Par l’intermédiaire d’un message diffusé sur X (anciennement Twitter), l’Entertainment Software Association annonce la fermeture définitive de l’E3. Ce salon de Los Angeles a longtemps été considéré comme l’un des, si ce n’est le, plus grands dédiés aux jeux vidéo. Sa première édition s’est déroulée du 11 au 13 mai 1995 et la dernière s’est tenue du 12 au 15 juin 2021, en ligne uniquement.
Une succession de crises avant la fermeture
Le COVID-19 a probablement planté le dernier clou dans le cercueil de l’E3. Mais les crises sont, en réalité, antérieures à l’épidémie. En 2006, les organisateurs tentaient de redorer l’image de l’événement, ternie par la dimension sexiste des « booth babes », jadis très populaires chez les jeunes joueurs. Les éditions 2007 et 2008, peu après, étaient réservées aux professionnels de l’industrie. Mais devant le déclin de popularité du salon, l’Entertainment Software Association a finalement rouvert les portes au public dès 2009.
En 2018, Sony, alors leader du marché des consoles avec la PlayStation 4 et parmi les éditeurs les plus influents, s’est retiré de l’E3 pour diffuser son propre événement en ligne. De nombreux exposants ont emboîté le pas. Ils proposent depuis leurs propres showcases ou s’inscrivent dans le cadre de l’une des nombreuses émissions de l’été. Nombre d’entre elles accompagnent le Summer Game Fest, organisé par Geoff Keighley depuis le 1er mai 2020.
En raison du coronavirus, l’édition 2020 ne s’est pas tenue et s’est muée, dès 2021, en événement numérique. Mais les millésimes 2022 et 2023 n’ont jamais eu lieu, malgré des projets de restructuration.
Sources | E3 officially dead after more than two decades (Gematsu). E3, once gaming’s biggest expo, is officially dead (The Washington Post)
Un événements qui a perdu de son intérêt
Dans les années 1990, tous les foyers de la communauté de joueurs n’étaient pas encore connectés à Internet. L’E3 avait donc un triple intérêt : présenter les nouveautés de l’industrie, poser les mains pour la première fois sur certains titres et mettre en relation les studios et les éditeurs, à l’image du Festival de Cannes. De nos jours, la propagation de l’information et l’accès instantané à cette dernière rend la plupart de ces missions de premier ordre caduques.
Concernant la possibilité de jouer aux jeux de demain, divers acteurs organisent désormais leurs propres événements. On pense à l’ID@Xbox Demo Fest ou au désormais célèbre Steam Néo Fest, particulièrement bien implanté dans le paysage. On regrettera surtout l’E3 par nostalgie, moins par pragmatisme car son intérêt s’est, en réalité, effiloché en même temps que les évolutions de l’industrie du jeu vidéo.




