Test d’Etrian Odyssey Origins Collection réalisé sur Steam Deck et PC à partir d’une version fournie par l’éditeur.
- JRPG | Dungeon crawler
- Développé par Atlus | Édité par SEGA
- Switch | PC – 1er juin 2023
- Sous-titré en français – PEGI 12
- Toute l’actualité du jeu | de la série
Etrian Odyssey Origins Collection marque le grand retour du dungeon crawling façon Atlus. Si l’on excepte Persona Q2: New Cinema Labyrinth, qui s’appuie sur les mêmes mécaniques, le dernier épisode remonte à Etrian Odyssey Nexus. La cartographie des différents jeux exploitant les fonctionnalités tactiles des écrans inférieurs des DS puis 3DS, le studio a dû repenser l’approche de cette activité, aussi simple qu’addictive.
Test d’Etrian Odyssey Origins Collection sur Steam Deck et PC
Etrian Odyssey Origins Collection regroupe ainsi les trois premiers jeux de la série : Etrian Odyssey HD, Etrian Odyssey II HD et Etrian Odyssey III HD. À l’heure du test, 1er juin 2023, l’utilisateur peut préférer les acquérir à l’unité contre 39,99 € chacun, ou sous forme de bundle au prix de 80,37 €. Comme pour Final Fantasy Pixel Remaster par le passé, on considère la facture assez salée. Mais il faut également comprendre que ce sont des RPG massifs qui, pour l’occasion, ont bénéficié d’adaptations soignées au sein d’une collection harmonieuse.

Par exemple, seul le premier volet bénéficiait, jusqu’alors, d’une version française puisqu’Etrian Odyssey II: Heroes of Laggard et Etrian Odyssey III: The Drowned City n’ont, à l’époque de la DS, pas trouvé le chemin de l’Europe. Aujourd’hui, la « trilogie » est entièrement traduite dans notre langue. Par ailleurs, les deux premiers jeux ont plus tard connu des adaptations 3DS sous les titres d’Etrian Odyssey Untold: The Millennium Girl et Etrian Odyssey 2 Untold: The Fafnir Knight. Celles-ci ajoutaient des segments narratifs, à condition d’incarner une équipe aux personnages prédéfinis. Par souci de cohérence, ces ajouts sont absents d’Etrian Odyssey Origins Collection puisque le troisième volet n’a jamais connu de mouture « Untold ».
La narration s’efface au profit de l’exploration
On ne s’en émeut pas outre-mesure puisque l’un des intérêts d’Etrian Odyssey réside justement dans cette équipe que l’on confectionne avant le grand départ. Le joueur peut créer jusqu’à trente personnages mais il ne peut en sélectionner que cinq, répartis au front ou à l’arrière en fonction de leurs forces et faiblesses. En réalité, on change assez rarement ses protagonistes car le min-maxing prend du temps. Mais pour les besoins d’une quête, il faut parfois présenter un expert d’une classe en particulier, obligeant à sortir de nouveaux combattants.
La structure est pour le reste extrêmement classique, rappelant Dungeon Master ou Shining in the Darkness pour les amoureux de SEGA. Le joueur doit simplement traverser des donjons en vue subjective, étage après étage, tout en cartographiant lui-même les environnements. En finalisant l’exploration d’une strate, ponctuée de combats aléatoires et d’un boss, il devient possible de se téléporter directement à la suivante sans devoir reprendre de zéro.

Malgré des surprises en fin de partie, la narration des trois jeux se révèle donc modeste, au contraire des Persona, très volubiles. Quelques événements dynamisent l’exploration, comme les FOE, des ennemis au niveau plus élevé que la moyenne. On pense aussi à ces saynètes, à la façon des Livres dont vous êtes le Héros, qui interviennent parfois. « Une magnifique baie, rouge et luisante, attire votre attention. Souhaitez-vous la goûter ? » Manque de chance, elle était empoisonnée.
La cartographie est adaptée aux contrôles traditionnels
Mais comment cartographier ces innombrables donjons sans le stylet de la DS ? Sur Switch, rien n’empêche de toucher directement l’écran. Bonne idée : on peut choisir d’afficher la carte à gauche ou droite. Sur PC, on utilise la souris le plus simplement du monde pour griffonner le quadrillage et déposer diverses icônes. À la manette ou au Steam Deck, il faut toutefois prendre le coup. Si le joueur se déplace à l’aide de la croix multidirectionnelle ou du stick gauche, la cartographie s’effectue avec le stick droit. La navigation nécessite quelques minutes d’apprentissage. Mais après plusieurs heures, elle devient véritablement une seconde nature.
Pour le reste, Etrian Odyssey Origins Collection dispose de nombreuses options de confort. On retrouve notamment les fonctionnalités des épisodes les plus récents, dont la cartographie automatique. On apprécie surtout pouvoir accélérer la cadence et moduler la difficulté. Un degré dit « histoire » permet de se concentrer sur l’exploration. En réalité, les jeux ne sont pas aussi difficiles que certains Shin Megami Tensei, surtout quand la progression dans un arbre de compétences, propre à chaque classe, est déjà bien avancée. Les trois épisodes sont enfin traduits en français. Comme pour d’autres jeux de l’éditeur, la qualité de la localisation n’est pas toujours parfaite. Mais elle existe et permet à quiconque de profiter pleinement de ces immenses RPG.

Car il faut tout de même s’armer de patience pour parvenir jusqu’à leurs conclusions respectives. On estime qu’un volet s’achève après cinquante heures environ. Certes, chaque jeu ne comporte qu’une trentaine d’étages. Mais ces derniers sont réellement labyrinthiques et il faut parfois plusieurs heures pour les franchir. Pour quiconque adhère à la formule cependant, le contenu s’avère colossal. Réaliser toutes les quêtes, découvrir les raccourcis et autres secrets et remplir son codex monstrueux donne de quoi patienter jusqu’à un nouvel épisode, qui sait.
Notre avis | 8
Etrian Odyssey Origins Collection, qui regroupe les trois premiers épisodes de la série, est une compilation colossale. Avares en dialogues, ces RPG mettent l’accent sur l’exploration en vue subjective et la cartographie. Jusqu’à maintenant, les jeux de la série exploitaient l’écran inférieur des DS et 3DS. Atlus a donc dû repenser les contrôles pour inclure toutes les configurations. Opération réussie puisque tracer des couloirs au stick droit est finalement un jeu d’enfant. Pour augmenter l’accessibilité, un mode « histoire » et une version française sont également de la partie. Il n’a jamais été plus simple de découvrir ces dungeon crawlers qu’à l’occasion de cette collection. Espérons qu’elle annonce en filigrane un nouvel épisode, ou le portage des non moins excellents Persona Q.
On aime
- Trois classiques du dungeon crawling
- Etrian Odyssey III pour la première fois chez nous
- Des adaptations soignées
- Une collection harmonieuse
- Des versions françaises pour chaque jeu
- Des options de confort bienvenues
On n’aime pas
- Le tarif élevé
- L’absence des ajouts des « Untold »




