Article sur Deadeus réalisé dans le cadre du dossier Redécouvrir la Game Boy à partir d’une ROM fournie par le développeur.
- Aventure | Horreur
- Développé par -IZMA- | Édité par Spacebot Interactive | Distribué par Incube8
- 24 août 2019
- Game Boy
- Ne comporte pas de sous-titres en français
- Toute l’actualité du jeu
Redécouvrir la Game Boy
Peut-être avez-vous entendu parler de la console Pocket de la société Analogue, voire même possédez-vous la portable qui, grâce au FPGA, « émule » la célèbre Game Boy de Nintendo. Ce bijou donne l’occasion de se replonger dans les classiques de la console, mais pourquoi ne pas en profiter pour faire la découverte des trésors cachés de la 8 bits de poche ? La rédaction d’Actua a réalisé une sélection de jeux pour redécouvrir, sous un autre angle, la console monochrome aux 118 millions d’unités vendues.
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Test de Deadeus sur Game Boy
Disponible au téléchargement depuis 2019 sur Itch.io (le joueur déterminant le prix qu’il souhaite payer) et depuis 2021 en édition physique, Deadeus est l’un des ambassadeurs de GB Studio. Si le jeu d’-IZMA- se distingue particulièrement dans la ludothèque Game Boy, c’est parce qu’il explore un genre quasiment jamais représenté sur la console : l’horreur psychologique. Ses graphismes ne permettent pas de retranscrire la détresse du personnage principal, mais le récit se montre suffisamment bien construit pour instaurer un sentiment de malaise palpable.
Trois jours d’enquête, onze fins possibles
Dans Deadeus, on incarne un enfant qui fait un cauchemar prémonitoire. Un œil géant apparaît dans son sommeil pour le prévenir que, d’ici trois jours, tous les habitants du village mourraient. Au réveil, on s’aperçoit que les autres enfants du voisinage ont fait le même rêve et il revient au joueur d’enquêter pour en comprendre l’origine et sauver les villageois.
Deadeus prend la forme d’un jeu d’enquête où le joueur doit visiter les différents lieux de son village, discuter avec tous les personnages et collectionner différents objets pour que progresse le cheminement de pensée. Ses mécaniques sont extrêmement simples et Deadeus est parfaitement lisible avec sa vue du dessus, qui rappelle Pokémon ou Mystic Quest par exemple. La progression se fait sur trois jours et le joueur décide quand se mettre au lit pour faire avancer l’histoire.
Selon ses actions, il est possible d’obtenir jusqu’à onze fins différentes. Le joueur doit en effet décider de comment faire évoluer le récit. Toutefois, il est regrettable que l’on ne dispose pas d’un organigramme ou d’un carnet de notes pour faciliter l’exploration de toutes les possibilités du jeu. Heureusement, il est possible de trouver des solutions en ligne pour nous aiguiller vers les fins que l’on aurait manquées.
Un malaise palpable malgré les capacités de la Game Boy
Un run est assez court, deux à trois heures environ, de sorte qu’il ne soit pas rédhibitoire de recommencer plusieurs parties. D’ailleurs, Deadeus est assez agréable à jouer avec relativement peu de menus et des dialogues souvent très courts et bien écrits, surtout si on les compare à d’autres projets amateurs ou quelques localisations officielles mais farfelues de titres sortis à l’époque.
Le point le plus remarquable de Deadeus est de distiller le malaise malgré les limitations techniques de la Game Boy. Bien que ses graphismes semblent « enfantins » (notamment les sprites des personnages façon super deformed), les musiques et la façon dont le récit est mené provoquent une forme de mal-être. Un objet particulier que l’on obtient au milieu du deuxième jour peut conduire à de la culpabilité, s’il n’est pas correctement utilisé.
Le jeu étant assez court, il serait malvenu d’en dévoiler l’intrigue mais son mystère est en tout cas suffisamment prenant pour que l’on s’interroge. Les origines du village, sa situation géographique et sa religion font partie de l’équation et il revient au joueur de recoller les morceaux. En soi, Deadeus est un jeu plutôt classique, tel que l’on en trouve régulièrement sur consoles et PC. Mais il prouve qu’il reste encore de nombreux chemins inexplorés sur Game Boy, malgré l’un des catalogues les plus diversifiés du jeu vidéo.





