Test de « The Crush House » sur PC. La simulation de téléréalité passe sous l’œil de la caméra

Notamment connu pour ses jeux Reigns, le studio Nerial explore de nouveaux genres.

Test de The Crush House réalisé sur PC à partir d’une version fournie par l’éditeur.

Depuis le 9 août 2024, The Crush House est disponible au téléchargement sur PC, édité par Devolver Digital au prix de 16,99 €. Cette simulation de téléréalité est l’œuvre de Nerial, studio indépendant qui s’est forgé une réputation avec ses jeux mixant des principes simples à des concepts à l’opposé, parfois issus d’autres médias. Card Shark, par exemple, demande de tricher du mieux possible pour gagner aux cartes. Reigns s’inspire de la prise en main rapide des applications de rencontre pour gérer son royaume. The Crush House s’inscrit dans cette démarche en lorgnant du côté de la téléréalité, avec l’objectif de décrocher plus de quinze minutes de célébrité.

Test de The Crush House sur PC

The Crush House est le nom d’une nouvelle téléréalité où de jeunes gens passent une semaine dans une villa de rêve. Naturellement, les couples et les problèmes se développent très vite. Dans le rôle de la productrice et du caméraman de l’émission, le joueur filme ce qui s’y déroule pour maintenir le show à l’antenne. Mais derrière le côté glamour qui transparait à l’écran, les coulisses sont en réalité plus complexes.

Pour les beaux yeux des téléspectateurs

Chaque partie de The Crush House est découpée en saisons, elles-mêmes divisées en cinq jours. Équipé d’une caméra, le joueur est libre de filmer ce qu’il souhaite, pour satisfaire au mieux son public. Ce dernier, qui se renouvelle quotidiennement, se compose de groupes variés (drama queens, voyeurs, musiciens…) espérant chacun assister à des situations différentes. Il est alors nécessaire de se balader dans la maison et d’observer candidats et décors pour trouver l’angle le plus intéressant pour un maximum de téléspectateurs. Une dispute à côté d’un tableau plaira aux fans de conflits et aux artistes, par exemple. Si la journée se conclut avec un nombre de groupes satisfaits suffisant, l’émission se poursuit le lendemain.

Le concept de base est original, ressemblant à une interprétation décalée de Pokémon Snap. Les premières journées sont plaisantes et on s’amuse à parcourir la villa en long, en large et en travers pour trouver les meilleurs plans. Malheureusement, la boucle de gameplay finit par se répéter au cours des saisons, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le rôle du joueur, qui ne peut pas interagit avec les candidats, se révèle trop passif. Le principal lien se fait la nuit, quand on peut acheter des éléments de décoration (statues, coussins…) avec lesquels les candidats interagissent. Enfin, on ne cherche plus, au bout d’un moment, que l’optimisation, reléguant au second plan les personnages et toute la partie narrative qui existe entre eux. Il vaut dès lors mieux jouer par petites sessions, une journée de téléréalité, par exemple, pour ne pas se heurter trop rapidement au côté artificiel de The Crush House.

Histoires de Loft Story

Chaque saison, le joueur sélectionne une poignée de candidats parmi une liste prédéfinie. Chacun possède sa propre personnalité et réagit différemment face aux autres participants. The Crush House parvient, avec succès, à capter l’essence de la téléréalité, et de la télévision en général, grâce aux dialogues, aux relations d’amitié ou de haine qui émergent, aux fausses publicités qui passent quand on ne filme pas etc. La direction artistique rappelle également les émissions d’antan, avec ses tons colorés dignes des années 90.

Cependant, la répétitivité s’installe aussi en ce qui concerne l’aspect narratif. Après quelques jours, les interactions tournent en rond. Le jeu essaye de maintenir l’intérêt du joueur par le biais de la métahistoire : après avoir terminé la première saison, le personnage principal commence à observer des phénomènes étranges, laissant supposer que tout n’est pas rose derrière l’objectif. Les candidats commencent aussi à se confier le soir, laissant apparaître leur « vraie » personnalité, loin des caméras.

Notre avis | 6

The Crush House pique la curiosité grâce à son concept qui sort de l’ordinaire. Nerial retranscrit avec réussite ce qui constitue la téléréalité et le monde du petit écran. Cependant, le jeu a du mal à sortir de sa boucle de gameplay, au point d’impacter l’aspect narratif par son côté artificiel. Même si « l’artifice » correspond parfaitement à la téléréalité, The Crush House nous laisse finalement sur notre faim.

On aime

  • La gestion du public
  • La retranscription du monde de la téléréalité
  • La direction artistique

On n’aime pas

  • La répétitivité du gameplay
  • Les interactions limitées

Merci d’avoir lu notre test de The Crush House sur PC.

Lire aussi | Les meilleurs jeux vidéo de 2024. Tous nos tests classés par note

L’histoire de Space Harrier de 1985 à aujourd’hui

L'histoire de Space Harrier de 1985 à aujourd'hui

Souhaitez-vous soutenir Actua ? Alors découvrez notre ouvrage consacré au chef-d’œuvre de Yū Suzuki : L’histoire de Space Harrier de 1985 à aujourd’hui. Retour sur la Terre des Dragons pour redécouvrir cette légende de SEGA, qui a défini le genre du rail shooter. Bonne lecture et merci pour votre soutien !

Acheter le livre | L’histoire de Space Harrier de 1985 à aujourd’hui (13,70 €)

Laisser un commentaire

S'il vous plaît, entrez votre commentaire !
S'il vous plaît entrez votre nom ici

À lire aussi

Test du « Vaillant Petit Page » sur PC. Un jeu d’aventure qui ne surprend pas uniquement par sa bonne bouille

Après avoir officié en tant que directeur créatif sur Pokémon Épée et Bouclier, James Turner a fondé All Possible Futures pour bénéficier de plus de créativité. De la créativité, Le Vaillant Petit Page en a exprimé dès sa première bande-annonce, dévoilée par Devolver Digital, il y a deux ans. Ce 17 septembre 2024, le jeu d'aventure sera disponible sur PlayStation 5, Xbox Series X, Nintendo Switch et PC au prix de 29,99 €, l'occasion de vérifier que les bonnes idées ne se limitent pas à la direction artistique.

« The Crush House ». Dans le nouveau jeu de Nerial, l’utilisateur incarnera un producteur de téléréalité

Devolver Digital vient d'annoncer The Crush House, nouveau titre du studio Nerial, à qui l'on doit Reigns et Card Shark. Le titre est prévu sur PC d'ici la fin de l'année 2024, mais l'éditeur n'a, pour l'instant, détaillé ni le date, ni le prix de lancement. Une première bande-annonce est toutefois disponible.

Les meilleurs jeux vidéo de 2024. Tous nos tests classés par note

Quels sont les meilleurs jeux vidéo de 2024 ? Vous trouverez ci-dessous tous nos tests des jeux du moment, classés par note, de dix à zéro, puis par ordre alphabétique. Ce classement sera mis à jour tout au long de l'année, au fil de nos publications.

Le city-builder « Terra Nil » sortira sur Switch le 18 décembre 2023

Devolver Digital vient de fixer la date de lancement de la version Switch de Terra Nil. Le city-builder de Free Lives sera disponible au téléchargement le 18 décembre 2023. L'éditeur n'a pas détaillé le tarif mais la version PC, en vente depuis le 28 mars 2023, est affichée au prix de 24,99 €. Des versions Android et iOS sont également disponibles depuis cette date, mais elles sont réservées aux abonnées de Netflix.

« Return to Monkey Island » sortira sur Android et iOS le 27 juillet 2023

Devolver Digital vient d'annoncer la sortie de Return to Monkey Island sur Android et iOS. Le point and click de Terrible Toybox sera disponible au téléchargement sur Play Store et App Store à partir du 27 juillet 2023. L'éditeur précise avoir ouvert les préinscriptions pour recevoir la notification du lancement, sans détailler le prix néanmoins.
Test de The Crush House réalisé sur PC à partir d'une version fournie par l'éditeur. https://www.youtube.com/watch?v=ptoBACU80WY Depuis le 9 août 2024, The Crush House est disponible au téléchargement sur PC, édité par Devolver Digital au prix de 16,99 €. Cette simulation de téléréalité est l'œuvre de...Test de « The Crush House » sur PC. La simulation de téléréalité passe sous l'œil de la caméra