Test de What Comes After : destination finale

Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur sur Switch

Codéveloppé par fahmitsu et Rolling Glory Jam et édité par Flynn’s Arcade
Sorti le 1er avril 2021 et disponible sur Switch (également disponible sur PC)

InterfaceFrançais / Anglais / Allemand / Espagnol / Portugais
Audio
Sous-titresFrançais / Anglais / Allemand / Espagnol / Portugais

Avec le concours de Rolling Glory Jam (Rage in Peace), fahmitsu (Coffee Talk) propose une nouvelle aventure intimiste, concentrée non pas sur une fresque ponctuelle mais sur les tracas et les bonheurs de la vie quotidienne. Plus narrative que jamais, l’expérience What Comes After est même affranchie de toute forme de gameplay. S’appuyant uniquement sur son récit, la nouvelle création de Mohammad Fahmi parvient-elle à capter l’attention du joueur ?

Le joueur incarne Vivi, une jeune femme à l’humeur dépressive qui, parce qu’elle s’endort dans le dernier train de la journée, se réveille dans un étrange wagon de nuit. Celui-ci l’emmène, avec de nombreux autres passagers, vers « l’après », vers l’endroit où l’on se rend après la mort. Vivi est pourtant bien vivante et n’a rien à faire ici. En attendant d’être ramenée chez elle, Vivi s’occupe en discutant avec les autres voyageurs ou, tout du moins, leurs esprits.

Le gameplay de What Comes After se résume à lire les dialogues avec chaque personnage, l’un après l’autre, dans les différents wagons. Les rencontres avec les passagers sont de plus en plus surprenantes puisque, parmi les défunts, Vivi discute avec des humains, des animaux et même différents végétaux. Une particularité du train est que chaque être qui s’y trouve parle le même langage commun, permettant à différentes espèces de se comprendre, trop tard hélas. Au demeurant, la progression est parfaitement linéaire et l’histoire ne propose ni choix, ni embranchement.

À condition de comprendre l’anglais, puisque la version française est de piètre qualité, le joueur écoute les histoires individuelles de chacun : certains racontent leur mort, d’autres y trouvent une forme d’apaisement ou sont impatients de retrouver l’être aimé. Avec lucidité, chacun apporte un éclairage différent à une situation que l’on imagine dramatique mais qui se déroule, en l’occurrence, dans un calme surprenant. On aurait toutefois aimé que la narration évolue au fil des discussions car les intrigues donnent un sentiment d’empilement, sans jamais croiser les différents événements.

What Comes After ne dure qu’une heure ou deux, mais l’évolution de sa protagoniste est pourtant tangible. Dans l’intervalle, Vivi semble changée par son voyage de courte durée, même si la métamorphose peut paraître subite, à la suite d’un événement très précis qui se déroule au cours des dernières minutes. La fin permet d’entrevoir de nouvelles perspectives pour la protagoniste puisqu’elle ressort notamment avec un objectif. La valeur de la vie et l’importance de se battre sont au cœur des intrigues.

Le titre donne le sentiment de traverser une parenthèse, qui peut clairement être vécue comme un moment de douceur par les joueurs anxieux ou tourmentés. Les sujets traités au cours des dialogues pourraient sembler particulièrement quelconques au cinéma, dans la littérature ou dans d’autres formes d’expression. Mais les sentiments les plus intimes ne sont que trop rarement dépeints en jeu vidéo. Comme Coffee Talk avant lui et dans une autre mesure, What Comes After est un catalyseur d’introspection, ce que l’on peut d’ores et déjà considérer comme la signature de Mohammad Fahmi.

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