Test réalisé à partir d’une version commerciale sur PlayStation 4 Pro avec le Playstation VR
Développé et édité par Pixel Reef
Sorti le 24 mars 2020 et disponible sur PlayStation 4 et PC

Test de Paper Beast
Révélé lors du State of Play de décembre 2019, Paper Beast est un jeu en réalité virtuelle dont on ne savait pas grand-chose jusqu’à la sortie, sinon que les créatures en papier sont au cœur de l’aventure. S’agirait-il d’un jeu solo ou multi ? Quel serait le but de cet étrange périple ? Ce qui est sûr, c’est que cet étonnant bac à sable, développé par le studio Pixel Reef de Montpellier, est un titre unique en son genre.
Il y a des jeux en réalité virtuelle qui seraient impensables sans casque et c’est le cas de Paper Beast. Cette nouvelle œuvre d’Éric Chahi (génial créateur d’Another World, Heart of Darkness ou plus récemment From Dust) se joue aux contrôleurs de mouvement ou à la manette. La version PlayStation 4 ne propose aucun déplacement libre et le joueur n’a pas d’autre possibilité que de se téléporter pour se mouvoir. Le choix des développeurs est radical mais il vise à réduire la cinétose et à améliorer le confort, ce qui correspond parfaitement au rythme posé de Paper Beast. La version PC sortie le 24 juillet 2020 propose toutefois les déplacements libres.
L’idée de Paper Beast est d’interagir avec des animaux en papier, ce qui nous ramène à nos jeunes années où on manipulait des feuilles pour en faire des avions, des bateaux ou, c’est ce qui nous intéresse ici, des animaux en origami. Le comportement des créatures de papier est plus vrai que nature. Que ce soit grâce à leurs animations ou leur intelligence artificielle, on a la sensation d’être au cœur de la faune locale. Le sentiment est d’autant plus saisissant que tout est généré de façon procédurale. Il y a de quoi être impressionné par le naturel avec lequel se comportent les bêtes !
Pour progresser dans le jeu, il faut résoudre de petites énigmes pour passer aux zones suivantes. Mais dans Paper Beast, le joueur doit expérimenter : le titre nous largue dans son univers sans aucune indication. Rien ne précise au joueur quand ni quoi faire. Le but est d’observer le comportement des différentes créatures de papier afin de les comprendre.

Le joueur doit donc interagir avec les bêtes mais aussi les éléments du décor, notamment le relief et l’eau. Observer le comportement est primordial, mais pour résoudre les diverses énigmes, le joueur doit aussi tenir compte de la flore pour obtenir de précieux indices.
Visuellement Paper Beast est fabuleux : la direction artistique originale est parfaitement servie par un volet technique robuste. Aucun crénelage n’est à déplorer tandis que les divers effets spéciaux (lumières, particules) sont à tomber. On navigue dans un monde mélangeant papier et réalisme pour un rendu inhabituel. La partie sonore n’est pas en reste avec une spatialisation du titre ahurissante de maîtrise.
La campagne principale se termine en moins de quatre heures. Paper Beast propose en plus un mode bac à sable anecdotique. Il permet de jouer avec le moteur physique du jeu, ce qui est amusant quelques minutes.
Le rythme du jeu calme, lent et posé ne conviendra pas à tous, pas plus que le style visuel unique ou le fait d’être largué dans un univers inconnu sans indication. Paper Beast est un titre à part qui porte parfaitement le nom « d’expérience VR ». Cela dit, son concept qui, sur le papier, ne ressemble à aucun autre nous a franchement fait voyager.
Quelques mots sur la version PC
Test réalisé à partir d’une version fournie par Future Friends Games sur PC (Core i5-3470k, 16 Go de RAM, GeForce GTX 1060 6 Go)
Mise à jour du test le 18 juillet 2020 par Joueur Citoyen

Quelques semaines après sa version PlayStation VR sur PlayStation 4, Paper Beast est disponible sur PC et il est désormais compatible avec les différents casques de réalité virtuelle : HTC Vive, Oculus Rift (ou Quest) et Valve Index. Sur ordinateur, le dernier-né d’Éric Chahi est exactement le même titre et il n’intègre pas de contenu supplémentaire : il s’agit toujours d’un jeu d’observation et d’énigmes où le joueur interagit avec la faune, la flore et le relief pour progresser.
En revanche, le jeu se montre désormais plus précis sans les PlayStation Move. De nombreux joueurs s’étaient plaints du manque de précision de ces derniers, à cause de la perte de suivi de la caméra. Avec les Oculus Touch du Quest qui ont servi pour le test, on n’a dénoté aucun problème de ce point de vue : il est extrêmement facile de manipuler les animaux en papier qui s’agitent devant nous.
L’autre bonne nouvelle est que Paper Beast est également plus fin visuellement que par rapport à la version PlayStation 4, avec différentes options de qualité graphique en fonction de la configuration du joueur. Le style très singulier est de toute façon très impressionnant, même avec le rendu réglé au minimum sur une configuration modeste.
Enfin, Paper Beast propose désormais plus d’options d’immersion avec une rotation fluide et surtout un déplacement libre au joystick pour les vétérans de la réalité virtuelle, alors que la version PlayStation VR ne proposait que la téléportation. Cela ne change pas profondément cette expérience plutôt calme, mais voilà qui permet de se plonger davantage dans cet univers immersif où cohabitent d’étranges créatures en papier.





