Test de Natsu-Mon: 20th Century Summer Kid réalisé sur Nintendo Switch à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Simulation de vie
- Développé par Toybox et Millenium Kitchen | Édité par Spike Chunsoft
- Nintendo Switch – 28 juillet 2023 (Japon) | 6 août 2024
PC – 26 juin 2024 (Japon) | 6 août 2024 (Europe) - Ne comporte pas de sous-titres en français – PEGI 3
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Depuis le 6 août 2024, la version anglaise de Natsu-Mon: 20th Century Summer Kid est disponible au téléchargement sur Nintendo Switch et PC, à partir de 39,99 €. Cette simulation de vacances dans la province japonaise, éditée par Spike Chunsoft et développée par Toybox et Millenium Kitchen, tient toutes ses promesses de liberté.
Test de Natsu-Mon: 20th Century Summer Kid sur Nintendo Switch
Réalisé par Kaz Ayabe, notamment célèbre pour les Boku no Natsuyasumi, Natsu-Mon: 20th Century Summer Kid nous invite aussi à partager l’été d’un petit garçon âgé de dix ans. À ce titre, l’utilisateur incarne Satoru dont les parents, à la tête d’une troupe de cirque, s’installent à Yomogi pour tout le mois d’août 1999. Un concours de circonstances les oblige à partir pour quelques jours cependant, offrant une immense liberté au jeune protagoniste. Ses aventures ne sont toutefois pas toujours empreintes d’insouciance, son rôle au sein du cirque évoluant au fil du scénario.
À vrai dire, les intrigues demeurent triviales mais on s’attache aux destins des personnages, grâce à un travail d’écriture minutieux. Le scénario est un tantinet long à se mettre en place, mais le worldbuilding favorise grandement l’immersion. On regrette l’absence de version française, mais ne soyons pas plus royaliste que le roi. Étant donné le volume de texte assommant composant les dialogues, une traduction anglaise est déjà un miracle. Grâce à Hilltop, seul Boku no Natsuyasumi 2: Umi no Bōken Hen était, depuis le 1er novembre 2023, disponible aux joueurs anglophones.
La localisation de Natsu-Mon: 20th Century Summer Kid est d’ailleurs remarquable, conservant la candeur, la poésie et l’humour du texte d’origine. Il faut par contre se contenter de doublages en japonais uniquement.
Un immense sentiment de liberté
Dès son premier jour à Yomogi, l’utilisateur est libre de visiter la ville comme il l’entend… dans la limite de l’endurance de Satoru. Comme dans The Legend of Zelda: Breath of the Wild, le jeune explorateur est soumis à une jauge lui permettant d’escalader toutes les parois possibles, et limitant au contraire ses horizons. Les aptitudes évoluent rapidement en réalisant diverses quêtes et le joueur atteint bien assez tôt les sommets de la ville. La carte de ce monde ouvert est étonnamment grande mais des arrêts de bus font office de points de téléportation.
On réalise donc les quêtes selon notre bon vouloir, Natsu-Mon: 20th Century Summer Kid n’imposant rien, bien que le tarot divinatoire nous aiguille si l’on ne sait pas quoi faire ensuite. Pour progresser, la « collection » des créatures de l’été, suggérée par le titre, est malgré tout essentielle. Capturer des insectes ou pêcher des poissons légendaires offre des « autocollants » d’endurance supplémentaires à Satoru. Le jeune garçon résout également des mystères, aux enjeux tout relatifs, avec un groupe d’enfants de la ville. Les activités ne passionnent pas toujours hélas, comme lorsque l’on allume tous les réverbères menant au temple ou que l’on conseille un pyrotechnicien dans le cadre d’un festival à venir.
De plus, la liberté quasi-totale peut troubler de prime abord, le titre se révélant avare en explications. On ne comprend pas immédiatement comment se coucher par exemple, l’option se trouvant dans le carnet de recherche où le héros consigne ses aventures. Les sauts et les collisions n’aident pas toujours non plus à réaliser nos objectifs et on se demande parfois s’il est seulement possible d’atteindre certains endroits.
Les charmes du Japon du XXème siècle
Natsu-Mon: 20th Century Summer Kid nous plonge tout de même dans son univers avec une facilité déconcertante, Yomogi réunissant des personnages tous plus attachants les uns que les autres. Comme dans Shenmue, les habitants possèdent un agenda bien défini et n’errent jamais aléatoirement dans les rues de la ville. Avant de s’en rendre compte, on témoigne de la sollicitude pour la grossesse d’une villageoise, tandis que « Doc Shibuya » et ses multiples casquettes éveille notre curiosité.
La ville tout entière possède des charmes depuis longtemps oubliés par ceux qui y habitent. Au-delà de son caractère pittoresque, ses environnements évocateurs suscitent le mystère, à commencer par son phare majestueux, son château féodal ou son immense tour de l’horloge. On apprécie donc explorer tous ces trésors enfouis, au son du sanglot mélancolique des cigales et au rythme des musiciens du centre-ville. Natsu-Mon: 20th Century Summer Kid s’apparente, le temps d’une partie, à une madeleine de Proust qui nous ramène aux étés de notre enfance, avant d’être hyperconnecté par la force des choses.
On aurait adoré se laisser porter par cette bulle de nostalgie, teintée de feux d’artifice enchanteurs et de couchers de soleil feutrés. Mais on est vite ramené à la réalité par le DLC « Broadcast Over Sunset » vendu, dès le lancement du jeu, au prix de 14,99 €. Il introduit un personnage attendu tout au long du scénario, ainsi qu’un environnement supplémentaire. Une fois de plus, cette pratique commerciale nous interroge : n’aurait-il pas mieux valu consacrer ses efforts à peaufiner le lancement du jeu, en améliorant l’ergonomie discutable notamment ?
Notre avis | 7
La nouvelle simulation de vie de Kaz Ayabe et Millenium Kitchen évoque les vacances d’été de notre enfance, peu avant d’être hyperconnecté. Avec Natsu-Mon: 20th Century Summer Kid, sa liberté d’exploration et ses activités champêtres, on oublierait presque les tracas du quotidien. Mais ses quelques imprécisions de gameplay ainsi que sa politique commerciale cassent hélas la magie de Yomogi.
On aime
- L’excellente version anglaise
- L’écriture minutieuse
- Le sentiment de liberté
- Les personnages hauts en couleur
- L’immersion à Yomogi
On n’aime pas
- L’absence de version française
- Les collisions hasardeuses
- L’ergonomie problématique
- Le DLC vendu dès le lancement
Merci d’avoir lu notre test de Natsu-Mon: 20th Century Summer Kid sur Nintendo Switch.
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