Test réalisé à partir d’une version commerciale sur Xbox Series X
Codéveloppé par Monstars Inc., Resonair et Stage Games et édité par Enhance
Sorti le 10 novembre 2020 et disponible sur Xbox One, Xbox Series X|S et PC
| Interface | Français / Anglais / Allemand / Espagnol / Italien / Chinois / Japonais / Coréen |
| Audio | |
| Sous-titres | Français / Anglais / Allemand / Espagnol / Italien / Chinois / Japonais / Coréen |
Inventé en 1984 par Alekseï Pajitnov et popularisé par la version Game Boy de Nintendo, Tetris n’a que très peu évolué au fil des années, portage après portage. Des versions multi, l’ajout du « Hold » depuis Tetris DS, un récent cross-over avec Puyo Puyo dans Puyo Puyo Tetris et même un battle royale grâce à Tetris 99 renouvellent ce monument de simplicité et d’efficacité.
En 2018 pourtant, les développeurs de Monstars Inc. et Tetsuya Mizuguchi (Space Channel 5, Rez, Lumines) révolutionnent la formule en adaptant le casse-tête à la réalité virtuelle, transformant radicalement l’expérience pour en faire un jeu sensoriel et quasi-psychédélique. Tetris Effect est de retour sur Xbox Series X, amputé de sa composante VR mais agrémenté d’un mode multi. Tetris Effect: Connected conserve-t-il ses sensations synesthésiques chères à son créateur sur écran plat ?
Dans le mode solo de Tetris Effect, tout est question de flow state, cet état grâce auquel le joueur se laisse complétement porter par l’activité qu’il effectue, jusqu’à avoir l’impression de ne devenir qu’un avec elle. Rarement un jeu n’a réussi à provoquer un tel état. Tout est lié : le gameplay, la musique, les visuels, les sensations, le corps et l’esprit. On forme un tout avec Tetris Effect: Connected. Chaque stage de la campagne solo est une proposition unique alternant désert, fonds marins, rencontre asiatique ou encore tribale.
Prenons ce dernier exemple : le joueur commence sur un fond sonore d’une sorte de fonderie, teintée de rouge et à la difficulté somme toute abordable. Plus les lignes se dérobent, plus l’ambiance s’intensifie. Des voix se font entendre au loin et des chants tribaux paraissent de plus en plus proches devenant même assourdissants, causant un éclat rougeoyant qui recouvre la totalité de l’écran. En même temps, le rythme du gameplay accélère jusqu’à atteindre un dernier niveau absolument dantesque, nous laissant immergé tant psychologiquement que physiquement via les vibrations de la manette savamment distillées, dans un monde fantasmagorique rempli de tétrominos. C’est ça, Tetris Effect, et ça fonctionne aussi bien au casque VR que manette en main devant un écran.
Si la réalité virtuelle n’est plus de la partie, Tetris Effect: Connected ajoute plusieurs modes de jeu multi qui ne parviennent pas à reproduire le génie de la campagne solo. Il y a les classiques duels de score et de temps, où l’on peut s’envoyer des lignes malus en fonction de nos performances. Puis il y a le nouveau mode à trois contre une intelligence artificielle, où les joueurs peuvent fusionner leurs plateaux à un moment de la partie, permettant une grande coopération. Néanmoins toute la partie « Tetris Effect » et son flow perpétuel disparaissent ici au profit d’un jeu plus classique, plus connu, plus plat.
Tetris Effect: Connected reste une expérience parfaitement satisfaisante, même amputée de son univers à 360 degrés, qui renouvelle à merveille un concept vieux de quarante ans. Le jeu reste de très bonne facture en multi, puisque le système de jeu fonctionne toujours aussi bien. Mais ces nouveaux modes ne parviennent pas à faire autant d’effet que les stages proposés dans la campagne solo.







