vendredi 3 décembre 2021
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Test de Gloomhaven : le jeu de plateau fait-il un bon jeu vidéo ?

Gloomhaven fait désormais partie des jeux de plateau adaptés en jeux vidéo. Ces « portages » sont de plus en plus courants. Outre les classiques, comme les jeux d’échecs ou les jeux de société très grand public, de nombreux titres ont aujourd’hui une version numérique. On peut notamment citer les Aventuriers du Rail, Pathfinder Adventures ou Gremlins, Inc. Gloomhaven est-il à la hauteur du hit de Cephalofair Games ?

VersionsSortieDéveloppeurÉditeurPrix
PC
Accès anticipé
17/07/2019Flaming Fowl StudiosAsmodee Digital34,99 €
PC20/10/2021Flaming Fowl StudiosAsmodee Digital34,99 €

Sommaire

Tout d’abord, qu’est-ce que Gloomhaven ?

Gloomhaven est un jeu de plateau initialement sorti en 2017. De type dungeon crawler coopératif, il a connu un certain succès avec deux campagnes de financement participatif fructueuses. La deuxième a soulevé presque quatre millions de dollars ! Les joueurs y incarnent des aventuriers explorant des donjons. Ils y récoltent des trésors, affrontent des adversaires et mènent à bien des scénarios proposés par le jeu. Le matériel s’avère d’une grande richesse : figurines, pions, tuiles pour représenter les salles du donjon, cartes, éléments de décor en carton…

En 2019, Asmodee Digital s’associe à Flaming Fowl Studios pour le développement d’une adaptation de Gloomhaven. L’éditeur est le spécialiste des jeux de société « numériques », tandis que le studio est formé d’anciens membres de Lionhead Studios. L’accès anticipé a débuté le 17 juillet 2019. Après deux ans d’améliorations et d’enrichissements, le dungeon crawler sort officiellement avec une version 1.0.

Qu’est-ce que le Maître de Guilde ?

Gloomhaven met le joueur à la tête d’une Guilde d’aventuriers. Depuis une carte représentant la région dans laquelle il se trouve, il peut gérer sa troupe. Il doit embaucher de nouveaux aventuriers, les faire progresser, acheter ou vendre différents équipements puis les faire voyager jusqu’à des points d’intérêts proposant des missions. Le jeu propose alors des combats et une exploration au tour par tour à travers différentes salles. Le but est généralement de nettoyer les lieux ou de se débarrasser d’un certain nombre d’adversaires, mais de nombreux objectifs secondaires ajoutent des défis supplémentaires. Au fil de l’aventure, on débloque de nouvelles options : classes de personnages, objets, capacités etc.

L’accès anticipé mettait l’accent sur un premier mode de jeu nommé Maître de Guilde. Le joueur s’y rend à la Porte-des-Démons, afin de sécuriser la région et développer sa guilde. L’aventure démarre avec un tutoriel et deux héros, et la progression est liée aux objectifs fixés par un mentor. Ce dernier garde une trace des exploits des personnages et récompense le joueur lorsqu’il atteint un but, comme visiter un certain nombre de lieux, tuer un certain nombre d’ennemis, atteindre un nouveau niveau dans une classe etc.

Quels sont les nouveautés de la version 1.0 de Gloomhaven ?

La sortie officielle du jeu s’accompagne d’un nouveau mode : la campagne. Elle prend cette fois place dans la cité éponyme de Gloomhaven, dite Havrenuit en français. Son fonctionnement global diffère peu du Maître de Guilde, mais la progression est plus linéaire. Elle repose en effet sur le déroulement d’un scénario. La campagne introduit également des rencontres de ville et des activités narratives directement liées à la cité. Elles proposent au joueur des choix avec des conséquences positives ou négatives. Les aventuriers ont également bien plus d’importance. Lors de leur création, le joueur leur donne un nom et un objectif de vie. Une fois celui-ci rempli, on les envoie à la retraite, ce qui déverrouille de nouvelles classes en contrepartie.

En plus de ces modes de jeu principaux, Gloomhaven propose un didacticiel regroupant plusieurs quêtes scriptées. Les règles du jeu étant assez denses, ces tutoriels sont surprenants d’efficacité. Le jeu est également très axé communauté. Un éditeur de niveaux très poussé permet la création de nouvelles missions ; un éditeur de mods élargit encore le champ des possibles. Enfin, un mode multi limpide donne accès à la campagne d’un ami à l’aide d’un simple code.

Quelles sont les options de personnalisation des personnages ?

Si le joueur peut accéder à six aventuriers en début de campagne, onze classes supplémentaires peuvent être débloquées ensuite. Chacune possède des capacités et une manière de jouer différentes. Flaming Fowl Studios a eu la bonne idée de décrire les points forts et les points faibles de chaque classe, mais également son rôle le plus courant et la difficulté pour la gérer. Si les portraits et les modèles 3D sont associés à un type de héros, on peut appliquer une apparence alternative.

Ce sont les cartes de capacité des aventuriers qui les différencient toutefois. Chaque carte possède un score d’initiative et deux effets : attaquer, se déplacer, soigner, lancer des sorts et ainsi de suite. Ainsi la Brute est dotée de cartes lui permettant de faire des dégâts de zone ou de résister efficacement aux dégâts. Celles de la crapule se focalisent sur les déplacements et le pillage des butins. Au fil de la progression, les héros obtiennent de nouvelles cartes et augmentent la limite de leur deck. L’évolution des personnages passe aussi par l’acquisition de points de bénéfices en remplissant ses objectifs. Le héros peut les échanger contre de nouveaux modificateurs d’attaque, pour faire plus de dégâts ou appliquer un état particulier à son adversaire par exemple.

Enfin Gloomhaven propose une gestion poussée des inventaires. Chaque aventurier peut s’équiper d’éléments d’armure, d’armes et de potions qui lui offrent de nouvelles capacités. Si l’utilisation d’une potion reste relativement classique, une paire de bottes augmente la distance à parcourir, tandis qu’une armure donne au joueur la possibilité d’encaisser des points de dégâts.

Comment se déroule un tour de Gloomhaven ?

Les phases d’exploration et de combat sont organisées au tour par tour. Le joueur commence par choisir deux cartes de capacité pour chacun de ses personnages. La première détermine l’ordre d’initiative du héros. Lors de son tour, l’aventurier a deux actions : chaque carte est divisée en deux, affichant deux capacités distinctes. Si le joueur choisit l’action située en haut d’une carte, il doit ensuite réaliser celle située en bas de la seconde carte. Cette particularité, peu évidente au début, aboutit sur des prises de décisions stratégiques complexes. Ce système amplifie le rôle des classes et le poids de leurs capacités.

Lorsqu’une carte est jouée, elle est ensuite déposée dans une pile de défausse. Au début d’un tour, le joueur a le choix d’effectuer un repos : il récupère les cartes défaussées, mais doit en contrepartie en détruire une aléatoirement. Tour après tour, son deck s’amenuise. S’il se retrouve dans l’incapacité de jouer, le personnage est vaincu. Il faut noter que l’exploration est également soumise au tour par tour. Le joueur doit donc veiller à progresser rapidement dans les niveaux pour éviter de perdre ses cartes en se déplaçant simplement.

Quelle est l’originalité du système de dégâts ?

Si les aventuriers sont dotés de points de vie, le système de dégâts de Gloomhaven n’en reste pas moins original. Tout d’abord, tous les personnages et ennemis possèdent des cartes qui modifient l’attaque. Ces modificateurs représentent des bonus et des malus aux dégâts : – 1, + 2 mais également × 2 voire aucun dégât. Le tirage de ces cartes est aléatoire, mais le paquet diminue au fur et à mesure et réduit les résultats possibles. De plus, des avantages et des désavantages entraînent le tirage de deux modificateurs d’attaque. Pour un avantage, le meilleur est conservé, et inversement pour le désavantage.

De plus, lorsque le joueur subit des dégâts, il a le choix d’impacter ses points de vie ou d’utiliser ses cartes comme tampon. En détruisant une carte qu’il a en main ou deux cartes défaussées, il annule les dégâts reçus. L’espérance de vie d’un personnage étant conditionnée par le nombre de cartes qu’il peut jouer, ce sacrifice n’est pas anodin. Le système de dégâts et de santé de Gloomhaven se révèle ainsi particulièrement stratégique.

Quelle importance occupe la narration de Gloomhaven ?

La place de la narration dans Gloomhaven surprend. De prime abord, elle repose principalement sur les mécaniques du jeu. L’univers reste relativement standard : il s’agit d’un univers fantasy avec ses races, monstres et autres ruines. Il faut cependant s’attendre à lire énormément, quel que soit le mode de jeu choisi. En effet, les nombreux événements survenant au cours d’un voyage ou au sein de la cité de Havrenuit s’accompagnent d’illustrations et de descriptions soignées. Elles donnent au jeu un cachet semblable aux Livres dont vous êtes le héros. Toutes les missions sont ainsi contextualisées, et les personnages gagnent de la profondeur à travers les différents objectifs qu’ils accumulent.

Le jeu de plateau fait-il un bon jeu vidéo ?

En reprenant quasiment à l’identique les règles du jeu d’origine, il est évident que Gloomhaven est une adaptation parfaite pour l’amateur du jeu de plateau. Qu’en est-il des autres ?

Avec ses règles denses et une difficulté tactique importante, il est clair que le jeu ne se prête pas à des parties occasionnelles. Il nécessite un investissement important. Pour quiconque recherche une expérience profonde, longue, difficile à maîtriser, Gloomhaven est un excellent choix. L’adaptation en jeu vidéo des mécaniques du jeu de plateau est un sans-faute. On est donc en présence d’un excellent jeu vidéo à part entière, doté d’une excellente rejouabilité. Cerise sur le gâteau : l’ouverture grâce au Workshop de Steam et les mods de la communauté décuplent les possibilités.

Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur sur PC (i7-4770K, 16 Go de RAM, GeForce GTX 1660 Ti 6 Go)

Gloomhaven

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