Test de Yomawari: Lost in the Dark réalisé le 21 octobre 2022 sur Switch.
- Horreur | Survie
- Développé par Nippon Ichi Software | Édité par NIS America | Distribué par PLAION
- PlayStation 4 | Switch | PC – 25 octobre 2022
- Ne comporte pas de sous-titres en français – PEGI 12
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Les Yomawari se suivent et se ressemblent. Mais avec Yomawari: Lost in the Dark, troisième et dernier épisode en date, Nippon Ichi Software a trouvé la formule pour ajouter de la variété. Certes, il s’agit toujours d’une petite fille qui explore une ville infestée d’esprits la nuit tombée. Pourtant cette fois-ci, malgré une redondance qui peut toujours démotiver, chaque scène se distingue au point de créer des souvenirs inoubliables.
Attention, spoilers
L’auteur de ce texte s’engage à divulguer le moins d’information concernant l’intrigue de Yomawari: Lost in the Dark. Il peut tout de même contenir des spoilers gâchant le plaisir de la découverte. Si vous souhaitez y jouer dans les meilleures conditions possibles, on vous conseille de reporter votre lecture de cet article.
Test de Yomawari: Lost in the Dark
Ce sont justement ses souvenirs que Yuzu recherche en ville. Après avoir regardé le ciel sur le toit de son école, la jeune fille subit une malédiction qui la transforme elle-même en esprit. Pour pouvoir recouvrer la mémoire et lever la menace qui plane sur sa tête, le joueur doit retrouver différents objets en ville qui ont chacun une signification pour elle.
Yomawari: Lost in the Dark se joue-t-il comme les deux épisodes précédents ?
Dans les grandes lignes, les mécaniques de gameplay n’ont quasiment pas évolué. L’héroïne doit toujours éviter le contact avec les esprits qui rôdent en ville, au risque de se faire massacrer. Certaines fonctionnalités ont disparu, comme la possibilité de se cacher derrière une fougère. D’autres sont apparues, dont la possibilité de fermer les yeux pour faire disparaître certains ennemis. Mais on regrette qu’il soit toujours aussi dispensable d’utiliser les différents objets à disposition : pierre, avion en papier… Le plus efficace est souvent de détaler en prenant garde à sa jauge d’endurance.
Néanmoins, l’exploration paraît moins hachée qu’avant, parce que les esprits semblent moins nombreux au cours de l’exploration. Pour autant, les segments plus linéaires font toujours montre d’une difficulté excessive qu’il est impossible de réduire. Comme ses prédécesseurs, Yomawari: Lost in the Dark est un jeu brutal qui revêt souvent un aspect die and retry. Les boss notamment peuvent se révéler extrêmement frustrants, malgré des points de contrôle plus rapprochés dans ces cas-là.
En ville par contre, les statues de Jizo, qui servent à sauvegarder ainsi qu’à se téléporter, manquent un peu. Il faut parfois traverser de longues rues avant d’arriver à destination et se faire charcuter à nouveau. Pourtant, le centre-ville est finalement assez compact mais Yuzu se déplace très lentement, même quand elle sprinte. On ne peut de toute façon pas courir à toutes jambes car sa jauge d’endurance, qui diminue nettement plus vite quand elle panique, oblige à en garder sous le coude.
Comment cet épisode se distingue-t-il des précédents ?
Nippon Ichi Software n’a donc pas véritablement changé la formule d’une série souvent jugée redondante à l’extrême. Pour ajouter de la variété, le studio avait inclus de nombreux segments en intérieur dans Yomawari: Midnight Shadows. Dans Yomawari: Lost in the Dark, on remarque surtout une plus grande variété d’environnements. Yuzu doit systématiquement s’éloigner de la ville, et donc des décors urbains traditionnels. À chaque chapitre, sa zone périphérique : rizière, navire abandonné, atelier de poupées… Ces nouveaux théâtres sont mémorables car leur mise en scène a fait l’objet d’une attention particulière.
Chaque région que l’on visite s’accompagne également de mécaniques de gameplay propres, avec les moyens du bord. Dans l’une d’entre elles, le joueur doit transporter une sorte de totem pour se protéger. Dans une autre, on prend part à une véritable course-poursuite avec des chiens fous. Sans détailler davantage pour ne pas gâcher la surprise, on a même des segments où l’on peut se défendre de certains esprits. On pense à l’usage d’un vieil appareil photo qui n’est pas sans rappeler Project Zero.
Ces situations davantage variées, et parfois inédites dans la série, modifient astucieusement le rythme et s’avèrent plus marquantes en fin de compte. Par ailleurs, le sentiment de linéarité que l’on pouvait considérer comme aliénant auparavant a aussi disparu. On peut effectivement chercher les objets dans l’ordre que l’on préfère. Mais comme dans les deux épisodes d’avant, il faut parfois tâtonner pour dévoiler la carte au fur et à mesure. Certaines barrières ne disparaissent qu’après avoir obtenu le bon objet, ou découvert une scène bien spécifique.
Faut-il avoir joué aux autre épisodes pour profiter de Yomawari: Lost in the Dark ?
De ce fait, l’histoire est également mieux rythmée avec des souvenirs qui complètent la chronologie petit à petit. Mais le mystère ne se dévoile réellement qu’à la toute fin. Passé un certain point, on peut revoir les souvenirs de Yuzu sous un angle différent, pour comprendre tous les tenants et les aboutissants de Yomawari: Lost in the Dark. Et il faut admettre que l’intrigue est le meilleur moteur pour progresser, malgré les épreuves des plus démotivantes que les développeurs nous balancent à la figure. Pour notre part, il a fallu dix heures environ pour terminer le titre, en étant rester bloqué plus longtemps qu’il ne le faudrait sur certaines énigmes.
Et fort heureusement, il est possible de profiter de ce que l’on considère comme l’aboutissement de la série sans passer par les premiers épisodes. Si l’on conseillait de jouer à Yomawari: Night Alone avant Yomawari: Midnight Shadows, le troisième épisode ne partage aucun lien avec ses prédécesseurs.
Il conserve néanmoins leur direction artistique à couper le souffle. Ce troisième épisode est encore plus détaillé visuellement et de nombreux décors dérangent à cause de ce qu’ils transmettent. Le sound design est aussi soigné, avec un jeu de silence et d’ambiances exceptionnel. Les musiques sont rares, mais le thème principal est aussi émouvant que mémorable. On joue aussi à Yomawari pour cette réalisation quasi-maniaque dont Nippon Ichi Software a le secret. Et le sens du détail est tel que l’on accepte finalement volontiers de souffrir tant et tant devant sa beauté, on doit bien le reconnaître.
Notre avis | 7
Dans le fond comme dans la forme, Yomawari: Lost in the Dark est très semblable aux deux premiers épisodes. On retrouve son gameplay parfois excessivement brutal, mais aussi sa réalisation d’une finesse inouïe. Mais ce troisième épisode paraît surtout moins redondant parce que Nippon Ichi Software a varié les situations. En déplaçant l’action hors de la ville, on découvre de nouveaux environnements et même, à un degré moindre, de nouvelles façons de jouer. L’histoire agit en plus comme un moteur pour poursuivre ses efforts et lever le voile sur le mystère qui entoure Yuzu. Yomawari: Lost in the Dark nous apparaît donc comme l’épisode le plus abouti de la série. Il reste tout de même réservé aux joueurs qui n’ont pas peur de régulièrement perdre leurs nerfs.






