Test de « Wo Long: Fallen Dynasty » sur PlayStation 5. Pourquoi est-il beaucoup plus qu’un Nioh avec un skin « Trois Royaumes » ?

Test de Wo Long: Fallen Dynasty réalisé sur PlayStation 5 à partir d’une version fournie par le distributeur.

  • Action-RPG
  • Développé par Team Ninja | Édité par Koei Tecmo | Distribué par PLAION
  • Wo Long: Fallen Dynasty
    PlayStation 4 | PlayStation 5 | Xbox One | Xbox Series X | PC – 3 mars 2023
  • DLC Vol. 1 : Bataille de Zhongyuan
    29 juin 2023
  • DLC Vol. 2 : Conquérant de Jiangdong
    27 septembre 2023
  • DLC Vol. 3 : Soulèvement à Jingxiang
    12 décembre 2023
  • Wo Long: Fallen Dynasty – Complete Edition
    7 février 2024
  • Sous-titré en français – PEGI 16
  • Toute l’actualité du jeu

Après deux épisodes de Nioh puis Stranger of Paradise: Final Fantasy Origin, Team Ninja est de retour avec Wo Long: Fallen Dynasty. Son nouvel action-RPG suit la même formule mais se déroule en Chine dans la période des Trois Royaumes. On se demande forcément si le studio ne s’est pas contenté d’appliquer le « skin » d’un récit historique cher à Koei Tecmo (Romance of the Three Kingdoms, Dynasty Warriors). Mais Wo Long: Fallen Dynasty marque en réalité une évolution de la recette avec un gameplay plus agressif.

Lire aussi | Nos tests de Nioh 2, Nioh Collection et Stranger of Paradise: Final Fantasy Origin

Test de Wo Long: Fallen Dynasty sur PlayStation 5

Comme dans Nioh 2, le joueur incarne dans Wo Long: Fallen Dynasty un avatar muet que l’on conçoit à l’aide d’un outil de création de personnages toujours aussi riche en possibilités. Ce protagoniste évolue dans un monde en proie à la guerre et aux mysticismes dus à un certain élixir. L’histoire reprend les grandes lignes des guerres des Trois Royaumes, débutant lors de la rébellion des Turbans jaunes.

Tout au long de l’aventure, on est amené à rencontrer les figures légendaires du récit, tandis que l’on cherche à comprendre pourquoi l’élixir entretient un tel pouvoir sur l’être humain. Le scénario n’est pas déplaisant mais ne réserve hélas aucune surprise pour quiconque s’intéresse aux Trois Royaumes… ou connaît les jeux Dynasty Warriors d’Omega Force. Cependant, on salue l’excellent doublage en mandarin qui permet de mieux se projeter dans l’univers dépeint par Team Ninja.

Comment Wo Long: Fallen Dynasty se distingue-t-il de Nioh ?

Contrairement à Nioh qui s’inspirait principalement de Dark Souls de FromSoftware, Wo Long: Fallen Dynasty ne propose pas de barre d’endurance. À la place, on trouve une jauge d’équilibre, appelée ici jauge d’esprit, rappelant fortement le parti-pris de Sekiro: Shadows Die Twice.

Lire aussi | Nos rétrospectives de Dark Souls et Sekiro: Shadows Die Twice

Enchaîner les attaques augmente cette jauge d’esprit, que l’on peut utiliser pour réduire celle de l’adversaire, ou déclencher diverses magies sans se retrouver en position de faiblesse. Car quand la jauge est au plus bas, le joueur est effectivement diminué, le laissant en proie à une attaque fatale. Et ces états concernent aussi bien les ennemis que les boss. On peut aussi sacrifier une partie de cette jauge pour tenter un parry, mécanique souvent nécessaire lorsqu’un ennemi prépare une attaque spéciale. Ces dernières sont visibles à l’écran par un indicateur rouge pour faciliter la lecture. Wo Long: Fallen Dynasty est donc plus agressif et rapide que Nioh, ce qui peut décontenancer manette en main.

Le jeu propose aussi un système de niveau de moral. Celui-ci commence à zéro mais il évolue en fonction des dégâts que l’on inflige et que l’on reçoit. Il renforce ou diminue à la fois l’attaque et la défense de l’avatar. On doit aussi éviter de se frotter aux ennemis dont le niveau de moral est trop élevé par rapport au nôtre.

La structure est-elle la même que dans les autres jeux de Team Ninja ?

Pour « faciliter » l’aventure, on trouve des drapeaux que l’on plante dans les niveaux, faisant par ailleurs office de feux de camp. On y dépense notamment son expérience pour augmenter le seuil minimal de moral. Pour le reste, le jeu est construit comme Nioh ou Stanger of Paradise: Final Fantasy Origin. On explore différents niveaux dans le cadre de la campagne principale, indépendants les uns des autres. Puis on les revisite avec quelques légers changements à l’occasion de missions secondaires.

Mais l’aventure s’enchaîne sans transition, on n’est donc pas ramené à la carte pour changer de niveau. Toutefois, on doit désormais passer par un hub pour modifier les statistiques ou faire évoluer le matériel. Un simple menu comme dans Nioh s’avérait finalement plus pratique.

Le multi et les différents builds apportent-ils de la profondeur à l’expérience ?

Wo Long: Fallen Dynasty propose différentes façons d’interagir en multi. La première, qui ne nécessite aucun abonnement sur console, permet de venger les camarades morts au combat. Les ennemis concernés possèdent un niveau de moral supérieur, mais offrent des bonus permettant d’invoquer des PNJ ou d’autres joueurs humains. On peut aussi envahir la partie d’autrui pour l’enquiquiner. Rien n’empêche de désactiver les invasions toutefois, si l’on préfère jouer tranquillement en ligne. Reste le mode coop qui, comme dans Nioh, permet de traverser intégralement un niveau avec des amis. Et ce, dès le début du jeu.

À l’instar de Nioh encore une fois, Wo Long: Fallen Dynasty propose un système de loot parfois excessif. On le trouve d’autant plus étrange que le niveau des équipements est désormais fixe. Une même armure récupérée dans les premiers niveaux possède les mêmes caractéristiques que si on la trouve dans les derniers. De plus, le système de jeu, principalement basé sur les esquives et le parry, donne l’impression que les armes sont similaires. Malgré tout, on peut changer à volonté (et gratuitement) nos statistiques depuis le hub principal, si toutefois l’on préfère passer d’un bâton à une épée qui s’articule autour d’un autre domaine de compétence, par exemple.

De la même façon, le joueur peut jongler comme il le souhaite entre ses magies, d’autant que leur utilisation dépend du niveau de moral. Ainsi, quelques variations somme toute assez simple sont possibles, même si l’on reste finalement assez loin de la richesse d’un Elden Ring dans le même genre.

Lire aussi | Notre test d’Elden Ring

Wo Long: Fallen Dynasty est-il aussi difficile qu’on le prétend ?

La question de la difficulté est toujours épineuse car finalement subjective. Mais n’y allons pas par quatre chemins. Wo Long: Fallen Dynasty est un titre véritablement exigeant. Dès le premier boss, comme dans Ninja Gaiden, un énorme mur demande de comprendre les systèmes de jeu et « filtre » l’entrée. La démo disponible permet d’ailleurs de savoir si l’on a les épaules assez larges. De nombreux joueurs pourraient être tentés d’abandonner après des échecs répétés. Mais passé ce pic de difficulté, le jeu se révèle étonnamment plus facile. Les missions de l’histoire principale donnent souvent l’occasion d’être accompagné par des PNJ, qui restent avec le joueur jusqu’à la fin du niveau. Certes, ils ne sont pas forcément les plus efficaces. Mais ils permettent au moins d’attirer l’attention des ennemis et des boss pendant que l’on se soigne.

Pour autant, chaque mort ne fait perdre « que » la moitié de l’expérience en stock. On peut d’ailleurs la récupérer en tuant l’adversaire qui nous a mis à terre, ou en retournant dans la salle du boss qui nous a vaincu. Enfin, les chutes dans le vide ou dans l’eau ne mènent plus au trépas mais réduisent seulement les points de vie, favorisant légèrement l’exploration. Reste que Wo Long: Fallen Dynasty ne propose quasiment aucune option d’accessibilité à côté. Il se réserve donc aux joueurs possédant de bons réflexes pour en arriver à bout. On a même vu des YouTubers, pourtant spécialistes de FromSoftware, déclarer que le titre était trop difficile pour eux. Vous voilà prévenu.

Plus loin | Lire aussi le test de Taikenban

Captures d’écran © Koei Tecmo

Notre avis | 9

De prime abord, Wo Long: Fallen Dynasty donne l’impression de n’être qu’un skin « Trois Royaumes » de Nioh. Manette en main, le nouveau Team Ninja propose en réalité sa propre expérience avec un gameplay plus agressif, sans compromettre la richesse de la formule. La difficulté se révèle parfois extrême. Mais passé le premier boss, véritable baptême du feu, le titre se révèle finalement plus juste avec des PNJ pour nous accompagner et le multi en ligne.

Revisiter des éléments de Sekiro: Shadows Die Twice, ici agrémentés par la sauce Nioh, permet au jeu de trouver sa propre personnalité. Reste une nouvelle interprétation des guerres de Trois Royaumes, classiques de l’éditeur mais finalement peu développées en jeu vidéo. On n’a donc jamais l’impression que Team Ninja s’est reposé sur une formule déjà éprouvée.

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