce que presque chaque personnage possède des traits physiques bien à lui, tout comme ses caractéristiques psychologiques, d’ailleurs.

Le principal reproche que l’on puisse formuler au titre est de manquer de variété dans ses visuels et particulièrement dans ses arrière-plans. La pirouette du brouillard qui obstrue la visibilité des protagonistes, et du joueur fatalement, est plutôt maligne mais on aurait aimé des décors plus attachants pour s’égarer davantage dans le village de Yasumizu. Malgré ce, les descriptions sont déjà suffisamment riches et l’histoire assez palpitante pour avoir l’impression d’y être et n’avoir qu’une envie : s’en échapper une bonne fois pour toute.

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Julien Capronhttps://actua.blog/
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