Test de Final Fantasy XVI réalisé sur PlayStation 5 à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Action-RPG
- Développé par Creative Business Unit III | Édité par Square Enix
- PlayStation 5 – 22 juin 2023
PC – 17 septembre 2024 - Entièrement localisé en français – PEGI 18
- Toute l’actualité du jeu | de la série
Après Final Fantasy XV, « GOTY 2016 » pour quelques-uns mais souvent contesté, Square Enix était attendu au tournant pour un Final Fantasy XVI plus fédérateur. En donnant les clés à Naoki Yoshida et son équipe, responsables du retour en force de Final Fantasy XIV, tous les voyants étaient au vert. Après avoir littéralement évité au MMORPG la catastrophe industrielle, sont-ils parvenus à réaliser un nouvel exploit ?
Test de Final Fantasy XVI sur PlayStation 5
Final Fantasy XVI prend place à Valishtéa, penchant davantage vers la fantasy que la science-fiction au contraire des récents épisodes de la saga. On y incarne Clive Rosfield, prince destitué, dans sa sombre quête de vengeance. Dans ce monde, les Pourvoyeurs et les Émissaires sont les seuls êtres capables d’utiliser eux-mêmes la magie, les derniers pouvant même se transformer en Primordiaux, représentent ici les invocations.
L’histoire n’a rien de nouveau mais elle se montre efficace tout au long de l’aventure, bien que le titre n’évite pas quelques soucis caractéristiques de la narration de JRPG. On s’étonne de son traitement du racisme par exemple, tandis qu’aucun personnage de couleur n’est représenté par le scénario. À l’image de Final Fantasy XIV, le rythme est également mis à mal par des missions qui s’apparentent à du remplissage. Les quêtes secondaires ne sont pas toujours plus passionnantes non plus, statiques et souvent ratées.

On apprécie cependant l’encyclopédie du jeu. D’un simple maintien du pavé tactile, on le consulte pour en savoir plus sur les personnages importants d’une discussion, les lieux et d’autres informations complémentaires. Le contrecoup est que Final Fantasy XVI donne parfois l’impression d’être un « jeu à wiki ». Il est facile de se perdre dans ses lignes de lore.
Par ailleurs, le jeu propose de nombreux retournements de situation. Ils sont certes prévisibles car le joueur possède toutes les cartes pour les détecter. L’intérêt réside dans les réactions, souvent réussies, des personnages aux événements. On se sent souvent « impuissant » devant le récit, car la politique occupe une place importante de l’histoire de Valishtéa. Sur ce point, Final Fantasy XVI rappelle Final Fantasy XII.
Comment le gameplay de Final Fantasy XVI diffère-t-il des précédents jeux ?
Ce n’est plus une surprise : Final Fantasy XVI est un véritable jeu d’action. Exit les Active Time Battle et autres pauses actives, il n’est ici question que de beat ’em up. Il faut d’ailleurs attendre plusieurs heures de jeu pour trouver un peu de variété dans les mécaniques. Le protagoniste s’équipe de trois Primordiaux différents. Chacun possède une action spéciale, tel le dash du Phénix ou le bouclier du Titan, qui conditionne le build. À ces actions, on rajoute deux attaques spéciales par Primordial pour tataner à tout va.

Clive est également accompagné de Torgal, son fidèle chien de chasse qui attaque ou restaure des PV en fonction de nos ordres. À ce propos, on regrette que le moyen de soulever nos adversaires soit affilié à Torgal. Il est parfois difficile de s’envoler avec notre bête pour effectuer des combos aériens. Il est tout aussi dommage que la magie n’ait aucun effet particulier sur les ennemis. On réduit par exemple et sans aucun problème les points de vie d’une créature enflammée avec des boules de feu. Du reste, Clive peut esquiver de nombreuses attaques et contre-attaquer efficacement, mais aussi parer un ennemi en attaquant au même moment que celui-ci. L’action est difficile à placer mais ô combien gratifiante quand réalisée avec succès.
Question accessibilité, Final Fantasy XVI propose un mode action par défaut, qui reste abordable pour les habités du genre, ainsi qu’un mode histoire qui réduit les points de vie tout en augmentant les dégâts du joueur. Si cela ne suffit pas, des anneaux de pouvoir automatisent les combos, soignent automatiquement, ralentissent le temps pour esquiver… On peut en équiper jusqu’à trois. L’idée n’est pas mauvaise, mais n’eut-il pas été plus pratique de proposer ces aides en option, tout simplement ?
Les batailles de Primordiaux, enfin, mettent le joueur aux commandes d’Ifrit. Ponctuées de QTE et d’effets pyrotechniques, elles flattent généralement la rétine. Ces phases sont avant tout présentes pour le spectacle et clore en beauté un arc scénaristique. Mais elles restent en mémoire grâce à leur mise en scène splendide.

La réalisation est-elle à la hauteur de la saga ?
Final Fantasy est aussi réputée pour ses graphismes à couper le souffle. À ce titre, Final Fantasy XVI pourrait décevoir. En mode graphique toutefois, les performances se maintiennent, en 4K, à 30FPS. On n’a pas remarqué de ralentissement et l’exploration n’est jamais sujette à clipping ou à d’autres problèmes techniques en particulier. Il est même presque surprenant de voir un titre aussi ambitieux tourner sans l’occurrence de quelconque bug.
Le contre-coup est probablement le manque d’interaction avec les environnements. De plus, le monde ouvert de Final Fantasy XV a complètement disparu. On évolue ici dans des zones semi-ouvertes ou des donjons-couloirs assez simples à explorer. Cela n’empêche pas des panoramas époustouflants de temps en temps. Mais l’exploration reste au second plan de toute façon.
Final Fantasy XVI répond cependant présent au niveau de ses musiques. Masayoshi Soken signe une nouvelle bande-son reprenant parfois des thèmes de la saga. On regrette un peu l’absence du grain de folie dont il a pu faire preuve dans beaucoup de morceaux de Final Fantasy XIV. Enfin pour les adeptes du doublage, la synchronisation labiale ne se fait qu’avec les voix anglaises, d’excellente qualité au demeurant. La version française est traduite depuis le texte japonais, on remarque donc des différences avec la version anglaise.

S’agit-il toujours d’un Final Fantasy ?
La question est épineuse et continuera de diviser les communautés de joueurs : sommes-nous en présence d’un Final Fantasy ? Si on ne se limite qu’au gameplay, Final Fantasy XVI est en totale rupture avec ses prédécesseurs. Les combats au tour par tour ont totalement disparu et la composante RPG est encore amoindrie. On retrouve bien une gestion d’équipement traditionnelle, mais celle-ci reste cohérente avec le reste de la saga. Certains s’émouvront sur l’absence de dégâts élémentaires, mais le jeu étant un beam ’em up plutôt qu’un JRPG, on passe en réalité très vite à autre chose.
Restent les thématiques habituelles de l’univers Final Fantasy. Des noms connus de personnages non-jouables, comme Cid ou les invocations, font leur retour. On pense aussi à la sacro-sainte quête des cristaux, assez habilement détournée par rapport aux autres jeux de la série. Finalement, la forme fait oublier les anciens épisodes de la saga, mais le fond reste le même. Pour notre part, c’est ce qu’on considère le plus important pour un nouvel opus numéroté de la grande saga de Square Enix.
Notre avis | 9
Final Fantasy XVI détonne par rapport à ses prédécesseurs. Davantage porté sur l’action, avec un seul protagoniste jouable, on pourrait être tenté de ne pas le considérer comme un « véritable » Final Fantasy, comme certains n’ont pas reconnu Final Fantasy XI Online à l’époque. Et même si le jeu possède des défauts, dans sa narration et dans son rythme directement hérités de Final Fantasy XIV, il se trouve qu’une fois pris dans les événements de Valishtéa, on n’arrive plus à lâcher la manette. Final Fantasy XVI conserve au moins cette capacité à cliver les joueurs : certains détesteront, d’autres adoreront. N’est-ce finalement pas le cas de toute la saga Final Fantasy depuis près de vingt-cinq ans ?
On aime
- De combats pêchus
- La revisite des thèmes de Final Fantasy
- Des personnages attachants
- Une histoire intéressante
On n’aime pas
- Parfois trop facile
- Une mise en scène souvent minimaliste
- Des soucis de rythme narratif hérités de Final Fantasy XIV




