Test de Front Mission 2: Remake réalisé sur Switch à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Tactical-RPG
- Développé par Storm Trident | Édité par Forever Entertainment
- Nintendo Switch – 5 octobre 2023
PlayStation 5 | PlayStation 4 | Xbox Series X | Xbox One | PC – 30 avril 2024 - Sous-titré en français – PEGI 7
- Toute l’actualité du jeu | de la série
Depuis ce 5 octobre 2023, Front Mission 2: Remake est disponible au téléchargement sur Switch. Ce deuxième tactical-RPG, remis au goût du jour par Storm Trident et édité par Forever Entertainment, a la réputation d’être le plus hardcore de la série de Square Enix. Initialement sorti le 25 septembre 1997 sur la première PlayStation, il quitte surtout le Japon pour la toute première fois.
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Test de Front Mission 2: Remake sur Switch
L’histoire se déroule en 2102 (douze ans après Front Mission) à Alordesh (ex-Bangladesh), membre de l’OCU. Après une période de croissance industrielle liée au Conflit de Huffman, le pays est « abandonné » par l’Organisation et ses métropoles sont aussi pauvres que polluées. Un sentiment de défiance envers l’OCU s’installe dans la population jusqu’à ce qu’un coup d’état, mené par une faction révolutionnaire, éclate.
Trois héros aux destins croisés subissent ce nouveau conflit. Ash Faruk, Alordeshien mais soldat de l’OCU, cherche à traverser la frontière pour fuir la guerre. Thomas Norland, dirigeant d’un autre bataillon de l’armée, s’allie à un groupe contre-révolutionnaire souhaitant aussi renverser l’OCU mais n’approuvant pas les méthodes du coup d’état. Lisa Stanley enfin, agente du renseignement, recherche une mystérieuse cargaison convoitée par toutes les parties concernées.
Le scénario, passionnant de bout en bout, préfigure plusieurs intrigues des épisodes suivants. Ce volet introduit également le système d’Internet qui enrichit le world building avec divers forums et sites d’actualité. De nombreux joueurs-importateurs d’antan ont profité de cette fonctionnalité, traduite en « engrish » dans la version PlayStation. Aujourd’hui, Front Mission 2: Remake est localisé en huit langues différentes dont le français. Mais la version française, semble-t-il traduite à l’aide d’outils automatiques, n’est que de piètre qualité. On roule des yeux devant le verbe « manquer » à l’infinitif plutôt qu’au participé passé quand on rate une attaque, par exemple.
Un aspect tactique complexe
Front Mission 2 a introduit de nombreuses mécaniques, canonisées ensuite, à commencer par le système d’Action Points. Chaque action (déplacement, attaque, contre-attaque, parade) consomme des AP mais on en récupère entre chaque tour. Pour favoriser leur rechargement toutefois, le joueur doit entourer ses unités de wanzers alliés. Seulement, les ennemis ont tendance à encercler les blindés déjà endommagés et sur le point de craquer. L’intelligence artificielle est nettement plus agressive que dans le premier remake.
Tactiquement, cet opus est en réalité d’une immense richesse et beaucoup le considèrent comme le plus complexe de la série. On pense notamment aux unités plus variées avec une présence accrue de tanks, de tourelles ou d’hélicoptères. Ces derniers sont évidemment insensibles aux coups de matraque. La personnalisation des wanzers est donc toujours aussi pointue et requiert un investissement conséquent de la part du joueur. Au cours du test hélas, on est entré dans une colère noire quand le logiciel a planté, plusieurs fois, après avoir patiemment configuré son escouade.
Les trente missions s’étalent surtout sur des cartes gigantesques, en particulier lors des affrontements urbains. On est parfois confronté à plus de vingt ennemis qui engloutissent des dizaines et des dizaines de tours. Quelle déconfiture quand tous nos wanzers sont réduits en poussière, après deux heures de lutte acharnée ! Heureusement, Front Mission 2: Remake présente un mode (pas si) facile mais il faut savoir que l’on ne peut pas modifier la difficulté en cours de partie.
Un remake fidèle mais enfin accessible
À l’image de Front Mission: Remake, cette nouvelle interprétation est extrêmement fidèle au jeu qu’il représente. Peut-être trop. Storm Trident n’a pas osé modifier plus profondément certains aspects. On le regrette quelquefois, notamment concernant la longueur inouïe des combats. Aujourd’hui, les batailles sont tout de même infiniment plus dynamiques. En 1997, la 3D n’en était qu’à ses débuts et les développeurs exagéraient parfois les effets visuels pour en mettre plein la vue. Et dès que l’on validait une attaque, soit cinq à dix fois par tour environ, il fallait attendre son chargement puis l’animation qui l’accompagnait. Cela représentait de trente à soixante secondes à chaque fois.
Square Enix a corrigé le problème à l’occasion de la collection Ultimate Hits de 2005. Mais les primo-utilisateurs avaient de quoi perdre patience. À l’occasion de Front Mission 2: Remake, Storm Trident a largement accéléré le processus avec la possibilité d’augmenter la cadence des déplacements et de sauter toutes les animations, y compris celles des combats. Malheureusement, en l’absence des barres d’endurance affichées au cours de ces saynètes, on ne sait plus précisément quelle partie d’un wanzer (corps, bras, jambes) a-t-on dégradée. Mais le gain de temps, jusqu’à une heure selon la carte de jeu, est trop précieux pour s’en plaindre.
Le titre bénéficie enfin de diverses options bienvenues, dont la caméra libre héritée du premier remake ou le choix entre la bande-son réorchestrée ou d’époque. Tout un tas de tutoriels sont aussi accessibles pour expliquer les différents systèmes de jeu. On dispose alors de toutes les clés pour découvrir Front Mission 2, méconnu chez nous mais pourtant central au sein de sa série, tant aux niveaux tactique que scénaristique.
Notre avis | 7
Front Mission 2: Remake modernise l’épisode de la série qui en avait le plus besoin. Ce tactical-RPG d’une extrême richesse mais réputé hardcore a découragé un grand nombre de curieux. Tout d’abord, la version PlayStation n’est jamais sortie du Japon. Mais ce sont surtout ses combats interminables qui ont pu faire perdre patience. En accélérant la cadence, Storm Trident fluidifie grandement l’expérience de jeu. On aurait aimé que le studio ose moderniser davantage certains aspects, mais cet épisode central n’avait jamais été plus accessible qu’aujourd’hui.
On aime
- Le scénario passionnant
- La richesse tactique
- Le rythme amélioré des combats
On n’aime pas
- La version française discutable
- Les soucis d’ergonomie
- Les plantages et les bugs
Merci d’avoir lu notre test de Front Mission 2: Remake sur Switch.
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