Test d’Age of Empires III: Definitive Edition réalisé sur PC à partir d’une version commerciale.
- Stratégie
- Développé par Tantalus Media et Forgotten Empires | Édité par Xbox Game Studios
- PC – 15 octobre 2020
- Entièrement localisé en français – PEGI 16
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Disponible depuis 2005 sur PC, Age of Empires III n’a jamais détrôné Age of Empires II: The Age of Kings. Age of Empires III: Definitive Edition est une nouvelle chance offerte à cet épisode singulier de conquérir les stratèges. Bénéficiant du même soin que les deux autres « Definitive Edition » avant lui, peut-il se faire une place aux côtés du légendaire Age of Empires II: Definitive Edition ?
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Test d’Age of Empires III: Definitive Edition sur PC
Pourquoi Age of Empires III n’a-t-il pas connu le succès retentissant de ses prédécesseurs ? Ses campagnes font sans doute partie des éléments de réponse. Age of Empires et Age of Empires II: The Age of Kings donnent l’impression d’écrire l’Histoire. Mais Age of Empires III ne propose que des campagnes fictives, dans le contexte de la conquête des Amériques.
Une édition extrêmement complète
Dans Age of Empires III: Definitive Edition, on retrouve la campagne du jeu de base et celles des extensions The WarChiefs et The Asian Dynasties. Pour inclure des événements issus de faits réels, six batailles historiques ont aussi été intégrées avec chacune sa situation spécifique et une mécanique originale associée. On aurait aimé davantage de nouveau contenu mais l’effort est déjà louable.
L’art de la Guerre prend la forme d’un tutoriel pour s’aguerrir, avec la possibilité de réaliser les meilleurs temps possibles et obtenir des médailles d’or, à la manière des entraînements de Pro Evolution Soccer. De nouvelles cartes font leur apparition mais aussi deux nouveaux peuples. Les Incas exploitent mieux les comptoirs et leurs maisons produisent de la nourriture. Les Suédois livrent très vite leurs mercenaires depuis la métropole.
Une représentation plus respectueuse de l’Histoire
Age of Empires III: Definitive Edition propose de nombreuses autres modifications, à commencer par une représentation plus respectueuse des Amérindiens. Les danses des peuples natifs autour des feux de camp ont par exemple été remplacées. Son interface est plus discrète mais aussi très pratique, tandis que ses graphismes se sont largement affinés. Les modélisations des unités, des bâtiments et des décors sont convaincantes, mais ce sont surtout les animations qui sont le plus impressionnantes. Être témoin de l’éboulement d’un fort, dans un fracas de pierre et de poussière, laisse toujours bouche bée !
Des problèmes de finition
Tout n’est pas encore parfait cependant puisqu’à l’heure du test, 21 octobre 2020, des soucis de finition persistent. De nombreuses traductions sont manquantes et de multiples éléments de l’interface sont en anglais. L’intelligence artificielle surtout pêche légèrement. Les ennemis sont beaucoup plus réactifs mais il y a toujours des problèmes de pathfinding, déjà pénibles dans les « Definitive Edition » précédentes.
Le plus gênant ici reste les unités qui ont tendance à ne pas correctement enchaîner leurs attaques, ou à ne pas répliquer. Rien d’éliminatoire cependant mais cela demande au joueur une attention plus que particulière sur le champ de bataille. Les villageois ayant un comportement très automatisé dans Age of Empires III, on n’est toutefois jamais lié à nos obligations de micro-gestion pour mieux se concentrer sur l’art délicat de la guerre.
La dimension eSport renforcée
Côté multi, Age of Empires III: Definitive Edition fait table rase d’Ensemble Studios Online et de son portail historique, affinant sa dimension eSport avec des classements en ligne. On peut opter pour une partie classée en duel, deux contre deux, trois contre trois ou quatre contre quatre. Entre amis, on a désormais la possibilité de créer quatre équipes au total pour des batailles d’envergure plus diversifiées.
Age of Empires III n’a jamais brillé par sa campagne solo mais on n’hésite pas à qualifier sa dimension multi de véritable chef-d’œuvre du genre. Pour motiver les joueurs ne s’y étant jamais penchés, on rappelle ses mécaniques et la tension qui existe entre deck-building, stratégie temps réel et exploration.
L’importance des métropoles
Dans le contexte de la conquête des Amériques, les peuples d’Age of Empires III sont soutenus par leurs métropoles respectives. Cela prend la forme de cartes à jouer lorsque l’on obtient suffisamment d’expérience. Les effets sont très variés : on peut réclamer quelques colons, des soldats, des ressources, des bâtiments ou des buffs permanents. Selon la civilisation que l’on choisit, les options diffèrent.

On crée son jeu de cartes pour chacun des quatre âges en amont des batailles en ligne. Toutes les cartes n’étaient pas immédiatement disponibles dans le jeu d’origine et les plus puissantes ne se déverrouillaient qu’après de nombreuses parties. Dans Age of Empires III: Definitive Edition, la décision a été prise de toutes les rendre immédiatement accessibles. Dans une optique eSport, cela donne les mêmes chances de gagner à chacun.
Les comptoirs, les routes et les camps indigènes font la différence
Sur le champ de bataille, pour accélérer l’obtention d’expérience, le joueur doit revendiquer, grâce à son explorateur, des comptoirs placés sur une route. Chaque comptoir rapporte des points, et même des ressources au choix, lorsque la diligence, puis le train après évolution, le traverse. L’explorateur peut aussi capturer des camps indigènes qui permettent de créer des soldats Amérindiens supplémentaires. Leurs emplacements sont hautement stratégiques, surtout lorsqu’ils se situent à proximité du centre-ville d’un adversaire.
L’obtention de ces « avant-postes » (comptoirs et camps indigènes) donne à Age of Empires III une philosophie stratégique très territoriale, dans la mesure où les combats peuvent faire rage pour un seul de ces lieux-clés. Capturer un comptoir peut faire basculer une bataille, au prix de nombreuses ressources pour le protéger comme il faut. D’autres jeux de stratégie sont construits de la sorte, à commencer par Herzog Zwei en 1989. Mais cette vision de la guerre est unique dans toute la saga Age of.
Les risques de l’exploration
Une autre particularité d’Age of Empires III est de comporter des environnements jonchés de trésors que l’explorateur peut ramasser, conférant à ce dernier un aspect héroïque dans la veine de Warcraft III. Les trésors sont en général gardés par des unités ennemies (pillards, bêtes sauvages…) et il faut dépêcher quelques soldats pour mettre la main dessus. Le loot n’en vaut toutefois pas toujours la chandelle. On obtient parfois de belles récompenses, comme des ressources abondantes, mais on ne libère quelquefois qu’une simple unité. Tant d’efforts pour une seule âme… L’explorateur peut aussi obtenir un puissant animal, comme un jaguar, qui lui prête main forte au combat.
Un multi d’une profondeur insoupçonnée
Avec sa triple dimension jeu de cartes, stratégie en temps réel et chasse aux trésors, Age of Empires III propose une expérience d’une richesse inouïe. Quand on sait que seize civilisations sont disponibles dans Age of Empires: Definitive Edition, il y a largement de quoi expérimenter. Mais la plus grande force du multi de ce titre, depuis sa sortie en 2005, ne réside pas dans ses mécaniques intelligentes : c’est son level design savamment construit qui permet des escarmouches aussi équilibrées que passionnantes.
Merci d’avoir lu notre test d’Age of Empires III: Definitive Edition sur PC.








