Test de MAMIYA: Complete Collection réalisé sur PC à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- Roman visuel
- Développé par Kenkou Land | Édité par Fruitbat Factory
- MAMIYA
PC – 30 avril 2021 - DoomsDayDreams (DLC)
PC – 22 novembre 2023 - Ne comporte pas de sous-titres en français
- Toute l’actualité du jeu
MAMIYA est le projet au long cours du studio Kenkou Land, constitué d’une seule personne. Huit ans ont ainsi été nécessaires pour développer le jeu, bénéficiant aujourd’hui d’une version complète suite à la sortie d’un DLC intitulé DoomsDayDreams. Le titre s’est déjà taillé une solide réputation auprès des joueurs s’étant lancés dans l’aventure, surfant sur celle du précédent jeu du studio Lemures Blue’s 2 A.M. Pour quelles raisons exactement fait-on à ce point l’éloge de ce roman visuel indé ?
Test de MAMIYA: Complete Collection sur PC
L’histoire de MAMIYA commence par un enterrement : celui de Natsume, étudiant apparemment sans histoire. Ses quatre amis Ryou, Minato, Haruki et Keito, particulièrement marqués par l’événement, retournent à leurs vies de tous les jours. Mais quand leurs problèmes personnels les rattrapent, une mystérieuse entité surnommée Mamiya vient à leur rencontre. Cachant de nombreux secrets, seuls les êtres possédant d’étranges pouvoirs peuvent la discerner.
Une narration éclatée qui forme un grand tout
MAMIYA est divisé en trois grandes parties : FallDown, DownFall (toutes deux disponibles depuis le 30 avril 2021) et DoomsDayDream (22 novembre 2023). Chacune se divise elle-même en sous-segments clairement délimités rythmant la progression de l’histoire comme des chapitres. Certains s’enchaînent chronologiquement, d’autres se déroulent en parallèle afin de mieux se concentrer sur le récit d’un personnage précis. Cette structure permet au jeu d’intégrer plusieurs petites histoires au sein d’une plus grande de manière très naturelle, évoquant ce que faisait The House in Fata Morgana.
Cette progression met aussi en valeur la plus grande qualité du jeu : son efficacité narrative. Les différentes intrigues démarrent rapidement et MAMIYA est concis dans ses histoires, sans jamais survoler ses différents sujets. La narration s’avère rafraîchissante au sein d’un genre prenant parfois trop son temps. On peut seulement regretter le fait que cette efficacité s’efface vers la fin, quand les intrigues convergent de manière parfois confuse au sein du mystère principal. La dernière partie, ajoutée récemment, vise tout de même à éclaircir les différents points flous pouvant subsister.
Une autre force du jeu est la variété des thèmes abordés. Solitude, violence, image de soi, maladie… Les thématiques sérieuses ou tristes ne manquent pas dans un récit lorgnant du côté de l’horreur psychologique. MAMIYA parvient à bien les retranscrire grâce à sa galerie de personnages en décalage avec la société au sein de laquelle ils existent. Une certaine mélancolie imprègne l’ambiance sombre du titre et tous les joueurs trouveront un aspect qui les touche plus particulièrement.
Une présentation soignée
La présentation est très certainement la partie trahissant le plus le développement solitaire de MAMIYA. La bande-son, par exemple, n’est constituée que de musiques libres de droit. Cependant, Kenkou Land en fait bon usage pour accompagner de la meilleure des manières chaque scène de l’histoire. Le studio s’est même permis quelques expérimentations, par l’utilisation de chansons avec des paroles lors de scènes narratives « normales », là où d’autres romans visuels réservent ces morceaux aux générique de début et de fin.
Les graphismes et la mise en scène suivent la même logique. Il n’est certes pas l’expérience narrative la plus jolie ou dont la mise en scène est la plus dynamique, mais MAMIYA possède une véritable identité visuelle, avec quelques idées esthétiques disséminées tout au long de l’aventure. Le jeu est aussi très généreux en ce qui concerne les CG, avec de nouvelles illustrations ajoutées par DoomsDayDreams. Il se dégage ainsi une certaine sincérité de la direction artistique, parvenant à être aussi soignée que possible avec ses propres moyens.
Notre avis | 8
MAMIYA est une excellente surprise en cette fin d’année pour les amateurs de romans visuels. Grâce à sa structure narrative et ses thèmes abordés, le titre de Kenkou Land parvient à se faire sa propre place au sein du genre. Le jeu est d’une efficacité rafraîchissante tout en affichant une vraie sincérité, perceptible tout au long du récit. Chacun accrochera plus ou moins aux problèmes rencontrés par les personnages, mais tout le monde pourra apprécier la nature du projet.
On aime
- L’approche efficace de l’histoire
- Les différentes thématiques abordées
- La direction artistique soignée pour un projet solo
On n’aime pas
- La confusion par moment au sein de sa grande histoire
Merci d’avoir lu notre test de MAMIYA: Complete Edition sur PC.
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